Arifin Putra

[CRITIQUE] : The Raid 2


Réalisateur : Gareth Evans
Acteurs : Iko Uwais, Arifin Putra, Julie Estelle, Yahan Ruhian,...
Distributeur : The Joker/ Le Pacte
Budget : -
Genre : Action, Arts-Martiaux.
Nationalité : Indonésien.
Durée : 2h30min.

Synopsis :
Après un combat sans merci pour s’extirper d’un immeuble rempli de criminels et de fous furieux, laissant derrière lui des monceaux de cadavres de policiers et de dangereux truands, Rama, jeune flic de Jakarta, pensait retrouver une vie normale, avec sa femme et son tout jeune fils…. Mais il se trompait. On lui impose en effet une nouvelle mission : Rama devra infiltrer le syndicat du crime, où coexistent dans une sorte de statu quo mafia indonésienne et yakusas. Sous l’identité de « Yuda », un tueur sans pitié, il se laisse jeter en prison afin d’y gagner la confiance d'Uco, le fils d'un magnat du crime indonésien - son ticket d’entrée pour intégrer l’organisation. Sur fond de guerre des gangs, il risquera sa vie dans un dangereux jeu de rôle destiné à porter un coup fatal à l’empire du crime.



Critique :

Avec force et talent, le nerveux et surprenant The Raid : Redemption premier du nom s'est imposé dans la psyché des cinéphiles endurcis, comme ce que le cinéma d'action avait fait de mieux durant les années 2000, outre les jolies aventures des musclors de la série B dans la franchise The Expendables.

Percutant, violent et surtout rythmé à l'adrénaline, cette déferlante d'action sans équivalence - ou alors très peu - permit de faire connaitre au monde entier aussi bien le génie de la mise en scène de son réalisateur, le gallois très doué Gareth Evans, que la présence aussi empathique que charismatique de son interprète vedette, Iko Uwais, prodige du pencak silat que l'on a eu le plaisir de retrouver depuis dans l'excellent Man of Tai Chi de Keanu Reeves.

Preuve sur pellicule que le cinéma Indonésien à lui aussi son mot à dire dans le septième art mondial avec ses productions détonantes et peu couteuses, The Raid s'est donc très vite transformé en une franchise avec The Raid 2 : Berandal, suite directe avec toujours Iko Uwais en vedette, et Evans derrière la caméra.

Et en attendant de voir ce que les États-Unis préparent comme remake de Redemption, on était méchamment en droit de se demander si le jeune cinéaste - qui avait cette fois les coudées franches - allait nous offrir une copie calque efficace du premier (comme tout second opus de franchise lambda à l'heure actuelle) ou si, aussi ambitieux qu'il en à l'air, il allait nous balancé à la face un uppercut encore plus imposant, en dépassant une nouvelle fois les limites du cinéma d'action.


Dès les premières minutes de ses deux heures trente - et loin d'être longue - de péloche, le constat est sans appel, plus qu'une suite qui dépasse de la tête et des épaules le film original, Berandal est ni plus ni moins que l'un des plus jouissif, sanglant et bandant action movie de tous les temps (au même titre que Piège de Cristal, Une Journée en Enfer ou T2 par exemple), un chef d’œuvre absolu dont il est difficile de ne pas avoir envie de le mater en boucle et en boucle après sa vision.

Il ne faut pas chercher plus loin, le film de l'été se trouve bel et bien ici...

Via une intrigue intimement liée au premier opus (ce second opus devait d'ailleurs être, pendant un temps, le premier épisode de la trilogie), The Raid 2 démarre d'ailleurs presque là ou le film précédent s'était arrêté.

Soit après un combat sans merci pour s’extirper d’un immeuble rempli de criminels et de fous furieux, laissant derrière lui des monceaux de cadavres de policiers et de dangereux truands, on retrouve Rama, jeune flic de Jakarta, qui pensait retrouver une vie normale, avec sa femme et son tout jeune fils.


Mais il se trompait. On lui impose en effet une nouvelle mission : Rama devra infiltrer le syndicat du crime, où coexistent dans une sorte de statu quo mafia indonésienne et yakusas. Sous l’identité de « Yuda », un tueur sans pitié, il se laisse jeter en prison afin d’y gagner la confiance d’Uco, le fils d’un magnat du crime indonésien – son ticket d’entrée pour intégrer l’organisation.

Sur fond de guerre des gangs électrique, il risquera sa vie dans un dangereux jeu de rôle destiné à porter un coup fatal à l’empire du crime Indonésien.

Transcendant pleinement le huit-clos limité et tendu original, le film voit encore plus grand et gagne en puissance dans un monde de la pègre à Jakarta totalement ouvert, vaste et aux multiples unités de lieux.
Un passage au niveau supérieur à couper le souffle qui laisse place à un nombre de combats affolants impliquant une pléthore de participants (sans ne jamais paraitre brouillon), des courses-poursuites délirantes et haletantes comme à la belle époque de French Connection, mais surtout une pluie de coups qui font mal et dont on ressent douloureusement et physiquement, la douleur.

Mieux, si le scénario du premier film (son seul vrai défaut) paraissait hautement simpliste - voir même simple prétexte à filmé des fights hallucinant -, The Raid 2 s'est pourvu d'un récit plus construit et d'une histoire nettement plus ambitieuse et mature, avec un nombre plus important de personnages (certains paraissent parfois superflus) et un univers mafieux incroyablement dense - certes déjà-vu ailleurs mais bon -, ou les vieux parrains, leurs rejetons et les jeunes loups tentent de se partager les territoires à coups de gué-guerres savoureusement sanglantes.


Derrière la caméra, Gareth Evans s'impose littéralement comme un cinéaste inventif capable de tout filmer sans la moindre difficulté, sa caméra se déplaçant partout ou presque (d'une cour de pénitencier boueuse à un entrepôt siège de films SM, d'une rame de métro aux cuisines d'un restaurant et même les routes de la ville de Jakarta), avec une fluidité, une lisibilité et une justesse dans l'action frisant méchamment avec l'indécence.

Il donne une vraie leçon de cinéma, à coups de longs plans séquences et de scènes d'affrontements filmés sans temps morts et encore moins de contre-champs (on se demande même par quel ingéniosité il filme ses passages sanglants sans que l'on est l'impression qu'il est passé des heures en salles de montages pour rendre le tout crédible), et démontre un respect sans borne pour les performances martiales et la complexité de leurs enchainements.

Western urbain détonnant et violent (Kitano's style), habile mélange entre l'action frontale et réaliste (comme à l'ancienne, Woo's style) et le drame à portée Shakespearienne - malgré quelques lenteurs obligatoire sur deux heures et demie de bande -, film de gangsters et d'infiltration citant joliment la référence ultime du genre - le hongkongais Infernal Affairs -, et dont la folie visuelle convoque inlassablement les mangas nippons (voir même les cinémas des géniaux Quentin Tarantino et Nicolas Winding Refn), The Raid 2 : Berandal est un métrage total et passionnant, d'une ouverture un poil brouillonne jusqu'à un final en apothéose, magnifié par des affrontements dantesque et une ultime scène bouleversante ou le héros, qui tient à peine debout, dit qu'il n'en peut plus et qu'il ne désire qu'une seule chose, rentrer chez lui.


Toujours dans la peau du loyal et courageux (le mot est faible) Rama, Iko Uwais - terriblement cinégénique -, crève une fois de plus l'écran en flic infiltré habile et empathique, dont la détermination pour mener à bien sa longue mission force intimement le respect.

Yayan Ruhian - déjà du premier film - est inexplicablement de retour via un passage éclair (mais pas forcément utile, on est d'accord) en assassin implacable, et on retrouve également avec plaisir au casting, les excellents Kenichi Endo (acteur fétiche de Takashi Miike), Ryuhei Matsuda et la jolie Julie Estelle.

Bouillant, généreux, intense, froid, violent, extrême, mature, maitrisé et follement jouissif (oui, tout ça à la fois et même bien plus encore), il surpasse en tout point son prédécesseur en incarnant quasiment ou presque, un pur chef d’œuvre.

Si il était prédit que l'on parlerait de la qualité de The Raid 2 pendant longtemps, c'est assez fou de se dire qu'on est finalement, assez loin de la vérité tant il incarnera, indiscutablement, un classique presque orgasmique du cinéma d'action pendant - au minimum - plusieurs décennies.


Quand à lui, Gareth Evans s'offre un aller-simple sans retour pour la cour des grands cinéastes qui l'ont influencé - Peckimpah, Kitano, Woo et McTiernan en tête -, et balance, par la même occasion, un gros doigt d'honneur bien gras à une Hollywood qui aura bien du mal à offrir un remake aussi riche et réussi que son film, car il ne fait sans aucun doute qu'on le démarchera sous peu pour en acquérir les droits.

Du beau et pur cinéma burné bluffant et divertissant avec de l'âme et du cœur à l'intérieur, bref tout ce qu'on aime, tout simplement.


Jonathan Chevrier

John Chevrier

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