48 Heures

[TOUCHE PAS À MES 80ϟs] : #91. 48 Hrs.

© 1982 by Paramount Pictures. All Rights Reserved

Nous sommes tous un peu nostalgique de ce que l'on considère, parfois à raison, comme l'une des plus plaisantes époques de l'industrie cinématographique : le cinéma béni des 80's, avec ses petits bijoux, ses séries B burnées et ses savoureux (si...) nanars.
Une époque de tous les possibles où les héros étaient des humains qui ne se balladaient pas tous en collants, qui ne réalisaient pas leurs prouesses à coups d'effets spéciaux et de fonds verts, une époque où les petits studios (Cannon ❤) venaient jouer dans la même cour que les grosses majors légendaires, où les enfants et l'imaginaire avaient leurs mots à dire,...
Bref, les 80's c'était bien, voilà pourquoi on se fait le petit plaisir de créer une section où l'on ne parle QUE de ça et ce, sans la moindre modération.
Alors attachez bien vos ceintures, mettez votre overboard dans le coffre, votre fouet d'Indiana Jones et la carte au trésor de Willy Le Borgne sur le siège arrière : on se replonge illico dans les années 80 !




#91. 48 Heures de Walter Hill (1982)

On ne le répétera jamais assez : rien ne vaut un bon buddy movie made in 80's/90's fleurant bon la poudre et l'intrigue facile, qu'un blockbuster contemporain boursouflé aux CGI et autres fonds verts, portés par des comédiens n'ayant, pour la majorité, même pas un ersatz du charisme des gueules burnées qui nous auront tendrement biberonnés durant nos enfances/adolescences.
Et si certains tentent de raviver la flamme de ce sous-genre du cinoche d'action, comme ils le peuvent (Shane Black en tête) face à un public qui brille salement par son indifférence dans les salles - honte à vous tous -, rien ne vaut mieux que de ressortir des cartons nos glorieuses et poussiéreuses VHS, pour embrasser la nostalgie géniale qu'invoque des films qui n'ont plus vraiment leur place dans la chaîne alimentaire Hollywoodienne.

© 1982 by Paramount Pictures. All Rights Reserved

Maître étalon du genre, et considéré plus ou moins à tort comme la première pierre moderne de son édifice (on oublie un peu vite Les Anges Gardiens de Richard Rush, avec Alan Arkin et James Caan), 48 Heures du roi Walter Hill, est une pépite qui fonctionne avant tout et surtout poir sa dynamique des contraires absolument savoureuse, qui fixait un mantra qui serait repris tellement de fois que s'en est limite indécent : deux types croqués juste ce qu'il faut (pas besoin d'en savoir plus que ce que l'on voit), totalement différents l'un de l'autre et qui se détestent copieusement, contraints de faire équipe pour mener à bien une enquête à l'issue incertaine, au coeur d'un cadre urbain inhospitalier et méchamment violent.
Soit ici un flic bougon et brutal, Nick " Fucking " Nolte (dans sa période faste), un trentenaire cynique, irresponsable et franchement immature, qui délaisse - avec remords - sa copine et glisse constamment une (grosse) goutte de whisky dans tout ce qui boit, faisant ami-ami avec un Eddie Murphy jouant littéralement sur du velours (il n'a jamais été aussi drôle et cool que durant les années 80), un petit escroc qui a fait trente mois pour vol, et à qui il reste encore six mois à tirer.
Le premier offre au second une permission de quarante-huit heures - d'où le titre -, s'il l'aide à coincer un tueur de flics (génial James Remar) à la recherche d'un magot qui justement lui appartient, puisque les deux étaient d'anciens partenaires dans le crime - c'est ce qui les a logiquement amenés derrière les barreaux.
Une intrigue réglée comme du papier à musique donc, et appelée à être éculée dès le générique de fin enclenché (il aura pourtant une suite huit ans plus tard...), qui ne laisse place au fond qu'à quelques éclats de castagnes (dont une baston mémorable et finalement nécessaire, entre les deux héros) et d'humour - sec et jouissif -, au coeur d'une oeuvre westernienne en diable, au regard assez sombre sur une Amérique gangrenée par la violence (on tue froidement et sans remords) et le racisme (sa fameuse scène du restaurant, miroir de celle du bar dans French Connection, ou Murphy dompte les clients à col rouge, prêt à lui mettre une bastos juste parce qu'il est... noir).

© 1982 by Paramount Pictures. All Rights Reserved

Petit miracle en soit (une production heel qui dura un bon moment, lui qui était au départ voulu pour l'alléchant tandem Richard Pryor/Clint Eastwood), Joel " Silver-ien " jusqu'au bout de la pellicule, capté par la caméra en or massive d'un cinéaste qui n'a pas son pareil pour glorifier la camaraderie virile au sein d'une atmosphère un brin nihiliste, 48 Heures pose les bases de ce que Shane Black, Richard Donner et John McTiernan sublimeront quelques temps plus tard, et se savoure avec un plaisir à peine égratigné par l'accumulation des années sur sa bobine.
Un pur buddy movie comme on les aime, ou une aversion chaleureuse et franchement cocasse, se transforme certes à contrecœur, en une alliance détonnante et respectueuse; un divertissement hargneux porté par des trognes géniales, qui ne sont pas tant des symboles d'un american dream désabusé que des hommes humains, vulnérables et touchants dans leurs (gros) défauts.
Benny et Joshua Safdie chercheraient actuellement à en concocter un remake résolument plus moderne : ne vous fatiguez pas les gars, on en a foutrement pas besoin.


Jonathan Chevrier 


John Chevrier

0 commentaires:

Publier un commentaire

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.

Fourni par Blogger.