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[CRITIQUE] : Amour Apocalypse


Réalisatrice : Anne Émond
Acteurs : Patrick Hivon, Piper Perabo, Connor Jessup,...
Distributeur : L'Atelier Distribution
Budget : -
Genre : Comédie, Romance.
Nationalité : Canadien.
Durée : 1h40min

Synopsis :
Propriétaire d'un chenil, Adam, 45 ans, est éco-anxieux. Via la ligne de service après-vente de sa toute nouvelle lampe de luminothérapie, il fait la connaissance de Tina. Cette rencontre inattendue dérègle tout : la terre tremble, les cœurs explosent... c'est l'amour !





Serait-ce les us et coutumes de la saison (comprendre : un hiver encore plus chargé que l'automne, en téléfilms romantiques de noël sirupeux, qui nous dirige vers la route tout en glucose de la Saint-Valentin) où un pur hasard du calendrier (pas du TOUT), mais pas une seule semaine où presque (on exagère à peine) ne se passe sans qu'une nouvelle comédie romantique ne pointe le bout de son nez dans une salle obscure, voire sur nos plateformes SVOD - plus où moins - adorés.

En tant que fans assumés du genre, on ne va clairement pas chier des bulles dans la soupe (c'est possible... tout dû moins, ça mérite une tentative), mais gageons que face à une homogénéisation, grandement accentuée par les propositions - majoritairement - jetables des diverses plateformes de streaming, de la comédie romantique moderne (à quelques exceptions près), il y a quelque chose de " presque " rassurant, dans l'idée de voir émerger quelques œuvres tentant de rompre un brin avec le tout commun, tout en ayant un semblant de propos politico-sociale dans sa besace, pour faire encore un poil plus la différence

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Et d'originalité, quand bien même il reste sensiblement marqué par ses influences (Short Cuts, Her,...), le nouveau long-métrage de la cinéaste québécoise Anne Émond, n'en manque pas sur le papier : une comédie romantique atypique - et à la mélancolie affirmée - sous fond de crise de la quarantaine carabinée, nouée autour de l'union entre un quarantenaire propriétaire d'un chenil, Adam (un Patrick Hivon particulièrement attachant), méchamment déprimé et angoissé par le changement climatique (une éco-anxiété aux angoisses totalement légitimes), et la rayonnante Tina (une Piper Perabo plus craquante que jamais), une employée pour la ligne de service après-vente de sa toute nouvelle lampe de luminothérapie, enfermée dans un mariage à la dérive.

Tout en douceur et en délicatesse (un sentiment renforcé par le tournage en 35 mm et la photographie cotonneuse d'Olivier Gossot), entre l'ode à la puissance de l'amour et la mise en garde sur le bouleversement qu'il implique, physique comme sentimental (avec des accents de drame familial, de comédie un poil potache et même de péloche pré-apo), Amour Apocalypse prend gentiment à rebours son auditoire, dans sa manière de se faire se confronter durement les attentes/fantasmes à la réalité, sans forcément perdre une once de son optimisme enchanteur.
On appelle ça un petit bonbon dont il serait bien dommage de se priver en ces temps méchamment morose...


Jonathan Chevrier