[CRITIQUE] : Le Héros de Berlin
Réalisateur : Wolfgang Becker
Acteurs : Charly Hübner, Christiane Paul, Leon Ullrich,...
Distribution : Paname Distribution
Budget : -
Genre : Comédie dramatique.
Nationalité : Allemand.
Durée : 1h53min
Synopsis :
Micha Hartung, propriétaire d'un vidéoclub berlinois au bord de la faillite, voit sa vie basculer : à l'occasion du 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin un journaliste le présente comme le cerveau d'une évasion massive historique de la RDA. Devenu un héros malgré lui, il se retrouve pris dans un engrenage de semi-vérités et de mensonges éhontés.
Avant même de se focaliser sur les tenants même de l'intrigue au coeur du long-métrage, il y a une profonde tristesse qui habite ce qui est appelé à incarner le dernier long-métrage de feu Wolfgang Becker, Le Héros de Berlin (achevé par Achim von Borries), cinéaste que l'on avait tous découvert au détour de l'excellent Good Bye, Lenin!, au même titre qu'un Daniel Brühl qui avait vu sa carrière exploser par la suite.
Et il y a une sorte de boucle qui se boucle justement, avec ce film postume - adapté du roman éponyme de Maxim Leo -, qui prend lui aussi pour fond, la chute du mur de Berlin et l'idée de tromperie générale, ici non pas à travers le cadre intime d'un môme cachant à sa mère, férocement investie dans la vie sociale du régime communiste, la chute du mur de Berlin et les bouleversements majeurs du pays, par peur qu'elle soit victime d'un nouvel infarctus; mais celui d'un gentil « bonimenteur » et cinéphile passionné vivant au jour le jour depuis plusieurs décennies, qui se retrouve être au centre d'un mensonge qui n'est pas le sien, et de devoir négocier avec les avantages comme les désagréments d'une célébrité indesirée - le tout avec Daniel Brühl à la distribution des deux films.
Soit Micha Hartung (un excellent et attachant Charly Hübner), honnête - jusqu'ici - propriétaire d'un vidéoclub berlinois au bord de la faillite (le support physique est a l'agonie, et la pandémie du Covid-19, couplé à l'avènement massif des plateformes de streaming, a saboté l'industrie à tous les recoins du globe), qui voit sa vie basculer, à l'occasion du 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin, lorsqu'un journaliste, conscient le présente comme le cerveau d'une évasion massive historique de la RDA.
Devenu du jour au lendemain - et injustement - un héros national et un symbole de la liberté malgré lui, il se retrouve pris dans un engrenage de semi-vérités et de mensonges éhontés qui, s'ils lui rendent la vie dure (notamment parce qu'un militant des droits civiques doute de ses dires), sert de terreau fertile pour Petersen et son sens aigu de l'ironie, pour questionner autant la fine frontière entre honnêteté et vérité orchestrée à une heure où les fake news sont politiquement - et économiquement - prospère (et où la vérité véritable se fait une vertu perdue), que notre façon d'appréhender la notion de culture mémorielle et les croyances qu'elle véhicule (que l'on accepte où non de croire), au détour d'une satire à la narration certes convenue et ronronnante (surtout dans son pendant romantique), mais néanmoins gentiment acerbe.
Un bel héritage cinématographique, perfectible mais touchant.
Jonathan Chevrier
Acteurs : Charly Hübner, Christiane Paul, Leon Ullrich,...
Distribution : Paname Distribution
Budget : -
Genre : Comédie dramatique.
Nationalité : Allemand.
Durée : 1h53min
Synopsis :
Micha Hartung, propriétaire d'un vidéoclub berlinois au bord de la faillite, voit sa vie basculer : à l'occasion du 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin un journaliste le présente comme le cerveau d'une évasion massive historique de la RDA. Devenu un héros malgré lui, il se retrouve pris dans un engrenage de semi-vérités et de mensonges éhontés.
Avant même de se focaliser sur les tenants même de l'intrigue au coeur du long-métrage, il y a une profonde tristesse qui habite ce qui est appelé à incarner le dernier long-métrage de feu Wolfgang Becker, Le Héros de Berlin (achevé par Achim von Borries), cinéaste que l'on avait tous découvert au détour de l'excellent Good Bye, Lenin!, au même titre qu'un Daniel Brühl qui avait vu sa carrière exploser par la suite.
Et il y a une sorte de boucle qui se boucle justement, avec ce film postume - adapté du roman éponyme de Maxim Leo -, qui prend lui aussi pour fond, la chute du mur de Berlin et l'idée de tromperie générale, ici non pas à travers le cadre intime d'un môme cachant à sa mère, férocement investie dans la vie sociale du régime communiste, la chute du mur de Berlin et les bouleversements majeurs du pays, par peur qu'elle soit victime d'un nouvel infarctus; mais celui d'un gentil « bonimenteur » et cinéphile passionné vivant au jour le jour depuis plusieurs décennies, qui se retrouve être au centre d'un mensonge qui n'est pas le sien, et de devoir négocier avec les avantages comme les désagréments d'une célébrité indesirée - le tout avec Daniel Brühl à la distribution des deux films.
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Soit Micha Hartung (un excellent et attachant Charly Hübner), honnête - jusqu'ici - propriétaire d'un vidéoclub berlinois au bord de la faillite (le support physique est a l'agonie, et la pandémie du Covid-19, couplé à l'avènement massif des plateformes de streaming, a saboté l'industrie à tous les recoins du globe), qui voit sa vie basculer, à l'occasion du 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin, lorsqu'un journaliste, conscient le présente comme le cerveau d'une évasion massive historique de la RDA.
Devenu du jour au lendemain - et injustement - un héros national et un symbole de la liberté malgré lui, il se retrouve pris dans un engrenage de semi-vérités et de mensonges éhontés qui, s'ils lui rendent la vie dure (notamment parce qu'un militant des droits civiques doute de ses dires), sert de terreau fertile pour Petersen et son sens aigu de l'ironie, pour questionner autant la fine frontière entre honnêteté et vérité orchestrée à une heure où les fake news sont politiquement - et économiquement - prospère (et où la vérité véritable se fait une vertu perdue), que notre façon d'appréhender la notion de culture mémorielle et les croyances qu'elle véhicule (que l'on accepte où non de croire), au détour d'une satire à la narration certes convenue et ronronnante (surtout dans son pendant romantique), mais néanmoins gentiment acerbe.
Un bel héritage cinématographique, perfectible mais touchant.
Jonathan Chevrier


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