[CRITIQUE] : Alter Ego
Réalisateurs : Nicolas Charlet et Bruno Lavaine / Nicolas & Bruno
Acteurs : Laurent Lafitte, Blanche Gardin, Olga Kurylenko, Marc Fraize,...
Distributeur : Tandem
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Français.
Durée : 1h39min.
Synopsis :
Alex a un problème : son nouveau voisin est son sosie parfait. Avec des cheveux. Un double en mieux, qui va totalement bouleverser son existence.
Si l'on était sensiblement passé à côté de leur dernier long-métrage en date, Le Grand Méchant Loup (pas forcément la ligne la plus honteuse de leur C.V non plus, coucou l'immonde Le Bureau), difficile de ne pas admettre que le tandem Nicolas & Bruno attisait gentiment notre intérêt avec leur nouvel effort, Alter Ego, qui semblait butiner aussi bien sur le pré absurde et loufoque de Quentin Dupieux (avec, cela dit, un bon bout de gras de bobine supplémentaire, lui dont le cinéma semble désormais effrayer à l'idée de dépasser les 90 minutes), que s'inscrire comme une sorte de cousin pas si éloigné - et définitivement moins Gilliam-esque - du chouette The Double de Richard Ayoade, avec son pitch tout aussi cocasse que Kafkaien en diable.
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| Copyright Tandem Films |
Flairez plutôt : un père de famille fraîchement dans la quarantaine, Alex, heureux en ménage comme dans son joli petit pavillon, voit de nouveaux voisins débarqués dans son quotidien dont le patriarche, Axel, est son parfait sosie, avec des cheveux et un job dans la même entreprise - pire, ils occupent le même bureau.
Une situation catastrophique d'autant qu'il est le seul à remarquer leur extrême ressemblance - comme à constater qu'il esr absolument insupportable - , et que sa paranoïa ne fera aller qu'en grandissant lorsqu'il découvrira toutes les qualités de son némesis...
Le Double de Dostoyevsky catapulté dans les bureaux de la COGIP en somme, tant la narration reprend consciencieusement la substantielle moelle de ce texte intemporel, de son sentiment de paranoïa à sa critique habile du virilisme comme du monde du travail contemporain et de sa quête constante de productivité et de créativité, ou l'esprit de compétition prédomine sur l'affirmation et l'expression personnel, ou la loi du plus fort est toujours plus triomphante que celle du plus faible.
Mais contrairement à Ayoade, le duo délaisse toute idée de film noir pour voguer vers la fable irrévérencieuse et malaisante aux accents surréalistes affirmés, sur un lent basculement de la jalousie excessive vers la folie à la mise en place certes laborieuse et au rythme un poil décousu (là où son dernier tiers, jubilatoire, aurait mérité un poil de gras supplémentaire), mais sensiblement riche en situations hilarantes comme en figures Dupieu-esque (de la présence de l'habitué Monsieur Fraize à celle, désopilante, d'une Zabou Breitman à moustache), que le duo de cinéastes embaume à travers une mise en scène toute aussi énergique qu'enlevée.
Le tout dominé de la tête - dégarnie - et des épaules par un Laurent Lafitte absolument génial, totalement en phase avec l'ironie comme l'étrangeté du projet.
Du bel office qui, à la différence des récents efforts du papa de Steak, arrive à tenir la route même dans ses embardées frappadingues.
Espérons juste que Nicolas & Bruno ne mettent pas treize ans pour nous revenir...
Jonathan Chevrier
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Le tout dominé de la tête - dégarnie - et des épaules par un Laurent Lafitte absolument génial, totalement en phase avec l'ironie comme l'étrangeté du projet.
Du bel office qui, à la différence des récents efforts du papa de Steak, arrive à tenir la route même dans ses embardées frappadingues.
Espérons juste que Nicolas & Bruno ne mettent pas treize ans pour nous revenir...
Jonathan Chevrier









