[CRITIQUE] : Une année italienne
Réalisatrice : Laura Samani
Acteurs : Stella Wendick, Giacomo Covi, Pietro Giustolisi,...
Distributeur : Arizona Distribution
Budget : -
Genre : Comédie Dramatique.
Nationalité : Italien, Français.
Durée : 1h45min.
Synopsis :
Septembre 2007. Fred, jeune Suédoise de dix-sept ans, emménage à Trieste et commence une année de terminale au lycée technique de la ville. Seule fille de sa classe, elle se retrouve au centre de l'attention, en particulier de celle d'un trio inséparable de garçons. Ensemble, ils expérimentent de nouveaux sentiments, confrontent leurs doutes, et soumettent leur amitié à rude épreuve. Cette année du bac les marquera pour toujours.
On avait découvert la talentueuse cinéaste italienne Laura Samani sur une sacrée claque (son premier long-métrage, pour ne rien gâcher à la fête), Piccolo Corpo, odyssée initiatique émotionnelle et transcendantale aussi poétique que radicale, une fable simple et délicate sur une croyance intime qui dépasse tout dogme, articulée autour de la douleur intime d'une jeune mère venant de perdre son bébé mort-né dans la lagune vénitienne du début du XXe siècle, bien décidée à confronter la résignation comme la fatalité, pour pouvoir donner un nom à sa fille devant Dieu, faire savoir au monde qu'elle existait et qu'elle était importante pour sa vie (selon la tradition catholique, l'âme d'un enfant mort-né est condamnée aux limbes).
Une œuvre qui, au milieu d'autres premiers films particulièrement grisant, démontrait comment depuis une bonne décennie maintenant, le cinéma italien semble s'être (enfin) offert une véritable cure de Jouvence, une nouvelle vague portée par une pluie de jeunes cinéastes talentueux - tant mieux pour lui et, surtout, tant mieux pour nous.
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Sensiblement plus léger se fait son second effort, Une année italienne, mise en images du roman éponyme de Giani Stuparich dont elle modernise considérablement le prisme (la narration ne se déroule plus en 1910, mais en 2007), pour mieux croquer une sorte de récit d'apprentissage intimiste couplé à un portrait anthropologique, imbibé de sa propre expérience (sans forcément tomber dans les affres de l'autobiographie), de la ville portuaire de Trieste, terre vibrante tout en métissage culturelle et linguistique (vrai personnage à part entière du film, dont elle capture avec passion le paysage comme l'histoire), qui va voir sa jeunesse bouleversée lorsqu'une jeune suédoise de dix-sept ans, Fred, emménage à Trieste et commence une année de terminale au lycée technique de la ville, où elle sera la seule fille de sa classe - et donc, inéluctablement, le centre de toutes les attentions.
Une tempête humaine libre et anticonformiste qui va bousculer la camaraderie d'une petite bande de copains dont elle souhaite rejoindre le groupe, dans une dynamique oscillant entre flirts, jalousies, compromissions, isolement et angoisses diverses.
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Samani s'attache avec délicatesse et subtilité à cette époque charnière de toute existence, en composant une jolie épopée mélancolique et bouleversante, une oeuvre aussi libre que son héroïne dont elle scrute toutes les émotions avec justesse (poids du regard écrasant des - jeunes - hommes, désorientation face à un nouveau cadre de vie imposé, désir légitime de s'intégrer à un groupe, quitte à laisser ses sentiments de côté,...).
Un second effort plein de charme, qui confirme tout le bien que l'on pouvait penser de la cinéaste.
Jonathan Chevrier









