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[CRITIQUE] : Shelter


Réalisateur : Ric Roman Waugh
Avec : Jason Statham, Bodhi Rae Breathnach, Bill Nighy, Naomi Ackie,…
Distributeur : Amazon Prime Vidéo France
Budget : -
Genre : Action, Thriller.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h48min

Synopsis :
Mason vit isolé sur une île écossaise. Après avoir sauvé une jeune fille de l'océan lors d'une terrible tempête, il déclenche une série d'événements qui provoquent une violente attaque dans son refuge...





Quoi qu'en dise ses détracteurs - de plus en plus nombreux, les affres de la stupidité cinéphile dirons-nous -, le Statham annuel se fait toujours attendre avec une certaine impatience, sans doute l'un des ultimes plaisir coupable du cinéma musclé qu'Hollywood nous autorise encore à mirer dans les salles obscures - avec les dingueries un poil réac de ce bon vieux Gege Butler.
Clairement bien mieux foutu et sympathique que les tout aussi prolifique DTV de Scott Adkins, Michael Jai White, JCVD et Cie, les Statham movies ont toujours eu le mérite de mettre les aptitudes physiques du bonhomme dans de sacrés dispositions, digne des série B les plus délirantes des 80s/90s, d'autant qu'il s'est souvent rattaché les services de cinéastes solides (Guy Ritchie surtout) sachant sublimer un minimum ses badasseries - l'avantage de pouvoir faire péter, de temps, les dollars au box-office.

Histoire de nous faire mentir, à l'instar de The Beekeeper et A Working Man de David Ayer (qui ont eu droit à une exploitation en salles outre-Atlantique), le Stath' nouveau, Shelter chapeauté par un Ric Roman Waugh habitué aux tataneries de Gege Butler, ne fait pas l'événement par chez nous et débarque une énième fois sur une Prime Vidéo qui s'est assuré de ne faire, comme d'habitude, aucune promotion pour l'occasion.

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Comme ses deux aînés (bien meilleur, tant c'est une certitude qu'un David Ayer inspiré est un meilleur faiseur que le papa du diptyque Greenland), le film se fait un modeste petit morceau d'action burné et froidement efficace, qui n'a absolument pas vocation à foncièrement renouveler une popote familière qu'à en user de toutes les saveurs avec un savoir-faire plutôt rompu, usant d'un pitch méchamment éclaté (à nouveau, le Jason campe un dur à cuire/ex-agent d'élite/gardien de phare vivant isolé - ici sur une île en Écosse -, que la bonne cause - une jeune fille à sauver - le ramène à un passé violent où il était maître pour déboiter son prochain) pour savamment maintenir notre intérêt tout bousculant un brin - juste un brin - nos attentes.

Car même s'il recycle à nouveau la formule d'un Stath' exactement dans le même moule que son Adam Clay dans The Beekeeper, costume que le comédien connait sur le bout des triceps, Shelter adopte un ton sobre et résolument moins spectaculaire, prenant le parti d'une action à l'ancienne aux combats brutaux et aux dialogues assénés la mâchoire serrée, qui n'a pas besoin d'être sophistiquée pour divertir (ses inserts numériques mamadroits le dessert plus qu'autre chose), mais qui n'exclut pas pour autant d'avoir un petit cœur émotionnel qui bat sporadiquement certes, mais n'en est pas moins réel (Statham, depuis Safe, n'a pas besoin de trop forcer pour démontrer qu'il est crédible en figure paternelle de substitution).
Du bis solide au cadre inédit (les paysages côtiers et sauvages écossais, balayés par le vent et les vagues), qui fait son office prévisible sans trop tourner autour du pot : que demander de plus ?


Jonathan Chevrier