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[CRITIQUE] : Le son des souvenirs


Réalisateur : Oliver Hermanus
Acteurs : Paul Mescal, Josh O'Connor, Chris Cooper, Molly Price,...
Distributeur : Universal Pictures International France
Budget : -
Genre : Drame, Historique, Romance.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h09min.

Synopsis :
Lionel, jeune chanteur talentueux originaire du Kentucky, grandit au son des chansons que son père chantait sur le perron de leur maison.
En 1917, il quitte la ferme familiale pour intégrer le Conservatoire de Boston, où il fait la rencontre de David, un étudiant en composition aussi brillant que séduisant, mais leur lien naissant est brutalement interrompu lorsque David est mobilisé à la fin de la guerre.
En 1920, réunis le temps d’un hiver, Lionel et David sillonnent les forêts et les îles du Maine pour collecter et préserver les chants folkloriques menacés d’oubli. Cette parenthèse marquera à jamais Lionel.
Au cours des décennies suivantes, Lionel connaît la reconnaissance, la réussite, et d’autres histoires d’amour au fil de ses voyages à travers l’Europe. Mais ses souvenirs avec David le hantent encore, jusqu’au jour où une trace de leur œuvre commune ressurgit et lui révèle combien cette relation a résonné plus fort que toutes les autres...





On avait laissé le cinéma du cinéaste sud-africain Oliver Hermanus loin d'être écrasé par l'ombre imposante d'Akira Kurosawa (l'un des pires compagnons de route qui soit, pour qui cherche à sattaquer a sin oeuvre), au détour du remake de son chef-d'oeuvre Ikuru - lui-même inspiré d'une nouvelle de Leon Tolstoï -, Vivre, somptueuse élégie poétique qui scrutait avec tendresse et délicatesse la quête (urgente) du sens de la vie d'un homme au crépuscule de son existence, tout en s'attardant joliment sur la manière dont sa disparition pourra impacter plus de monde qu'il en a réellement conscience.

Un drame intime et positif d'une universalité bouleversante et percutante dans sa manière de vouloir percer le mystère et le sens de toute existence, tout autant qu'il est d'une méticulosité folle dans sa manière de croquer une représentation de l'identité britannique expurgé de tout sentiment nationaliste et/où royaliste.

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Le tout magistralement incarné par Bill Nighy (dans ce qui est, indiscutablement sa plus belle performance à ce jour).
Trois ans plus tard et non sans une certaine attente (adoubement par la dernière réunion cannoise oblige), on le retrouve sur une note résolument moins heureuse avec Le son des souvenirs, adaptation au rythme lancinant de la nouvelle éponyme de Ben Shattuck (également crédité au scénario) et cette fois sensiblement sous l'influence du cinéma béni de feu Terence Davies (certains citeront également Le Secret de Brockeback Mountain d'Ang Lee, pourquoi pas).

Une romance historico-mélancolique qui saborde méchamment ses propres élans mélodramatiques au détour de parti pris qui désorientent mignon son auditoire (comme laisser de côté la passion vibrante censée unir ses deux personnages titres, à peine effleurée à l'écran, pour proposer une sentimentalité plus contenue que la mise en scène peine à rendre expressive, où encore la volonté de privilégier une narration plus confuse et lyrique pour masquer sa prévisibilité), avant de le laisser méchamment frustré par ce qui ne s'assume ni réellement comme une fresque romantique sous fond de jeunesse perdue, ni comme une étude ethnomusicale au plus près de jeunes hommes (un jeune chanteur talentueux originaire du Kentucky frappé d'une qualité unique - la synesthésie -, et un étudiant en composition au Conservatoire de Boston) qui, entre autres, sillonnent le Maine pour collecter et préserver les chants folkloriques menacés d’oubli.

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Pas vraiment à la hauteur des attentes qu'il suscite et encore moins de ses références qu'il dégaine à la volée (jamais l'alliance de la musique et de la passion ne crée une authenticité émotionnelle comme chez Davies, jamais sa romance brutalement rompue par les affres de la vie, n'est rendue vivante et vibrante - comme dit plus haut - par sa mise en scène), Le son des souvenirs, pas même sauvé par sa photographie léchée comme par la prestation impliquée du tandem Paul Mescal/Josh O'Connor - à l'alchimie palpable -, aspire ses propres ambitions et sa beauté pour ne provoquer qu'un ennui poli et de tristes souvenirs...


Jonathan Chevrier