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[CRITIQUE] : Zootopie 2


Réalisateurs : Byron Howard et Jared Bush
Acteurs : avec les voix de Ginnifer Goodwyn, Jason Bateman, Idris Elba, Ke Huy Quan,...
Distributeur : The Walt Disney Company France
Budget : -
Genre : Animation, Aventure, Comédie, Famille.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h48min.

Synopsis :
Zootopie 2 permettra de retrouver le savoureux duo de choc formé par les jeunes policiers Judy Hopps et Nick Wilde, qui, après avoir résolu la plus grande affaire criminelle de l'histoire de Zootopie, découvrent que leur collaboration n'est pas aussi solide qu'ils le pensaient lorsque le chef Bogo leur ordonne de participer à un programme de thérapie réservé aux coéquipiers en crise. Leur partenariat sera même soumis à rude épreuve lorsqu'ils devront éclaircir - sous couverture et dans des quartiers inconnus de la ville - un nouveau mystère et s’engager sur la piste sinueuse d'un serpent venimeux fraîchement arrivé dans la cité animale…





Sans péter dans la soie de l'originalité (on pense souvent, et assez logiquement, à Basil, Détective Privé) mais avec une verve résolument plus inspirée que la moyenne, Zootopie premier du nom chapeauté par Rich Moore (papa de Volt et Raiponce) et Byron Howard, s'amusait avec l'une des traditions les plus communes du catalogue de la firme aux grandes oreilles Disney (aligner les parallèles comiques entre les animaux et les êtres humains, dans une intrigue revendiquant - plus où moins adroitement - plusieurs niveaux de lectures), pour mieux dégainer un chouette divertissement familial sauce buddy movie, chargé en références même si certes un poil fragilisé par une morale gentiment simpliste et familière (la quête de soi, l'adversité, la lutte contre la différence et les préjugés - ici entre carnivores et herbivores -, etc).

Copyright 2025 Disney Enterprises, Inc. All Rights Reserved.

Une décennie plus tard et un brin accouché dans la douleur, sa suite, qui perd un de ses deux papounets en cours de route - exit Rich Moore, bonjour Jared Bush -, swingue sensiblement sur le même groove mais avec un peu plus de consistance, aussi bien dans sa structure que dans ses thématiques (les questions de la diversité, de l'inclusion comme de la discrimination inter-espèces, sont une nouvelle fois au cœur de la narration sans à nouveau, se perdre dans un moralisme putassier) et sa propension à titiller plus où moins adroitement ses références comiques - où pas - à la culture pop, au détour de la nouvelle enquête du plus dysfonctionnel (et émotionnellement instable) mais attachant des duos, la flic intègre - et toujours obsédée par l'idée de faire ses preuves - Judy Hopps et le roi de l'ex-roi de l'arnaque Nick Wilde, lancés à la recherche/rescousse de la vipère des fosses à l'optimisme exacerbé, Gary De'Snake.

Une balade pas toujours bien accordée mais au rythme joliment effréné, qui vient à la fois consolider encore un peu plus l'union entre ses deux héros (tout en introduisant quelques nouvelles figures plutôt bien croquées), où l'arrogance et la déconnexion de l'un vient totalement nourrir les angoisses de l'autre, mais également voguer vers le terrain sinueux du miroir certes fébrile mais couillu, tendu vers l'Amérique (l'exclusion des populations perçues comme différentes ou inférieures), bien loin de la nostalgie inoffensive des autres productions maisons (c'est fragile oui, mais saluons l'effort).

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Dans la stricte lignée de son excellent ainé aux couleurs et à l'enthousiasme tout aussi éclatants, à peine plombé par un tube vedette de Shakira déjà irritant (la faute à un travail d'auto-sabordage opéré maladroitement par la campagne promotionnelle agressive du film) et une narration un chouïa moins bien ficelée (mais plus audacieuse, aussi), Zootopie 2 fait mieux que bien le café à une période, il est vrai, particulièrement dense en (bonnes) propositions animées.


Jonathan Chevrier