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[CRITIQUE]: La Saveur des Ramen


Réalisateur : Eric Khoo
Acteurs : Takumi Saitoh, Jeanette Aw Ee-Ping, Mark Lee, Seiko Matsuda, ...
Distributeur : Art House / KMBO
Budget : -
Genre : Drame
Nationalité : Japonais, Singapourien, Français
Durée : 1h30min

Synopsis :
Masato, jeune chef de Ramen au Japon, a toujours rêvé de partir à Singapour pour retrouver le goût des plats que lui cuisinait sa mère quand il était enfant. Alors qu’il entreprend le voyage culinaire d’une vie, il découvre des secrets familiaux profondément enfouis. Trouvera-t-il la recette pour réconcilier les souvenirs du passé ?



Critique :


Le Japon et Singapour entretiennent maintenant de bonne relation, mais malheureusement cela n’a pas toujours été le cas. Durant la Deuxième Guerre Mondiale, Le Japon a envahi Singapour en sept jours alors qu’elle passait pour “une forteresse imprenable” d’après Winston Churchill. Un véritable massacre. Mais ceci est le passé. Quand un producteur demande à Eric Khoo de faire un film pour célébrer les cinquante ans de bonne relation diplomatique entre les deux pays, il a dans l’idée d’en parler à travers la cuisine.
Voilà comment La Saveur des Ramen est né. Il est vrai que le réalisateur sait nous faire saliver dans ses films, avec des recettes succulentes que ses personnages avalent avidement. Que ce soit son premier film et ses bols de nouille, il y a toujours au moins une scène de repas dans sa filmographie avec des plats qui mettent l’eau à la bouche. Cette fois, il fait même de la cuisine son personnage principal.


Un peu d’histoire tout d’abord. Les ramen est un plat à base de nouille, très réputé au Japon. Le bah kut teh est une soupe de porc, fait à partir de bouillon et d’épice. Ce sont tous deux des plats “de pauvre” : peu cher et nourrissant. Le nom original du film Ramen Teh fait référence à ces deux plats, qui font partis inhérents de l’histoire.
Masato, jeune chef qui travaille dans le restaurant de ramen de son père au Japon est en recherche constante de nouvelle saveur. Une façon peut-être de tromper son ennui et sa tristesse de voir son père l’ignorer royalement depuis la mort de sa mère. Il entretient une correspondance avec Miki, une blogueuse de cuisine japonaise, expatriée à Singapour. Elle y parle longuement de la richesse des plats singapouriens et leur histoire. Masato est lui-même à moitié singapourien, du côté de sa mère. Mais il n’a aucun contact avec sa famille maternelle. Quand son père meurt subitement, il découvre un carnet appartenant à sa mère, écrit en mandarin (langue qu’il ne comprend pas). Il en fait le prétexte d’un voyage à Singapour, pour découvrir une partie de sa famille qu’il n’a jamais connu, pour découvrir également ses parents ont-ils quitté le pays quand il était petit et surtout pour retrouver, grâce au saveur des plats, le souvenir de sa mère, telle une madeleine de Proust. Il va découvrir les non dits et la colère refoulée du côté de sa famille maternelle. 


La cuisine est dans La Saveur des Ramen le fil conducteur de l’histoire. Filmés en gros plan, les plats s'enchaînent et avec eux s’accompagnent un sentiment, une émotion. La cuisine est celle qui réunit, qui dévoile les secrets et qui apprend à pardonner. C’est là une belle métaphore de la réconciliation entre les deux pays que de créer un plat mélangeant les ramen et le bah kut teh, le Japon et Singapour, le père de Masato et sa mère. De très belles séquences ponctuent le film, où pour apprendre les recettes de sa mère, Masato regarde avec attention sa grand-mère choisir les ingrédients, cuisiner. Ils ne parlent pas la même langue mais se comprennent par les gestes et leur manière de cuisiner.
Malheureusement, même si le film peut être émotionnellement fort, le propos reste superficiel. Il manque de la profondeur sur le sous texte de la guerre, d’enjeu pour le personnage principal.



La Saveur des Ramen est un plaisir visuel, débordant de plats succulents qui entourent l’histoire autour du pardon, du souvenir et de l’amour. Mais le manque d’enjeu fait retomber le film assez vite, comme un soufflé.


Laura Enjolvy


Laura Enjolvy

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