[CRITIQUE] : The Convert : Aux confins du monde
Réalisateur : Lee Tamahori
Acteurs : Guy Pearce, Tioreore Ngatai-Melbourne, Antonio Te Maioha, Jacqueline McKenzie,...
Distributeur : Condor Distribution
Budget : -
Genre : Acton, Aventure, Historique.
Nationalité : Néo-zélandais, Australien, Britannique.
Durée : 1h59min
Synopsis :
Nouvelle-Zélande, 1830. Au cœur d’un territoire maori ravagé par les guerres tribales, Thomas Munro cherche à fuir un passé sombre en s’enrôlant comme prêcheur dans la région. Mais dans ce monde où s’entrechoquent croyances, ambitions coloniales et luttes de pouvoir, il se retrouve pris dans un conflit qui le dépasse. Aux confins de ce nouveau continent se joue alors la survie d’un peuple et bien la sienne…
Il y a toujours un frisson particulier dans le fait de découvrir de manière posthume, l'ultime oeuvre d'un cinéaste qui, quand bien même on ne le porte pas forcément dans notre coeur (Meurs un autre jour cher lecteur, Meurs un autre jour...), a su nous accompagner tout au long de notre vie de cinéphiles.
Passé quelques années à avoir scrupuleusement su saboter en terres Hollywoodiennes, tout le bien que l'on pensait de lui depuis la claque L'âme du guerrier, feu le faiseur de rêves néo-zélandais Lee Tamahori, qui n'y a certes pas tourné que des boudins (entre un Next avec un Nicolas Cage à perruque sauvage, et un XXX² : The Next Level qui a voulu nous faire croire qu'Ice Cube était un action man crédible, on a quand-même eu droit a un chouette À Couteaux Tirés), avait opéré un retour aux sources salvateur avec The Patriarch/Manaha (beau drame familial au cœur des 60s), mais surtout The Convert : Aux confins du monde, flanqué au coeur de la Nouvelle-Zélande des années 1830 (une histoire nationale dont il s'inspire assez librement de faits avérés), période charnière et sanglante où l'arrivée des colons britanniques se heurte aux traditions ancestrales des tribus maories rivales, qui se disputent la suprématie.
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Dans ces terres tumultueuses marquées tout autant par la beauté incandescente de paysages incroyables (gravés dans le marbre de la pellicule par la superbe photographie de Gin Loane) que par la violence de conflits brutaux et sanglants, la caméra de Tamahori reste vissée aux basques d'un prédicateur mélancolique et laïc de profession, Munro (Guy Pearce, qui apporte de la nuance et du corps à son rôle de " sauveur blanc ", aux côtés d'un impressionnant Tioreore Ngatai-Melbourne), porté par un véritable esprit d'ouverture à l'autre comme par l'espoir sain de répandre un message de paix, qui va cependant vite se confronter à la vérité d'affrontements culturels brutaux et pétri de rancunes (mais aussi et surtout de sectarisme et de racisme de la part des colons), où l'humanité jaillit pourtant par éclats, même dans les actions les plus néfastes.
Sensiblement dans l'ombre du magnifique Killers of The Flower Moon de Martin Scorsese, dans son portrait saisissant de l'arrogance comme de la violence sourde de la colonisation (et des ravages, ici, de l'impérialisme britannique), qu'il double d'une exploration fascinante d'un pan méconnu de l'histoire locale, The Convert, qui manque sensiblement de peps dans son écriture (prévisible et manquant trop de profondeur et de finesse vu la complexité/richesse de son sujet), n'en reste pas moins un drame historique particulièrement immersif et authentique, l'ultime ligne d'une filmographie certes pleine d'asperités, mais qui mérite décemment sa révision emprunt d'une nostalgie jamais mal placée.
Jonathan Chevrier


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