[CRITIQUE] : Primate
Réalisateur : Johannes Roberts
Acteurs : Victoria Wyant, Jessica Alexander, Johnny Sequoyah, Troy Kotsur, Gia Hunter,...
Distributeur : Paramount Pictures France
Budget : -
Genre : Épouvante-horreur.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h29min.
Synopsis :
Primate suit un groupe d’amis dont le séjour idyllique sur une île lointaine dégénère en un affrontement bestial.
Rares sont les metteurs en scène aujourd'hui, dont il n'y a strictement rien à sauver de leurs filmographies malgré plusieurs réalisations au compteur.
Très rare, ce qui fait de facto du tâcheron Johannes Roberts, une anomalie proprement fascinante, un orfèvre du côté très obscur de l'industrie uniquement compétent pour caresser dans le sens du poil, une pluie de séries Z indéfendable.
Et pourtant, le lascar, auréolé de succès incompréhensibles pour le commun des mortels cinéphiles (47 Meters Down, 47 Meters Down: Uncaged et Resident Evil : Bienvenue à Raccoon City... damn dude), n'en finit pas de se faire un trou et de bosser sur divers projets plus où moins côtés, ce qui en dit long sur l'état d'une horreur nord-américaine certes pas exempt de quelques éclats, mais qui végète dans une léthargie particulièrement inquiétante.
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| Copyright Paramount Pictures |
Mais, au sein d'un début d'année ciné 2026 particulièrement propice aux petits miracles improbables (pour preuve, Prime Vidéo et Netflix ont été capable de nous dégainer deux chouettes actionners en une quinzaine de jours d'intervalle, sans avoir à recracher une pluie de DTV faisandés en contrepartie), Primate démontre que finalement, passé une brutalité plutôt entraînante dans Strangers : Prey at Night, le Johannes est capable de chapeauter un bon film et de (re)dorer un peu le blason d'une filmographie au capital sympathie absent... hallelujah.
Petit bout d'horreur particulièrement ludique et cruel (pensez à une version certes cheap mais accrocheuse, de la scène du massacre télévisé de Nope), qui n'a jamais peur de convoquer le souvenir d'un cinema d'exploitation macabre et vachard (jusque dans le score rétro d'Adrian Johnston), le film, dont le postulat de départ est aussi intriguant que taillé à la serpe (un chimpanzé domestique adoré par la famille qui l'a recueilli, dressé au langage via un Ipad - joli placement de produit - et d'ordinaire affectueux, contracte malencontreusement la rage et se met à déboîter tout ce qui bouge), va strictement à l'essentiel et ne s'embarasse d'aucune subtilité.
Tant pis si le chimpanzé Ben laisse un peu trop pointer ses contours humains (il est campé par Miguel Torres Umba), où si l'action est éclairée comme dans le trou du fion de la cave de ta Tata Monique : Roberts laisse sa bestiole enragé fracasser des os à foison dans un lieu limité mais point limitant (une maison isolée Hawaïenne), cadre suffisamment bien son massacre pour ne pas trop nous frustrer, et orchestre une symphonie en brutalité majeure gentiment décomplexée pour un film de studio.
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S'il est franchement regrettable que son écriture prétexte lui refuse toute inscription dans la veine d'une horreur King-esque (en cousin pas si lointain de Cujo voire de Pet Semetary), où la violence crue épouserait une dramaturgie muée par des thèmes aussi puissants qu'universels (la sempiternelle notion du deuil, ici cruellement survolée), difficile de bouder son plaisir devant Primate, bis efficace et percutant à l'humour noir précieux, dont on n'attendait pas grand chose mais qui est décidé à généreusement mettre les petits plats dans les grands.
Ça ne pisse jamais très loin donc, mais ça fait parfaitement le café pour un début d'année rare en plaisir déviant.
Jonathan Chevrier



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