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[CRITIQUE] : Jusqu'au bout


Réalisateurs : Nawell Madani
Acteurs : Nawell Madani, Guillaume Gouix, Paul Fouré,
Distribution : Netflix France
Budget : -
Genre : Action, Drame.
Nationalité : Français.
Durée : 1h33min

Synopsis :
Jada a longtemps lutté pour avoir un enfant avec son compagnon. Après une naissance par don d'embryon, des années plus tard, Jada, desormais mère célibataire, découvre que son fils est atteint d'une leucémie qui s’aggrave de jour en jour, sa vie est menacée. Pour obtenir une greffe, il lui faut un donneur urgemment. Jusqu'où sera-t-elle prête à aller pour sauver son fils ?




Le jeu des comparaison est, sensiblement, toujours un poil vulgaire (voire putassier, d'autant plus quand il n'est pas forcément usé avec un minimum de pertinence) quand bien même plus d'un cinéaste assume, avant même que leurs œuvres ne soient placés devant le regard critique (plus où moins affûté) du spectateur, des affiliations/références qui poussent, justement, à la comparaison.

Dans ce sens, Nawell Madani semblait pousser le bouchon encore un peu plus loin que Maurice le poisson rouge (shame on you si tu n'as pas la référence) avec son nouveau long-métrage - qu'elle a également écrit -, Jusqu'au bout, produit et distribué par une firme au Toudoum qu'elle avait déjà croisée au détour de la série Jusqu’ici tout va bien (où elle portait déjà la triple casquette de co-créatrice, co-réalisatrice et actrice), qui a moins fait parler d'elle pour sa qualité que pour les nombreuses polémiques en coulisses (propos homophobes, mise en danger des salariés,...), dans le sens où le film avait tout, sur le papier, d'un rip-off officieux du John Q de Nick Cassavetes - matiné d'un bon doigt du À Bout de Tyler Perry -, le tout s'appuyant sur le vrai parcours du combattant intime de Madani, pour devenir mère.

Copyright Netflix

À l'écran, la limonade peine méchamment à prendre, moins par la faute d'un respect à la virgule près des codes du mélodrame à l'américaine (jusqu'au cachetonnage mignon d'une distribution où seule les plus jeunes, s'en sortent sans trop de casse, avec le peu de temps qui leur est alloué), que par la faute d'une écriture brouillonne dont le message centrale maladroit (une charge contre le système médical français, à la fois victime de son manque de moyen et bourreau par sa bureaucratie déshumanisée), est totalement diluée par une structure laborieuse, qui prend sensiblement son temps pour placer ses billes (l'histoire d'une mère, Jada qui a passé des années à tout essayer pour devenir mère avant de finalement donné naissance à Noa, des années de calvaire qui ont mises à mal son mariage, et encore plus sa raison lorsque son fils se voit diagnostiqué une leucémie, et qu'il doit trouver dans l'urgence un donneur de moelle osseuse), avant de se perdre dans l'absurdité la plus totale (avec, comme les deux films cités plus haut, une prise d'otages par une figure parentale acculée et sans solution), troquant ses contours de mélo larmoyant qui force ses émotions, à celui d'un - léger - thriller à la conclusion étonnamment expéditive et qui... force ses émotions (jusque dans les retrouvailles incompréhensibles du couple vedette).

Ses velléités de sensibilisation, maladroite mais louable et frappées de bonnes intentions, auraient sans doute été plus efficaces si le film était tout du long resté sur la voie familière du mélodrame certes peu subtil mais moins prompt à l'absurde.
Pas dingue donc.


Jonathan Chevrier