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[CRITIQUE] : L'Éruption des Red Hot Chili Peppers : Hillel, notre frère


Réalisateur : Ben Feldman
Avec : Flea, Anthony Kiedis, Chad Smith, Dave Navarro,...
Distributeur : Netflix France
Budget : -
Genre : Documentaire, Musical.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h33min.

Synopsis :
Ce documentaire sincère retrace les années fondatrices des Red Hot Chili Peppers et souligne la profonde influence de leur guitariste d'origine, Hillel Slovak.





C'est paradoxal voire même presque contradictoire, on est d'accord, mais à une heure où le biopic musical se sent parfois comme la proposition la plus cheap et facilement déclinable du marché, la faute à des productions qui ne sont souvent guère plus que des exercices glorifiés de gestion de marques/icônes, articulés entre des numéros musicaux fédérateurs - et à la lisière du fan service (trop) respectueux -, et une narration distribuant avec plus ou moins de finesse des informations biographiques approuvées par la succession et/ou les proches des défunts; le documentaire musical lui, peut-être plus conventionnel encore, s'avère finalement moins " critiquable " lorsqu'il suit scrupuleusement même les chemins les plus balisés qui soient, lui qui n'a pas un canevas d'approche plus étendu que la fiction, mais n'est pas obligé d'incarner un simili-juke-box sans âme pour combler un manque de vision initiale.

D'autant qu'un documentaire tel que L'Éruption des Red Hot Chili Peppers : Hillel, notre frère de Ben Feldman, chapeauté du côté de chez Netflix, n'a pas tant la vocation de jouer la carte d'une hagiographie facile (quand bien même il revient totalement sur les années de formation du groupe dans le Los Angeles des années 80), mais bien celle d'une célébration de ses premières heures fondatrices comme de l'une de ses figures essentielles, le guitariste Hillel Slovak, décédé d'une overdose en 1988 (disparition dont aucun membre ne s'est réellement remis) et moteur d'une énergie créative à la fois totalement débridée (comme les sonorités du groupe, qui n'a jamais eu peur de mélanger/mixer des styles supposément incompatibles) et extrême, que le reste du groupe à porter - en partie - en héritage tout en devenant mondialement reconnu.

Classique dans sa forme (entre images d'archives, journaux intimes et pluie de vignettes des membres du groupe, avec même l'ajout discutable de la voix numériquement reproduite, de Slovak) comme dans sa peinture underground des 80s, mais infiniment poignant dans son fond au plus près d'une amitié profonde et indéfectible née sur les bancs du lycée (où Flea, peut-être l'un des meilleurs bassistes de rock de tous les temps, n'avait pas encore touché une batterie de sa vie !), le documentaire ne renouvelle pas une popote familière mais dans sa sincérité difficilement discutable, il saura satisfaire les fans, tout en ouvrant, peut-être, la voie pour les non-initiés, à la découverte d'une musique fédératrice comme d'un groupe plus attachant qu'il n'y paraît.


Jonathan Chevrier