Breaking News

[SƎANCES FANTASTIQUES] : #100. Les Rivières Pourpres

Copyright Gaumont Buena Vista International (GBVI)


Parce que les (géniales) sections #TouchePasAMes80s et #TouchePasNonPlusAMes90s, sont un peu trop restreintes pour laisser exploser notre amour du cinéma de genre, la Fucking Team se lance dans une nouvelle aventure : #SectionsFantastiques, ou l'on pourra autant traiter des chefs-d'œuvres de la Hammer que des pépites du cinéma bis transalpin, en passant par les slashers des 70's/80's ; mais surtout montrer un brin la richesse d'un cinéma fantastique aussi abondant qu'il est passionnant à décortiquer. Bref, veillez à ce que les lumières soient éteintes, qu'un monstre soit bien caché sous vos fauteuils/lits et laissez-vous embarquer par la lecture nos billets !




#100. Les Rivières Pourpres de Mathieu Kassovitz (2000)



Sorti en 2000 et réalisé par Mathieu Kassovitz, Les Rivières pourpres s’impose comme un thriller sombre et ambitieux, adapté du roman de Jean-Christophe Grangé. Le film repose sur une enquête policière complexe menée par deux personnages que tout oppose : le commissaire Pierre Niémans, interprété par Jean Reno, et l’inspecteur Max Kerkerian, joué par Vincent Cassel. Ensemble, ils plongent dans une affaire de meurtres mystérieux au cœur d’une université isolée, où se mêlent secrets, science et violence. L’un des points forts majeurs du film réside dans son atmosphère.

Kassovitz construit un univers froid, oppressant et presque irréel, renforcé par des décors montagneux austères et une photographie très travaillée. Les tons sombres, la neige omniprésente et les lieux clos accentuent le sentiment de malaise et participent pleinement à l’identité visuelle du film. La musique, discrète mais pesante, soutient efficacement la tension dramatique tout au long du récit. Les performances des acteurs contribuent également à la réussite du film. Jean Reno incarne avec sobriété un enquêteur expérimenté, marqué par les horreurs qu’il découvre, tandis que Vincent Cassel apporte une énergie plus nerveuse et imprévisible à son personnage. Leur duo fonctionne grâce à un contraste bien dosé entre calme et impulsivité, même si leur relation reste parfois superficielle, laissant peu de place à une réelle évolution psychologique.

Copyright Gaumont Buena Vista International (GBVI)

Cependant, Les Rivières pourpres n’est pas exempt de défauts. Le scénario, volontairement complexe, peut parfois sembler confus, notamment dans sa seconde partie. L’accumulation de révélations et de sous-intrigues scientifiques finit par alourdir la narration et peut perdre le spectateur. Certaines explications paraissent excessives, voire peu crédibles, ce qui affaiblit l’impact du dénouement. Le film privilégie parfois le spectaculaire à la cohérence, au détriment de la finesse de l’enquête. Malgré ces faiblesses, Les Rivières pourpres reste un thriller marquant du cinéma français. Il se distingue par son ambition esthétique et sa volonté de rivaliser avec les productions internationales du genre.

Le film propose une expérience intense, dérangeante et visuellement forte, qui a contribué à renouveler le polar français au début des années 2000. En définitive, même si son scénario divise, Les Rivières pourpres demeure une œuvre mémorable, portée par une mise en scène efficace et une atmosphère profondément inquiétante.


Jess Slasher