[CRITIQUE] : Les Immortelles
Réalisatrice : Caroline Deruas Peano
Avec : Lena Garrel, Louiza Aura, Emmanuelle Béart, Vahina Giocante,...
Distributeur : New Story
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Français, Canadien.
Durée : 1h29min.
Synopsis :
1992. Sud de la France. Charlotte et Liza, 17 ans, sont inséparables depuis l'enfance. Elles partagent leur adolescence rebelle, leur passion pour la musique pop et leur désir de vivre à Paris. Mais un drame les sépare et Charlotte se retrouve seule, un pied tendu vers la vie adulte, portant des rêves pour deux.
La magie du coming-of-age movie, quand bien même le genre a tellement été poncé jusqu'à la moelle qu'il ne semble plus grand chose à avoir à offrir à son auditoire (même si deux, trois surprises pointent le bout de leur nez chaque décennie), tient souvent à peu de choses : un où une héroïne furieusement empathique (et les chouettes seconds couteaux qui gravitent autour, dans le meilleur des cas), un cadre qui titille soit savamment notre nostalgie, soit notre désir de découverte, voire même une ambiance gentiment réconfortante (avec une bande originale savamment complice, évidemment).
À la différence de beaucoup de genres (quasiment tous, où pas loin), c'est donc souvent par la familiarité, plus ou moins assumée, qu'il convoque, à partir de laquelle on dissout quelques bribes d'une vision personnelle (qui tend - où non - vers l'universel), qu'un film qui l'aborde peut pleinement faire mouche.
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| Copyright New Story |
En ce sens, et quand bien même elle s'avère, peut-être, l'une des séances les plus perfectibles de ce mercredi méchamment chargé (et qui compte même un autre récit initiatique à hauteur d'adolescente qui lui, est porté par un prisme plus singulier mais décemment plus hermétique dans sa gestion dramztique et émotionnelle : Les Dimanches de Alauda Ruíz de Azúa), le second long-métrage de la cinéaste française Caroline Deruas Peano, Les Immortelles, vaut gentiment son pesant de pop-corn dans sa manière de mêler récit initiatique poignant, ode à l'amitié et gestion difficile du deuil.
Frappé par une écriture certes linéaire et familière mais joliment intimiste, la cinéaste misant moins sur une certaine originalité qu'une recherche louable et tangible d'authenticité émotionnelle dans son exploration tout en nuances des bouleversements/tourments adolescents, au plus près de l'amitié tendre et fusionnelle qui unit deux jeunes âmes partageant une passion viscérale pour la musique et un désir sincère de liberté, avant que le poids écrasant et tragique de la destinée ne vienne rebattre les cartes de ce qu'elles rêvaient, comme un avenir heureux.
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| Copyright New Story |
Scindé en deux parties bien distinctes et au rythme savamment lancinant, embaumé dans une photographie au grain nostalgique, tout en tons chauds et lumineux (comme un souvenir cotonneux que l'on chérit avec mélancolie), Les Immortelles se fait une oeuvre à la fois tourmentée et onirique, tendre et emprunt d'une profonde amertume, dont la sensibilité exacerbée surplombe ses quelques maladresses oubliables.
Une jolie séance, tout simplement.
Jonathan Chevrier



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