[CRITIQUE] : Enola Holmes 3
Réalisateur : Philip Barantini
Avec : Millie Bobby Brown, Louis Partridge, Henry Cavill, Helena Bonham Carter,....
Distributeur : Netflix France
Budget : -
Genre : Aventure, Famille, Historique, Policier.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h45min.
Synopsis :
L’aventure entraîne la détective Enola Holmes jusqu’à Malte, où aspirations personnelles et ambitions professionnelles s’entrechoquent au cœur d’une affaire plus complexe et plus périlleuse que toutes celles qu’elle a affrontées jusqu’ici.
Simpliste en surface - les défauts de sa structure YA - mais un poil plus riche quant on gratte un brin les thèmes en son coeur (les droits des femmes, l'égalité des sexes, la toxicité dans le milieu professionnel, la quête d'automatisation féminine complètement à contre-courant de l'époque,...), la franchise Enola Holmes n'a jamais eu vocation à être mémorable ni original, mais bien d'incarner une sorte de Young Indiana Jones sauce victorienne (on aurait aimé dire un cousin éloigné du formidable Le Secret de la Pyramide, mais on en est loin), inspirée de la petite série de romans éponymes de Nancy Springer.
Une saga totalement consciente d'elle-même mais néanmoins rafraîchissante sur de nombreux aspects, servant de véhicule pour gonfler le statut de superstar de sa vedette maison (qu'elle est, cruellement, la seule à faire tourner depuis un bon moment maintenant), Millie Bobby Brown, qui trouvait un costume à sa mesure dans celui de la petite dernière de la famille Holmes, résolument plus courageuse et espiègle (mais aussi plutôt à l'aise avec son auditoire tant le quatrième mur est régulièrement fissuré, une habitude que le cinéaste Harry Bradbeer - réalisateur du premier opus - a vraisemblablement ramené de la merveilleuse Fleabag, dont il avait signé plusieurs épisodes) que ses deux grands frangins.
#№#
Troisième film en six ans (une seconde suite tournée quatre ans après la précédente - et cela se sent -, et qui n'exclut absolument pas l'idée d'être suivi par une troisième à l'avenir), Enola Holmes 3 (pourquoi s'emmerder ?), heureusement plus court que ses aînés, s'affiche sans trembler comme l'opus le plus fragile de la trilogie, tant il ne cherche jamais à masquer la vacuité d'une aventure qui ne sait plus véritablement quoi faire dérailler son héroïne, dont le capital sympathie s'étiole d'épisode en épisode (comme son actrice vedette, dont la spontanéité a pris un sacré coup de plomb dans l'aile, la faute à un jeu de plus en en plus robotique et sans âme).
Déplaçant son action de la Grande-Bretagne à une Malte sous domination coloniale britannique, où Enola est censé y épouser son fiancé, le mou de la fesse gauche Tewkesbury, alors qu'elle se questionne déjà sur sa liberté d'enquetrice - et de jeune femme - potentiellement étriquée en tant qu'épouse de famille noble dans l'Angleterre victorienne; la narration délaisse la légèreté de l'adolescence pour la complexité artificielle d'un âge adulte à travers une intrigue qui se revendique plus mature (un propos qui se rêve percutant sur le colonialisme), complexe (Sherlock s'est fait kidnapper, et il n'y a pas besoin de tourner autout du pot pour découvrir par qui) et romantico-sirupeuse, mais n'a de cesse de se débattre avec une mise en scène pachydermique, un montage frénétique et une écriture sans envie (qui ne croît pas en ce qu'elle raconte, et encore moins en ses personnages), auxquels répondent une distribution oscillant entre le cabotinage mignon et la rigidité frustrante.
Plus qu'un ennui poli, au-delà des maigres satisfactions qui peuplaient déjà les opus précédents (une Helena Bonham Carter qui s'éclate comme jamais, et dont la seule présence fait des miracles), Enola Holmes 3 semble avoir perdu tout le dynamisme comme toute la fougue inhérente à son héroïne comme à sa propre saga, et ne dépasse jamais les contours grossiers d'une suite générique qui ne s'échine même pas à vouloir être plus qu'une séance oubliable pour son auditoire.
Ou comment inciter à se plonger dans la (très) chouette série Young Sherlock, sans même avoir besoin de la citer...
Jonathan Chevrier
Avec : Millie Bobby Brown, Louis Partridge, Henry Cavill, Helena Bonham Carter,....
Distributeur : Netflix France
Budget : -
Genre : Aventure, Famille, Historique, Policier.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h45min.
Synopsis :
L’aventure entraîne la détective Enola Holmes jusqu’à Malte, où aspirations personnelles et ambitions professionnelles s’entrechoquent au cœur d’une affaire plus complexe et plus périlleuse que toutes celles qu’elle a affrontées jusqu’ici.
Simpliste en surface - les défauts de sa structure YA - mais un poil plus riche quant on gratte un brin les thèmes en son coeur (les droits des femmes, l'égalité des sexes, la toxicité dans le milieu professionnel, la quête d'automatisation féminine complètement à contre-courant de l'époque,...), la franchise Enola Holmes n'a jamais eu vocation à être mémorable ni original, mais bien d'incarner une sorte de Young Indiana Jones sauce victorienne (on aurait aimé dire un cousin éloigné du formidable Le Secret de la Pyramide, mais on en est loin), inspirée de la petite série de romans éponymes de Nancy Springer.
Une saga totalement consciente d'elle-même mais néanmoins rafraîchissante sur de nombreux aspects, servant de véhicule pour gonfler le statut de superstar de sa vedette maison (qu'elle est, cruellement, la seule à faire tourner depuis un bon moment maintenant), Millie Bobby Brown, qui trouvait un costume à sa mesure dans celui de la petite dernière de la famille Holmes, résolument plus courageuse et espiègle (mais aussi plutôt à l'aise avec son auditoire tant le quatrième mur est régulièrement fissuré, une habitude que le cinéaste Harry Bradbeer - réalisateur du premier opus - a vraisemblablement ramené de la merveilleuse Fleabag, dont il avait signé plusieurs épisodes) que ses deux grands frangins.
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| Copyright Netflix |
Troisième film en six ans (une seconde suite tournée quatre ans après la précédente - et cela se sent -, et qui n'exclut absolument pas l'idée d'être suivi par une troisième à l'avenir), Enola Holmes 3 (pourquoi s'emmerder ?), heureusement plus court que ses aînés, s'affiche sans trembler comme l'opus le plus fragile de la trilogie, tant il ne cherche jamais à masquer la vacuité d'une aventure qui ne sait plus véritablement quoi faire dérailler son héroïne, dont le capital sympathie s'étiole d'épisode en épisode (comme son actrice vedette, dont la spontanéité a pris un sacré coup de plomb dans l'aile, la faute à un jeu de plus en en plus robotique et sans âme).
Déplaçant son action de la Grande-Bretagne à une Malte sous domination coloniale britannique, où Enola est censé y épouser son fiancé, le mou de la fesse gauche Tewkesbury, alors qu'elle se questionne déjà sur sa liberté d'enquetrice - et de jeune femme - potentiellement étriquée en tant qu'épouse de famille noble dans l'Angleterre victorienne; la narration délaisse la légèreté de l'adolescence pour la complexité artificielle d'un âge adulte à travers une intrigue qui se revendique plus mature (un propos qui se rêve percutant sur le colonialisme), complexe (Sherlock s'est fait kidnapper, et il n'y a pas besoin de tourner autout du pot pour découvrir par qui) et romantico-sirupeuse, mais n'a de cesse de se débattre avec une mise en scène pachydermique, un montage frénétique et une écriture sans envie (qui ne croît pas en ce qu'elle raconte, et encore moins en ses personnages), auxquels répondent une distribution oscillant entre le cabotinage mignon et la rigidité frustrante.
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| Copyright Netflix |
Plus qu'un ennui poli, au-delà des maigres satisfactions qui peuplaient déjà les opus précédents (une Helena Bonham Carter qui s'éclate comme jamais, et dont la seule présence fait des miracles), Enola Holmes 3 semble avoir perdu tout le dynamisme comme toute la fougue inhérente à son héroïne comme à sa propre saga, et ne dépasse jamais les contours grossiers d'une suite générique qui ne s'échine même pas à vouloir être plus qu'une séance oubliable pour son auditoire.
Ou comment inciter à se plonger dans la (très) chouette série Young Sherlock, sans même avoir besoin de la citer...
Jonathan Chevrier



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