[CRITIQUE] : Christy and his brother
Réalisateur : Brendan Canty
Acteurs : Danny Power, Diarmuid Noyes, Emma Willis, Cara Cullen,...
Distributeur : Pyramide Distribution
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Irlandais.
Durée : 1h34min
Synopsis :
Expulsé de sa famille d’accueil, Christy, 17 ans, débarque chez son demi-frère, jeune papa, qu’il connait peu. Ce dernier vit mal cet arrangement qu’il espère temporaire, mais Christy se sent vite chez lui, dans ce quartier populaire de Cork, se faisant des amis et renouant avec la famille de sa mère. Les deux frères vont devoir se confronter à leur passé tumultueux pour envisager un avenir commun.
Pour l'auteur de ses mots, qui ne s'est définitivement toujours pas remis de son rewatch (un peu trop) intense et tout frais de la mini-série Normal People (pas la meilleure résolution pour démarrer un début d'année sur une note feel good, soyons honnête... mais regardez-là), revenir aussi vite en terres irlandaises à un goût à la fois tendrement mélancolique et méchamment doux-amer, quand bien même il n'est pas question ici avec Christy and his brother de premier amour chaotique et passionné, même si l'adolescence et ses turbulences pas toujours contrôlées sont une nouvelle fois, en plein coeur des débats.
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| Copyright Pyramide Distribution |
Estampillé premier long-métrage du wannabe cinéaste irlandais Brendan Canty, beau drame familialo-rédempteur vissé sur les vicissitudes d'un jeune gamin - littéralement - à la croisée des chemins : Christy, dix-sept ans au compteur et un tas de soucis dans la besace, qui vient d'être foutu à la porte de sa famille d'accueil - flanqué dans une banlieue tranquille - et qui se voit obligé d'emménager chez son demi-frère aîné, Shane, fraîchement père de famille et qui vit dans un quartier populaire du nord de Cork (d'où vient le cinéaste, comme son scénariste Alan O’ Gorman, pas un hasard), dit frangin qui pense cette solution de substitution comme uniquement temporaire.
Sauf que Christy commence lentement mais sûrement à consolider l'espoir d'un avenir plus sain auprès de son ainé, à s'ouvrir aux mondes comme à se faire des amis...
Au fond, la citation et plus où moins comparaison, excessivement lointaine entendons-nous, faite plus haut avec Normal People n'était in fine pas si vaine (ni gratuite, quoique un petit rappel pour la découvrir ne mange pas de pain), dans le sens où ce premier effort brille tout autant par sa faculté de ne jamais tomber tête la première dans le mélodrame putassier (ni dans son exposition des liens fragiles des familles recomposées, ni dans son exploration pittoresque d'une communauté marginalisée et bouffée par la précarité, mais dont la solidarité et l'esprit d'entraide est plus fort que tout), que de jouer la carte d'une sobriété à toute épreuve, dans cette quête de rédemption/renaissance follement empathique d'un gamin ébranlé par la vie, qui revit et trouve enfin sa place aux côtés d'un demi-frère qui incarne le seul lien social et familial qui lui reste, dans un monde où il est considéré par quasiment les adultes comme un fardeau, et où il n'a aucune perspective - où presque - d'avenir.
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S'il est un brin conventionnel dans sa forme (une mise en scène familière mais cohérente avec son prisme, caméra à l'épaule et sans aspérités), Canty tisse néanmoins intelligemment toute l'émotion de son drame dans les petites touches d'humanité qui jaillissent et servent de socle vitale à ce simili-coming of age movie brut et subtil, qui dresse avec finesse le portrait intime d'une classe populaire irlandaise - économiquement et psychologiquement - brisée et consciemment marginalisée, à travers les aternoiments d'un gamin résigné et attachant (un impressionnant Danny Power) dont le comportement autodestructeur n'est que la résultante d'un parcours méchamment cabossé et sur lequel il n'a jamais réellement eu d'emprise, voire même d'un traumatisme intergénérationnel, un rejet et un désespoir qui se transmettent sans pouvoir être endigués.
Par chez nous, on appelle ça une petite pépite, rien de moins.
Jonathan Chevrier









