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[CRITIQUE] : My Summer with Irene



Réalisateur : Carlo Sironi
Acteurs : Noée Abita, Maria Camilla Brandenburg, Claudio Segaluscio,...
Distributeur : June
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Italien, Français.
Durée : 1h31min.

Synopsis :
Italie 1997. Clara et Irene, 17 ans, s’enfuient ensemble sur une île de Sicile pour vivre leur été en toute liberté, et se cacher d’une réalité qu’elles veulent oublier.




L'adolescence est une période si complexe et insaisissable où tout - littéralement - se bouscule et se transforme, que le septième art n'aura de cesse d'en faire un terrain (avec plus où moins de profondeur selon les ambitions, certes) à analyser, à défricher pour tenter d'en capturer la substantifique moelle qui touchera le spectateur au plus près de sa chair, dans une forme d'empathie matinée de nostalgie/mélancolie que seule les récits initiatiques/d'apprentissages savent susciter.

Pas le dernier représentant du genre en salles (Une année italienne de Laura Samani, À bras-le-corps (Silent Rebellion) de Marie-Elsa Sgualdo et Blue Heron de Sophy Romvari, sont sortis il y a quelques jours/semaines), My Summer With Irene, estampillé second long-métrage du cinéaste Carlo Sironi, apporte modestement sa pierre à l'édifice en tentant de percer à son tour les vérités psychologiques, existentielles et émotionnelles de deux adolescentes confrontés de plein fouet à la fugacité de l'existence, à la fragilité d'un corps pourtant beaucoup trop jeune pour être sur le déclin, trop jeune pour les abandonner alors qu'elles ont encore tout à vivre et découvrir.

Copyright Carlo Sironi / ITA, FRA 2024, Generation / June Films

Soit Clara et Irène (un joli tandem Maria Camilla Brandenburg/Noée Abita) qui, sous le soleil écrasant d'un mois d'août 1997 en Sicile, tissent des liens d'amitiés forts quand bien même elles sont deux adolescentes totalement dissemblables - l'une est réservée et solitaire, l'autre sensiblement plus aventureuse et effrontée -, mais unies par la peur d'une maladie qui semblait vaincue mais plane encore dangereusement sur leur vie et leur avenir.
Inséparables, elles décident de s'évader ensemble pour enfin vivre la futilité de l'adolescence et des vacances - les rencontres comme les joies de se dorer la pillule -, de tromper la dureté de l'existence pour profiter d'une liberté à l'écart du tumulte d'un quotidien désespéré et désespérant.

Chronique d'une évasion estivale contemplative - presque suspendue dans le temps - et éphémère sensiblement dans l'ombre sauvage du cinéma d'André Téchiné, où le cinéaste cherche moins à capturer les souffrances intimes de ses héroïnes (subtilement traités, sans qu'elles n'obscurcissent le récit) qu'à les observer s'ouvrir l'une à l'autre et au monde dans un mélange de poésie et de retenue.
Imparfaite certes, mais une chouette balade néanmoins.


Jonathan Chevrier