Jonathan

[TOUCHE PAS NON PLUS À MES 90ϟs] : #1. Titanic

Copyright Twentieth Century Fox France

Nous sommes tous un peu nostalgique de ce que l'on considère, parfois à raison, comme l'une des plus plaisantes époques de l'industrie cinématographique : le cinéma béni des 90's, avec ses petits bijoux, ses séries B burnées et ses savoureux (si...) nanars.
Une époque de tous les possibles où les héros étaient des humains qui ne se balladaient pas tous en collants, qui ne réalisaient pas leurs prouesses à coups d'effets spéciaux et de fonds verts, une époque où les petits studios venaient jouer dans la même cour que les grosses majors légendaires, où les enfants et l'imaginaire avaient leurs mots à dire,...
Bref, les 90's c'était bien, tout comme les 90's, voilà pourquoi on se fait le petit plaisir de créer une section où l'on ne parle QUE de ça et ce, sans la moindre modération.
Alors attachez bien vos ceintures, prenez votre ticket magique, votre spray anti-Dinos et la pillule rouge de Morpheus : on se replonge illico dans les années 90 ! 



#1. Titanic de James Cameron (1997)

Plus encore que le cultissime Terminator - Le Jugement Dernier, qui avait lui aussi su révolutionner tout un pan du septième art moderne pour devenir une référence jamais égalée - mais éternellement pillée et copiée - dans le blockbuster hollywoodien bigger and faster aussi racé qu'il est divertissant, Titanic a tout ou presque, du film populaire opulent ultime autant que du véhicule à oscars calibré au détail près, et du pari d'une vie d'un visionnaire casse cou qui aurait bien pu y laisser sa peau, au fin fond de l'océan... 
Un statut au pluriel un brin reducteur il est vrai, tant il est aussi et surtout, une oeuvre quasi-somme pour James Cameron, qui fait preuve ici d'une finesse d'écriture rare, autant qu'il y catalyse habilement aussi bien bon nombres de ses thématiques chers que sa fascination pour le symbole de vie et de mort puissant qu'est l'eau, mais aussi pour les personnages féminins forts et non conventionnels. 

Copyright Twentieth Century Fox France


Dans un cadre irréel, sorte de cocon luxueux ou une certaine caste sociale totalement inconsciente, se complaît en pensant se rapprocher d'un certain paradis fantasmé qui aura vite des atours d'enfer implacable, la belle Rose, telle une Sarah Connor d'avant-guerre, se bat pour faire primer ses désirs dans un avenir tout tracé qui n'est pas le sien.
Et c'est dans ce labyrinthe aussi bien physique que métaphorique, qui personnifie douloureusement la lutte des classes et la prison sociale dans laquelle elle est engoncée, qu'elle trouvera la force de se battre après avoir voulu, ironiquement au vue de l'histoire, se donner prématurément la mort.
Comme Sarah Connor, c'est en rencontrant l'être aimé, Jack ici, quelle se transcendra pour survivre face à une extermination programmée.
Comme Sarah, c'est par la puissance d'une romance courte mais unique, n'ayant durée qu'une poignée d'heures et condamnée sous le sceau du sacrifice, qu'elle trouvera enfin le bonheur et une vraie raison de vivre sa vie comme elle le sent. 
Il y a d'ailleurs quelque chose d'infiniment fascinant dans le parallèle que fait James Cameron entre l'émancipation de Rose, sa désobéissance envers sa mère et la consommation physique de son amour pour Jack, et le destin funeste du paquebot à ce moment-là, comme si le choix de Rose, la décomposition métaphorique de son existence dans le luxe de la classe bourgeoise, devait se matérialiser physiquement, par la chute d'un monde : son monde. 

Copyright Twentieth Century Fox France


Une romance splendide mais frustrante puisque vouée à n'être pleinement vécu que dans l'éternité, une idée que n'aurait pas renié un certain William Shakespeare, tant l'histoire entre Jack et Rose convoque celle toute aussi tragique et compliquée, qui unissait Roméo et Juliette.
Une belle petite histoire enlacée dans l'une des plus grandes tragédies de l'humanité, rien de moins



Jonathan Chevrier

John Chevrier

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