Chroniques

[FUCKING SÉRIES] : Jessica Jones saison 2 : Queen of Manhattan


(Critique - avec spoilers - des premières épisodes de la seconde saison)



Certes un poil en dessous de la référence Daredevil (qui aura su à lui seul, ringardiser tous les shows super-héroïques toutes chaînes confondues), mais avec plusieurs coudées d'avance sur ses amis The Defenders Luke Cage et Iron Fist (surtout), la première - et solide - salve d'épisodes de la série Jessica Jones nous avait autant étonnement séduit (parce qu'elle ne ressemblait à aucune autre série du genre) que fait tomber in love de l'héroïne du même nom, super nana un brin alcoolique, solitaire et cynique, au passé compliqué et douloureux - et le mot est faible -; une VRAIE figure féminine émouvante et forte, une survivante impulsive de la dureté de la vie campée à la perfection par une Krysten Ritter captant à merveille l'essence même du personnage.



Et si l'on pouvait reprocher quelques maladresses/longueurs dans la construction de la première saison, sorte de jeu du chat et de la souris souvent complexe entre J.J et le vilain Kilgrave (formidable David Tennant, qui volait le show à chaque présence) tout droit sortie d'un film noir de l'âge d'or Hollywoodien s'offrant le luxe d'aborder des sujets puissants et inédits (le trouble de stress post-traumatique, le viol, la manipulation toxique masculine dont le traitement juste et nuancé à un impact encore plus fort aujourd'hui après l'affaire Weinstein...), autant l'avouer tout de suite : on attendait avec une impatience non feinte cette seconde saison, qui aura mis deux bonnes années bien tassées avant de pointer le bout de son nez.
Mais gageons que, même si elle n'atteint pas la maestria de son aînée (comment faire plus puissant et imposant que l'arc Kilgrave en même temps...), cette longue attente aura valu un minimum la peine.



On y suit une Jessica toujours aussi captivante et empathique, une femme en souffrance qui doit reconstruire sa vie après s'être enfin débarrassée de son démon violacé et télépathe.
Une héroïne populaire (en deux ans, elle a gagné une réputation de " super tueuse " à New-York) qui désire aller de l'avant sans être écrasé par le boulet qui lui sert de passé, et qui semble bien plus enclin à s'ouvrir aux autres et laisser - un peu - parler sa vulnérabilité.
Un changement d'attitude (qui ne l'empêche pas pour autant, de continuer à se frictionner avec sa BFF Trish, plus important cette saison tant elle pousse Jessica à renouer avec son trauma) qui s'accompagne instinctivement d'un changement d'atmosphère pour le show, plus " lumineux " que lors des premiers sombres épisodes (pas trop non plus, nous restons tout de même à Hell's Kitchen); même les pouvoirs et l'humour de la série ressortent grandit de cette adoucissement de ton - en apparence.



Sans grand vilain majeur - le grand manque du show -, majoritairement tourné vers le passé de son héroïne et la tentative de dévoiler le mystère entourant ses pouvoirs, tout en s'échinant à nous faire découvrir une autre facette de plusieurs personnages que l'on pensait pourtant connaître, construit crescendo comme la seconde saison de Daredevil, avec une tension constante et un propos encore une fois infiniment riche (questionnant notamment, comme DD, la moralité du statut de superhéros et les conséquences de l'usage de ses pouvoirs), sans pour autant brader son aspect de " série détective "; Jessica Jones saison 2, évidemment pas dénué de quelques longueurs (la maladie des shows Netflix) et d'un rythme en dents-de-scie, n'en est pas moins un joli petit moment de télévision pour un show intimiste et moderne qui n'a rien perdu de son pouvoir de fascination.


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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