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[CRITIQUE] : Greenland Migration


Réalisateur : Ric Roman Waugh
Acteurs : Gerard Butler, Morena Baccarin, Roman Griffin Davis, William Abadie, Amber Rose Revah,...
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Budget : -
Genre : Action, Thriller.
Nationalité : Américain
Durée : 1h39min

Synopsis :
Après l’impact dévastateur d’une comète qui a réduit la Terre en ruines, la famille Garrity doit quitter la sécurité de son bunker au Groenland. Commence alors un périple pour leur survie et l’avenir de l’Humanité à travers un monde dévasté à la recherche d’un nouveau foyer.





Seul vrai blockbuster d'un été ciné 2020 sous Covid-19 chiche en divertissement purement popcorn, Greenland - Le Dernier Refuge de Ric Roman Waugh incarnait une bonne tranche péloche catastrophe plus où moins régressive, qui s'inscrivait sensiblement aux antipodes du fauché et méchamment risible Deep Impact (ne demande pas, la panouille de Mimi Leder empire de vision en vision), comme des envolées patriotico-limitées signées par les maîtres du Kaboom Michael Bay et Roland Emmerich, avec une vision plus intime et anxieuse du genre, en arpentant les recoins inconfortables et angoissants d'une quête de survie constante et presque perdue d'avance, au désespoir aussi pregnant que sa cruauté.

Le tout avec un Gege Butler des grands jours, qui devenait enfin non pas le Superman d'une Amérique triomphante, mais bien le héros ordinaire qu'il devrait toujours être.

Copyright Metropolitan FilmExport

Alors certes, s'il se laissait tout du long saboter par quelques clichetons faciles, que la mise en scène du Waugh manquait un poil d'ampleur (et de moyens) et que son pendant politique était aussi solide qu'une punchline de Paul Mirabel (avec un regard gentillet sur une Amérique gangrenée par l'individualisme et la peur, saupoudré par un bon gros nappage choco-caramel de valeurs so America), ce divertissement plus où moins anti-Kaboom contait le plus simplement et sobrement du monde son odyssée apocalyptique sous tension, et ça faisait amplement le café (comme souvent avec les films de Butler, si l'on est un minimum honnête).

Cinq ans plus tard, alors que personne n'avait rien demandé (mais que les lois économiquement impénétrables du box-office aient parlées), voilà que débarque en salles son improbable suite, Greenland Migration, toujours avec le même réalisateur à la barre et la même distribution face caméra, flanquée cinq piges plus tard (au moins, la timeline est raccord), alors que la petite famille Butler/Garrity quitte le bunker du Groenland qui leur a sauvé la vie, la faute à un quotidien pas ouf (eau et air contaminés, tempête radioactives, séismes qui détruisent tout), pour essayer de trouver le havre de paix idéal : le gigantesque cratère de la comète Clarke, dans le sud de la France (cocorico), parce que si la foudre peut tomber deux fois au même endroit, les comètes non.

Moins sobre que son ainé et formellement plus abouti (dont une photographie affûtée qui sublime son somptueux cadre islandais), sans pour autant taper dans le spectaculaire grandilocquent d'un Armageddon (on t'aime Michael), cette seconde monture bifurque un chouia plus vers le film catastrophe spectaculaire sans pour autant renier ses contours de survival âpre et familial, ni l'aspect furieusement mécanique de son écriture (un lieu : un événement cataclysmique, ce qui a au moins pour mérite de garder son rythme haletant), appuyant l'idée que même si elle s'en sort, la Garrity family est la plus poissarde de ce monde désolé... tant mieux.

Copyright Metropolitan FilmExport

Si rien n'est véritablement cohérent dans cette apocalypse désormais débridée (où l'homme est, évidemment, la pire des menaces), et que son usage coton des codes familiers du genre est définitivement plus prononcé que pour le premier opus (à l'écriture moins stéréotypée même si elle aussi fragile), étrangement (où pas, finalement), l'issue n'en est que plus similaire : Greenland Migration, aussi absurde et sans grandes ambitions soit-il, fait gentiment son office, sa réalisation est plus précise, son rythme plus entraînant et ses scènes d'action et de tensions sont plus impactantes.

Un film à l'image de notre Gege Butler adoré, qui ne cherche pas à péter plus haut que sa pellicule ni de sa zone de confort, même s'il en serait totalement capable (ce qui est frustrant, vu le talent réel du bonhomme), et dont la nonchalence affirmée n'a d'égale que son efficacité à toute épreuve.
Le premier blockbuster de l'année mérite son maigre pesant de pop-corn, on n'en demandait pas forcément plus.


Jonathan Chevrier