Clio Barnard

[CRITIQUE] : Dark River


Réalisateur : Clio Barnard
Acteurs : Ruth Wilson, Mark Stanley, Sean Bean, ...
Distributeur : Ad Vitam
Budget : -
Genre : Drame
Nationalité : Britannique
Durée : 1h29min

Synopsis :
Après la mort de son père et quinze ans d'absence, Alice revient dans son Yorkshire natal réclamer la ferme familiale qui lui était promise. Mais son frère Joe, usé par les années à s'occuper de l'exploitation et de leur père malade, estime que la propriété lui revient. Malgré les trahisons et les blessures du passé, Alice va tenter de reconstruire leur relation et sauver la ferme.



Critique :



Clio Barnard, la réalisatrice du film Le Géant Égoïste sorti en 2013 chez nous revient nous présenter les contrées du Yorkshire dans Dark River, adaptation du livre Les Silences de Rose Tremain.
Nous suivons donc Alice (joué avec puissance et retenu par Ruth Wilson) rentrer chez elle après 15 ans d’absence à la mort de son père. Son but est de reprendre le droit de fermage perdu depuis que son père n’est plus là et de s’occuper de la ferme où elle a grandi avec son frère. Mais celui-ci voit son arrivée avec un mauvais oeil. Sans nouvelle de sa sœur depuis de longues années, Joe lui en veut. Mais Dark River ne se focalise pas sur un banal conflit entre frère et soeur pour un héritage. Le propos du film va plus loin et plus profondément que ce qu’il montre. Car Alice porte en elle des démons du passé dont elle n’a pu encore se débarrasser. 


Ce qui frappe en premier lieu sont les petits détails de mise en scène pour montrer l’angoisse du personnage principal. Une respiration plus forte, des doigts qui se crispent, … Alice est atteinte du stress post-traumatique quand elle revient à la ferme familiale. Des flashback bien maîtrisés et qui font écho au présent nous apprendrons l’horrible vérité: Alice a été victime d’abus sexuel de la part de son père. L’intrigue a donc plusieurs couche: une première qui est donc la dispute des terres entre frère et soeur et la deuxième qui analyse tous les non-dits et les silence de leur enfance.
Clio Barnard a l’intelligence de faire passer un message politique subtil dans son film. On remarque que la ferme n’appartient pas aux fermiers mais à l’entreprise La compagnie des eaux, qui profite de la mésentente familiale pour s’approprier les terres, les vendre à des actionneurs pour gagner un maximum d’argent. Alice et Joe ne sont donc plus chez eux et dépendent du bon vouloir d’une grosse entreprise.



Dark River est un voyage dévastateur vers le passé, dans les terres magnifiques mais âpres du Yorkshire. On se laisse pourtant facilement séduire, surtout quand P.J Harvey reprend la chanson “Acre of Land” pendant le générique du début pour nous accompagner.


Laura Enjolvy



Laura Enjolvy

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Fourni par Blogger.