Breaking News

[CRITIQUE] : Diamanti


Réalisateur : Ferzan Özpetek
Acteurs : Luisa Ranieri, Jasmine Trinca, Stefano Accorsi, Kasia Smutniak,...
Distributeur : Destiny Films
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Italien.
Durée : 2h15min

Synopsis :
Un réalisateur de renom réunit ses actrices préférées. Il leur propose de réaliser un film sur les femmes. Il les projette alors à Rome, dans les années 70, dans un magnifique atelier de couture pour le cinéma et le théâtre, dirigé par deux sœurs très différentes. Dans cet univers peuplé de femmes, le bruit des machines à coudre résonne, les passions et la sororité s’entremêlent…






Curieuse - mais néanmoins fascinante, évidemment - filmographie que celle du plus italien des cinéastes turques Ferzan Özpetek, dont la magie simple des premiers longs-métrages (Hammam, le bain turcTableau de famille,...) n'a jamais vraiment su se retrouver sur ses oeuvres dîtes de " confirmation ", sans doute - peut-être - parce que le cinéaste s'est vite retrouvé écrasé par les attentes/promesses placés en lui.

Passé un magnifique Pour Toujours, ode authentique et dénuée de tout sentimentalisme putassier, aux familles recomposées, au (bon) vivre ensemble et à la différence, mais également un excellent Nuovo Olimpo (exempté des salles et dégainé directement sur Netflix par chez nous), belle romance masculine dans la Rome des années 70 où le cinéma, comme la capitale italienne, était un personnage à part entière, il nous revient avec ce qui peut se voir, peut-être, moins comme une oeuvre somme (Pour Toujours l'est clairement), réunissant la sainte trinité de ses thématiques chères (l'amour, la maladie et la mort, toutes intimement liées), que la plus ambitieuse de sa carrière.

Copyright GREENBOO PRODUCTION_VISION DISTRIBUTION

Diamanti donc, fresque élégante et touchante sur une poignée d'âmes - parfois perdues - qui font vivre le septième art (mais pas que) sans jamais habiter l'écran, sur une poignée de femmes d'un magnifique atelier de couture pour le cinéma et le théâtre qui, tout en restant en marge du strass, des paillettes et des podiums, sont capable de créer la magie à partir de peu de choses, de sublimer le quotidien par de petits gestes délicats et précis, de transformer le conventionnel pour en faire de véritables oeuvres d'art.

L'importance capitale des coulisses plutôt que le vertige des projecteurs, le brouhaha des machines à coudre plus que l'artificialité du clap des appareils photos, dans une sorte d'union entre la comédie dramatique complice et le mélodrame purement italien, qui aborde avec sérieux ses thématiques difficiles (la dépression, la violence domestique, et plus largement, la violence faite aux femmes, cruellement d'actualité,...) tout autant qu'elle célèbre le pouvoir essentiel de la sororité (entre soutien, écoute et compréhension, même au sein d'une institution hiérarchisée).

Copyright GREENBOO PRODUCTION_VISION DISTRIBUTION

Une sacrée gymnastique, parfois maladroite dans sa manière d'être pensée autant comme un souvenir passionné et partagé qu'une mise en abîme fictionnelle, mais dont la justesse comme la légèreté incroyable (deux heures de bobines qui passent en un éclair), couplés à la formidable interprétation chorale de sa distribution (dominée par les magnifiques Luisa Ranieri et Jasmine Trinca), en font une balade suffisamment vivante et vibrante pour totalement mériter son pesant de pop-corn.


Jonathan Chevrier