[CRITIQUE] : Palestine 36
Réalisatrice : Annemarie Jacir
Acteurs : Jeremy Irons, Hiam Abbass, Kamel El Basha, Yasmine Al Massri,...
Distributeur : Haut et Court
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Français, Qatari, Palestien, Saoudien, Britannique, Jordanien.
Durée : 1h59min.
Synopsis :
Palestine, 1936. La grande révolte arabe, destinée à faire émerger un État indépendant, se prépare alors que le territoire est sous mandat britannique.
À une heure où les médias choisissent une manière sournoise et partiale (pour rester poli) de couvrir l'actualité, pour quiconque n'ayant pas le réflexe de se perdre dans les méandres des réseaux sociaux où, il est vrai, tout et son contraire y est affirmé telle une vérité irréfutable (en attendant que le gouvernement, de plus en plus décidé à en freiner l'accès, ne nous fasse basculer dans un quotidien encore plus merveilleusement Orwellien); le septième art est plus que jamais un outil de prise de conscience et de connaissance essentiel, pour réaliser ce qu'il se passe réellement sur notre planète où, pire encore, aux portes de chez nous.
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Pas de polissage de l'image par une quelconque rédaction obscure, pas de crainte d'un quelconque incident diplomatique : simplement montrer la réalité, en nous plaçant au plus près d'elle, comme ont pu le faire pour la tragédie en Palestine, des œuvres telles que No Other Land de Basel Adra, Hamdan Ballal, Rachel Szor et Yuval Abraham, Un médecin pour la paix de la cinéaste franco-américaine Tal Barda, From Ground Zero où encore Put Your Soul on Your Hand and Walk de Sepideh Farsi et Fatma Hassona.
La cinéaste palestinienne Annemarie Jacir elle, coutumière de la mise en images de la riche et complexe histoire de sa nation, s'inscrit pleinement dans ce mouvement tout en poussant encore un peu plus loin son auscultation de l'occupation/colonisation tragique et du génocide subit par son peuple, avec Palestine 36, qui explore l'insurrection de la Palestine mandataire contre la domination coloniale britannique, au moment même où les arrivées de réfugiés juifs fuyant l’antisémitisme en Europe, se sont faites de plus en plus nombreuses, à travers une (très) riche galerie de figures dissemblables mais aux destinées/perspectives liées entre elles.
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Soit l'exposition d'une lutte universelle et douloureusement déclinable, celle d'une culture tentant désespérément de s'insurger contre son extinction par une puissance coloniale répressive et à la brutalité aveugle (et absurde, une mécanique beaucoup trop familière dans l'histoire récente - et actuelle - d'une humanité qui n'en a plus que le nom), que Jacir documente avec une méticulosité admirable, sa narration trompant ses contours un poil trop conventionnels pour nourrir le spectateur d'innombrables détails sur l'histoire (méconnue) palestinienne, comme pour pointer les réalités d'une violence persistante et continue, d'une souffrance collective qui n'a jamais eu de répit.
En résulte un beau film engagé, digne et joliment humaniste.
Jonathan Chevrier







