[CRITIQUE] : Ceux qui comptent
Réalisateur : Jean-Baptiste Leonetti
Acteurs : Sandrine Kiberlain, Pierre Lottin, Louise Labeque, Alexis Rosenstiehl,...
Distributeur : UGC Distribution
Budget : -
Genre : Comédie Dramatique.
Nationalité : Français.
Durée : 1h38min.
Synopsis :
Rose et Jean n’ont rien en commun. Rose est une force de la nature qui affronte tous ses problèmes avec une désarmante joie de vivre. Elle campe avec ses 3 enfants à l’étage de l’hôtel de famille qui ne leur appartient plus, et non, ils ne sont pas pauvres, ils sont fauchés. C’est temporaire. Jean est un homme solitaire et taciturne qui a fini par enfouir son grand cœur sous des couches de pudeur et de résignation. Quand il arrive malgré lui dans cette famille hors norme, il va très vite devenir indispensable. Qu’attendaient-ils avant de se rencontrer ? Sans doute plus rien. Et pourtant, ensemble, tout va devenir possible.
Au sein d'une distribution hexagonale à la proposition de plus en plus imposante (une bénédiction comme une malédiction pour tous les cinéphiles que nous sommes, tant il est impossible de nous dédoubler pour ne rien manquer chaque mercredi), il y a des séances dont on n'attend pas forcément grand chose (ce qui est assez vulgaire annoncé comme cela, certes, mais l'honnêteté l'est parfois) mais qui pourtant, presque contre une adversité imaginaire conçue par notre hypothétique prévision de ce qu'il a à nous offrir, arrivent à nous cueillir de la plus belle des manières, en nous assénant une petite cla-claque derrière la nuque qui remet toutes les idées en place.
Quatrième long-métrage d'un Jean-Baptiste Leonetti absent des plateaux depuis plus d'une décennie (le DTV sauce chasse à l'homme mollement rythmée Hors de Portée, avec un Michael Douglas en charentaises), Ceux qui comptent correspond gentiment à cette définition, lui qui joue la carte sensiblement risquée de la comédie dramatico-familial avec un bon gros doigt d'esprit feel good, terrain certes sinueux familier mais qu'il arpente avec une assurance plutôt accrocheuse, d'autant qu'il a toujours son coeur au bon endroit.
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| Copyright Julien Panié |
Tout du long, la narration se fixe à une union des galères entre deux personnalités particulièrement dissonantes : Rose, une mère de famille qui tente tant bien que mal, et non sans franchir les limites de la légalité, pour élever ses trois enfants passé la mort de son mari et la saisi de son hôtel restaurant qu'elle continue pourtant de squatter; et Jean, solitaire désabusé et nihiliste qui vivait en ermite dans sa camionnette, avant qu'il ne vienne en aide à la première et que son lieu de vie ne finisse en flamme.
Une rencontre qui va tout bouleverser, d'autant que Rose a encore besoin de lui pour tromper son monde, et le faire passer pour son mari aux yeux des services sociaux...
Dit comme ça, ça sent la bonne grosse tartine de Nutella enrobée de chantilly et saupoudrée d'une bonne grosse poignée de chamalow (ne juge pas les mauvaises habitudes alimentaires des autres, on te voit), et force est d'admettre que Leonetti, bien soutenu par un tandem Sandrine Kiberlain/Pierre Lottin au diapason, ne cherche pas forcément à contredire le manque de nuances comme l'innocence confondante d'une formule trop savamment calibrée et balisée pour son bien dont même la mise en scène, sans ampleur, ne vient pas réellement relever ce qui ne dépasse jamais le statut du simili-téléfilm dominical qui se serait payé une distribution des grands soirs.
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| Copyright Julien Panié |
Mais il y a une sincérité difficilement discutable, une vraie douceur feel good qui se dégage de cette tragi-comédie certes un brin sous influences mais sachant joliment jongler entre les tons et ses ruptures, entre un humour complice et une émotion ne se perdant jamais dans le misérabilisme putassier, traitant avec dignité du deuil et de la précarité tout en étant frappé d'un optimisme à toute épreuve.
Drôle et mélancolique, bien incarné et assumant totalement ses inévitables failles, Ceux qui comptent n'est pas la pour péter dans la soie de l'originalité mais pour modestement divertir son auditoire.
Et il y arrive assez bien.
Jonathan Chevrier



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