Jonathan

[TOUCHE PAS À MES 80ϟs] : #56. When Harry Met Sally

© Columbia Pictures/Everett Collection

Nous sommes tous un peu nostalgique de ce que l'on considère, parfois à raison, comme l'une des plus plaisantes époques de l'industrie cinématographique : le cinéma béni des 80's, avec ses petits bijoux, ses séries B burnées et ses savoureux (si...) nanars.
Une époque de tous les possibles où les héros étaient des humains qui ne se balladaient pas tous en collants, qui ne réalisaient pas leurs prouesses à coups d'effets spéciaux et de fonds verts, une époque où les petits studios (Cannon ❤) venaient jouer dans la même cour que les grosses majors légendaires, où les enfants et l'imaginaire avaient leurs mots à dire,...
Bref, les 80's c'était bien, voilà pourquoi on se fait le petit plaisir de créer une section où l'on ne parle QUE de ça et ce, sans la moindre modération.
Alors attachez bien vos ceintures, mettez votre overboard dans le coffre, votre fouet d'Indiana Jones et la carte au trésor de Willy Le Borgne sur le siège arrière : on se replonge illico dans les années 80 ! 





#56. Quand Harry Rencontre Sally de Rob Reiner (1989)

Avant que les aléas sentimentalo-comiques narrées par la plume inimitable et géniale de Simon Curtis, ne fasse du cinéma anglo-saxon, le maître de la comédie romantique racée et intelligente, s'était son cousin Hollywoodien qui gardait jalousement (et encore un peu aujourd'hui) la formule magique d'une bonne envolée qui charme autant les zygomatiques qu'il emballe les petits coeurs d'artichauts.
Et si les exemples de séductions fugaces sur pellicule sont légion, seules quelques péloches arrivent à s'imposer comme de véritables références intemporelles aux yeux des cinéphiles, et au panthéon du culte, When Harry Met Sally du duo Nora Ephron/Rob Reiner, est sans aucun doute l'un de ceux qui se partagent sans forcer, le trône de référence ultime du genre.


© Columbia Pictures/Everett Collection


Petit miracle de romcom dynamique et infiniment attachante, s'articulant autour d'un pitch aussi classique qu'il est efficace (un homme et une femme que tout oppose et qui se détestent, laisse le temps - et Cupidon - changer les choses avant devenir amis, puis amoureux l'un de l'autre), mais surtout d'une écriture incisive, faisant la part belle à ses personnages, Quand Harry Rencontre Sally parle aux spectateurs parce qu'il ne cherche jamais à prendre plus de hauteur que la sincérité des bons sentiments et de la simplicité qu'il partage.
Harry et Sally ne sont pas parfaits, ils ne sont supposément pas fait pour être ensemble (leur rencontre, entre théories sur la vie, la mort et tentative maladroite de séduction, met clairement en avant le tempo qui va les lier à jamais), ils ont leur défauts férocement horripilants (que la scénariste Ephron s'amuse a exagérer), mais ils se définissent complètement parce qu'ils sont (et ils ne changent pas, sauf légèrement l'un pour l'autre) et parviennent contre toute attente à s'apprécier puis s'aimer pour ce qu'ils sont, déjouant les apparences à tel point qu'il est presque impossible au fond, qu'ils trouvent meilleures chaussures à leur pieds tant leur romance, étalée sur douze ans, est d'une crédibilité à toute épreuve.


© Columbia Pictures/Everett Collection


En jouant constamment la carte de la comédie acidulée et décalée, titillant les défauts de ses héros autant que les passages obligés du genre (pour mieux les épouser au final, dans un happy end prévisible mais indispensable), au coeur d'une atmosphère à part, entre les dérives volubiles et théoriques de Woody Allen - le cadre New Yorkais en prime -, l'irrévérence savoureuse d'un Blake Edwards et le romantisme fleur bleue cher à l'âge d'or Hollywoodien; le film s'entête tout du long à ne jamais frontalement révolutionner la comédie romantique, pour finalement la révolutionner de fonds en comble avec une justesse rare, sous des faux airs de pastiche rarement égalé depuis (on pense au sympathique What If de Michael Dowse, qui lui offre un hommage appuyé).
Jamais niais (les observations sur la vie de couple, sont d'une clairvoyance géniale) ni hautain, sublimé par un Billy Crystal so Allenien (angoissé, droopy-esque et cynique en diable) et une Meg Ryan craquante à souhait (entre fausse candeur et vraie génie comique), dont le duo, à l'alchimie et au rythme incroyable, rend tous les dialogues très écrits savourement naturels dans leurs bouches; Quand Harry Rencontre Sally est un bonheur de comédie romantique mélancolique et avisée, qui fait corps avec son histoire et ses personnages (bien mis en valeur par la mise en scène fine et appliquée de Rob Reiner).

 
© Columbia Pictures/Everett Collection


Et si, cerise sur le gâteau, on y ajoute une pluie de séquences cultes (la fameuse scène de l'orgasme simulée au restaurant) et une bande originale absolument au poil, point besoin de dire plus de mots pour justifier la grandeur de ce petit bout de cinéma un chouïa piquant mais sincèrement émouvant, l'une des meilleures romances de l'histoire du cinéma ricain (et même du cinoche tout court)...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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