Baptiste

[TOUCHE PAS À MES 80ϟs] : #65. Die Sehnsucht der Veronika Voss

© Kinowelt / Xaver Schwarzenberger

Nous sommes tous un peu nostalgique de ce que l'on considère, parfois à raison, comme l'une des plus plaisantes époques de l'industrie cinématographique : le cinéma béni des 80's, avec ses petits bijoux, ses séries B burnées et ses savoureux (si...) nanars.
Une époque de tous les possibles où les héros étaient des humains qui ne se balladaient pas tous en collants, qui ne réalisaient pas leurs prouesses à coups d'effets spéciaux et de fonds verts, une époque où les petits studios (Cannon ❤) venaient jouer dans la même cour que les grosses majors légendaires, où les enfants et l'imaginaire avaient leurs mots à dire,...
Bref, les 80's c'était bien, voilà pourquoi on se fait le petit plaisir de créer une section où l'on ne parle QUE de ça et ce, sans la moindre modération.
Alors attachez bien vos ceintures, mettez votre overboard dans le coffre, votre fouet d'Indiana Jones et la carte au trésor de Willy Le Borgne sur le siège arrière : on se replonge illico dans les années 80 !




#65. Le secret de Veronika Voss de Rainer Werner Fassbinder (1982)

D’Indiana Jones à Terminator, en passant par E.T., le cinéma américain des années 80 a marqué durablement les consciences collectives. Mais, partout ailleurs dans le monde, au même moment, le cinéma fonctionne, rapporte, remporte des prix, ne reste pas muet et marque lui aussi son ère et les années à venir. J’aimerai me replonger (ou me plonger pour celles et ceux qui auraient la chance de le découvrir) avec vous dans un film aussi imprégné de nostalgie que nous le sommes, un film allemand qui conclut une trilogie commencée quelques années plus tôt : Le secret de Veronika Voss de Rainer Werner Fassbinder.

© Laura Film / Tango Film / Rialto Film / Trio Film / Maran Film


Si le terme de nostalgie fait semble-t-il autant écho aujourd’hui, il n’est pourtant pas nouveau. Chaque époque a bel et bien son blues d’antan. Dans les années 50, l’actrice Veronika Voss repense avec un certain spleen au pic de sa carrière 20 ans auparavant. Grande figure du cinéma allemand pendant le règne de la UFA, elle est désormais oubliée et son nom ne vit plus que par les ragots et les “il paraît” que le public veut bien entendre. Ce vague à l’âme (c’est précisément ce que “Die Sehnsucht” signifie) qu’elle traîne avec elle ne disparaît que lorsque le Dr.Katz lui fournit des calmants et autres opiacés. Robert Krohn, un journaliste sportif, s'amourache de la star et une forme de fascination grandit entre les deux.
C’est, certes, un film que peu d’enfants des années 80 avaient le droit de voir ( et il est donc naturel qu'aujourd'hui ce qu’on appelle “culture populaire” n’ai peu (voir pas) gardé grand chose de ce film. Mais à mon sens, c’est le coeur même du film qui est le testament d’une époque. Rainer Werner Fassbinder réalise un film qui parle d’un cinéma passé, tout en le réinventant. L’usage du noir et blanc, très contrasté, des jeux de lumières, de la mise en abyme… Tout ça est injecté dans Le secret de Veronika Voss pour raviver quelque chose, une époque, une histoire du cinéma. L’intrigue rappelle Sunset Boulevard de Billy Wilder, la scène de tramway rappelle celle de Sunrise de Murnau, le personnage du réalisateur fait écho à Marcello Mastroianni dans Otto e Mezzo. Toutes ces marques là renvoient à une période lointaine et pourtant très présente.

© Laura Film / Tango Film / Rialto Film / Trio Film / Maran Film


Beaucoup des films cités lorsque l’on parle des 80’s ont pour héros des gros bras, pour intrigue un imaginaire merveilleux, pour musique des airs synthétisés... Mais les années 80 c’est aussi une période riche en cinéma déjà nostalgique de lui même. Un cinéma mondial, autre que les Etats-unis (bien que Le secret de Veronika Voss soit un film qui parle justement des USA sous un angle particulier), un cinéma qui se renouvelle pour tenter de tourner la page de cet âge d’or et qui deviendra lui même cette fameuse période bénie que sont les années 80.


Baptiste

Baptiste ANDRE

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