[CRITIQUE] : Les 100 nuits de Héro
Réalisatrice : Julia Jackman
Avec : Emma Corrin, Maika Monroe, Nicholas Galitzine, Charli XCX, Felicity Jones,...
Distributeur : Paramount + France / Originals Factory
Budget : -
Genre : Fantastique, Romance.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h32min.
Synopsis :
Manfred parie avec son ami Jérôme qu'il peut séduire sa femme, Cherry, en 100 nuits. S'il gagne, il obtiendra le château de Jérôme et toutes ses richesses, tandis que Cherry sera exécutée.
Adaptation du roman 100 Nights of Hero d'Isabel Greenberg.
Si les codes conventionnelles du conte de fées impliquent voire même dictent qu'une princesse doit être en détresse pour mieux être probablement sauvée par un homme fringant - possiblement prince pour bien faire les choses -; le regard moderne de nombreuses itérations contemporaines a pu subvertir un brin ce rôle et bousculer les choses, pour le meilleur et pour le pire.
Autant dire donc que passé les (trop) nombreuses productions Disney-esques et Netflixiennes ont été gentiment impatient d'en voir une déclinaison résolument plus mature, dans ses thématiques comme dans sa facture formelle, et le second long-métrage de la cinéaste britannique Julia Jackman, semblait tout désigné pour combler nos attentes : 100 Nights of Hero aka Les 100 nuits de Héro par chez nous, pur morceau de fantasy fantastico-médiévalo-dystopique et queer adapté du roman graphique éponyme d'Isabel Greenberg (qui ne cache jamais son inspiration des Mille et Une Nuits), dont l'univers s'avérait suffisamment coton pour titiller mignon notre intérêt, comme la thématique pivot en son coeur (l'impossibilité, toujours actuelle dans de nombreuses nations, des femmes à être totalement maîtresses de leurs corps et de leurs existences).
Imaginez un monde parallèle profondément patriarcale et gouverné par un despote, coincé au coeur d'un épisode de Game of Thrones sauce The Handmaid's Tales, où les femmes n'ont ni le droit de lire ni d'écrire, tout juste à peine d'être des épouses dociles et uniquement dévouées à la procréation - sous peine d'être exécutée si elle n'offre pas de progéniture -, devant une soumission totale et sans réserve à leur époux.
Une société où une poignée d'entre-elles diffusent oralement les récits puissants de celles qui ont osé défier l'autorité, pour tenter d'embrasser une liberté chimérique; une société où la belle Cherry, malheureuse en ménage avec son abruti de mari, Jerome, est dans l'obligation de lui donner un héritier d'ici une certaine de nuits, sous peine de ne plus jamais voir le jour.
Un destin dont se contrefout son mari, au point de le voir tester sa fidélité en pariant son château avec son BFF, Manfred, assuré que celui-ci n'arrivera pas à la séduire d'ici la deadline des cent jours.
Une jeune femme désespérée qui n'a que pour seule lueur d'espoir sa servante, dame de compagnie futée et amie qui, grâce à ses récits (parce qu'elle est également membre d'une société secrète de conteurs, sacré C.V.), est prête à contrecarrer les plans de Manfred et a le distraire pour sauver sa dame (si elle succombe à ses avances, elle sera condamnée pour sa tromperie; si elle résiste, elle sera condamnée pour ne pas être enceinte), avec qui elle noue une relation de plus en plus forte...
Promesse d'un récit puzzle entre romance interdite/queer à la frontière de l'imaginaire, relecture satirico-moderne et ode féministe sous fond de conscience de soi/émancipation incisive et d'influences multiples (en partie Kubrickienne, jusque dans l'omniprésence de sa voix-off), le film, plus décevant que raté et ennuyeux, laisse in fine sur sa faim son spectateur; odyssée douce-amère méchamment conformiste à la structure redondante totalement vampirisée par son propre concept (un enchevêtrement bordélique de récits/sketchs dans la narration au présent, qui annihile sa dynamique comme son intérêt pour un auditoire vite largué), qui se perd autant dans l'infantilisation de son propos et de sa dramaturgie (surlignant par un dialogue plombant, tout ce que sa mise en scène rigide se devait d'assurer subtilement), que dans un manque cruel de fougue et d'envie à l'écran (malgré l'implication totale de sa distribution, qui font des miracles avec des personnages taillés à la serpe).
Dommage, tant ses contours de tragédie jacobéenne, de ses décors à ses costumes méticuleusement somptueux qui n'ont pas besoin de forcer leur accent onirique, couplés à une ironie totalement consciente de ses exagérations et de son impertinence, mais aussi à une exploration plus affûtée de ses thématiques et de leur sous-texte, auraient pu accoucher d'une sacrée séance mémorable.
Mais cela fait beaucoup de « si », pour qu'une magie opère sans accroc...
Jonathan Chevrier
Avec : Emma Corrin, Maika Monroe, Nicholas Galitzine, Charli XCX, Felicity Jones,...
Distributeur : Paramount + France / Originals Factory
Budget : -
Genre : Fantastique, Romance.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h32min.
Synopsis :
Manfred parie avec son ami Jérôme qu'il peut séduire sa femme, Cherry, en 100 nuits. S'il gagne, il obtiendra le château de Jérôme et toutes ses richesses, tandis que Cherry sera exécutée.
Adaptation du roman 100 Nights of Hero d'Isabel Greenberg.
Si les codes conventionnelles du conte de fées impliquent voire même dictent qu'une princesse doit être en détresse pour mieux être probablement sauvée par un homme fringant - possiblement prince pour bien faire les choses -; le regard moderne de nombreuses itérations contemporaines a pu subvertir un brin ce rôle et bousculer les choses, pour le meilleur et pour le pire.
Autant dire donc que passé les (trop) nombreuses productions Disney-esques et Netflixiennes ont été gentiment impatient d'en voir une déclinaison résolument plus mature, dans ses thématiques comme dans sa facture formelle, et le second long-métrage de la cinéaste britannique Julia Jackman, semblait tout désigné pour combler nos attentes : 100 Nights of Hero aka Les 100 nuits de Héro par chez nous, pur morceau de fantasy fantastico-médiévalo-dystopique et queer adapté du roman graphique éponyme d'Isabel Greenberg (qui ne cache jamais son inspiration des Mille et Une Nuits), dont l'univers s'avérait suffisamment coton pour titiller mignon notre intérêt, comme la thématique pivot en son coeur (l'impossibilité, toujours actuelle dans de nombreuses nations, des femmes à être totalement maîtresses de leurs corps et de leurs existences).
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| Copyright IFC Films / Paramount + France / Originals Factory |
Imaginez un monde parallèle profondément patriarcale et gouverné par un despote, coincé au coeur d'un épisode de Game of Thrones sauce The Handmaid's Tales, où les femmes n'ont ni le droit de lire ni d'écrire, tout juste à peine d'être des épouses dociles et uniquement dévouées à la procréation - sous peine d'être exécutée si elle n'offre pas de progéniture -, devant une soumission totale et sans réserve à leur époux.
Une société où une poignée d'entre-elles diffusent oralement les récits puissants de celles qui ont osé défier l'autorité, pour tenter d'embrasser une liberté chimérique; une société où la belle Cherry, malheureuse en ménage avec son abruti de mari, Jerome, est dans l'obligation de lui donner un héritier d'ici une certaine de nuits, sous peine de ne plus jamais voir le jour.
Un destin dont se contrefout son mari, au point de le voir tester sa fidélité en pariant son château avec son BFF, Manfred, assuré que celui-ci n'arrivera pas à la séduire d'ici la deadline des cent jours.
Une jeune femme désespérée qui n'a que pour seule lueur d'espoir sa servante, dame de compagnie futée et amie qui, grâce à ses récits (parce qu'elle est également membre d'une société secrète de conteurs, sacré C.V.), est prête à contrecarrer les plans de Manfred et a le distraire pour sauver sa dame (si elle succombe à ses avances, elle sera condamnée pour sa tromperie; si elle résiste, elle sera condamnée pour ne pas être enceinte), avec qui elle noue une relation de plus en plus forte...
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| Copyright IFC Films / Paramount + France / Originals Factory |
Promesse d'un récit puzzle entre romance interdite/queer à la frontière de l'imaginaire, relecture satirico-moderne et ode féministe sous fond de conscience de soi/émancipation incisive et d'influences multiples (en partie Kubrickienne, jusque dans l'omniprésence de sa voix-off), le film, plus décevant que raté et ennuyeux, laisse in fine sur sa faim son spectateur; odyssée douce-amère méchamment conformiste à la structure redondante totalement vampirisée par son propre concept (un enchevêtrement bordélique de récits/sketchs dans la narration au présent, qui annihile sa dynamique comme son intérêt pour un auditoire vite largué), qui se perd autant dans l'infantilisation de son propos et de sa dramaturgie (surlignant par un dialogue plombant, tout ce que sa mise en scène rigide se devait d'assurer subtilement), que dans un manque cruel de fougue et d'envie à l'écran (malgré l'implication totale de sa distribution, qui font des miracles avec des personnages taillés à la serpe).
Dommage, tant ses contours de tragédie jacobéenne, de ses décors à ses costumes méticuleusement somptueux qui n'ont pas besoin de forcer leur accent onirique, couplés à une ironie totalement consciente de ses exagérations et de son impertinence, mais aussi à une exploration plus affûtée de ses thématiques et de leur sous-texte, auraient pu accoucher d'une sacrée séance mémorable.
Mais cela fait beaucoup de « si », pour qu'une magie opère sans accroc...
Jonathan Chevrier



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