[CRITIQUE] : La Chaleur
Réalisateur : Stéphane Demoustier
Acteurs : Hadrien Hussein, Tristan Richard, Martina La Manna, Noé Houssard,...
Distributeur : Memento
Budget : -
Genre : Thriller, Drame.
Nationalité : Français, Italien, Belge.
Durée : 1h33min.
Synopsis :
Il fait anormalement chaud sur les plages des Landes et Marouane, 17 ans, passe sa dernière journée au camping avec une angoisse : le corps qu’il a enseveli la veille sur la plage va-t-il apparaitre au grand jour ? Marouane se demande par ailleurs s’il n’est pas en train de tomber amoureux de la charmante Giulia.
Il peut paraître peu à propos de voir un film intitulé La chaleur sur grand écran quand on constate l'actualité météorologique qui transforme nos demeures en fours. Néanmoins, on ne peut pas passer à côté d'un film de Stéphane Demoustier, notamment au vu de la qualité de son dernier long, le passionnant L'Inconnu de la Grande Arche. Ici, il délaisse les contours froids de l'architecture et étouffe dans son cadre par son biais estival, propre à l'affranchissement de la jeunesse mais qui se tournera ici vers un malaise palpable. En suivant en effet Marouane, jeune homme qui vient d'enterrer un corps suite à un accident, le film nous inscrit durablement dans un rapport de passivité et d'incompréhension fonctionnant sur la durée.
Démarrant par des images appelant à une énergie commune de vie adolescente, le long-métrage se permet de se placer à la hauteur d'un personnage en décalage permanent avec les événements. Très vite, Marouane est inscrit par sa nonchalance, tel un protagoniste un peu étriqué qui ne sait pas trouver sa place avec d'autres garçons voulant absolument séduire pour conclure. C'est ce qui rend l'accident si brut, inattendu et jouant sur l'implication du protagoniste. Dès lors, le récit va faire traîner sa durée à bon escient, renvoyant ce temps vécu à l'insoutenable difficulté du jeune homme à approcher les faits en voulant amorcer une fuite en avant. Hadrien Hussein prend le rôle à la perfection, véhiculant pleinement les failles du protagoniste et son éloignement apparent alors même que l'on ressent un tiraillement intérieur. Cela devient un enjeu émotionnel fort et thématiquement bien nourri par le déroulé narratif.
Car alors que Giulia apparaît dans le cadre, le questionnement sentimental renvoie à l'inaction du personnage et détourne les attentes estivales. Ici, on sent le malaise de l'appel constant au bien-être et à l'amusement, l'injonction à coucher absolument pour se sentir plus épanoui et la quête perpétuelle de vacances réjouissantes et bien vécues. Le fait même que l'accident se fasse dans un décor enfantin renforce cette distance, tout comme ce bunker perdu sur la plage, seule relique architecturale marquée au milieu d'un sable si jaune. La photographie accentue ce rapport sensoriel, cette chaleur de plus en plus inconfortable qui suinte jusque dans ses derniers instants où le décorum idéal laisse place à des ravages de tempête, un vernis craquelé qui renvoie à la réalité de son monde.
S'appropriant les codes des récits de vacances jusque dans son rapport amoureux, La chaleur s'immisce dans des abords peu confortables mais le fait avec une grande maîtrise visuelle bien à propos thématiquement. L'étouffement progressif fonctionne à plein régime, prenant corps dans un Hadrien Hussein dont la physicalité habite totalement les contradictions morales en son sein. Stéphane Demoustier sait approcher son mal-être thématique avec un à propos brillant, chargé jusque dans sa dernière séquence.
Liam Debruel
Acteurs : Hadrien Hussein, Tristan Richard, Martina La Manna, Noé Houssard,...
Distributeur : Memento
Budget : -
Genre : Thriller, Drame.
Nationalité : Français, Italien, Belge.
Durée : 1h33min.
Synopsis :
Il fait anormalement chaud sur les plages des Landes et Marouane, 17 ans, passe sa dernière journée au camping avec une angoisse : le corps qu’il a enseveli la veille sur la plage va-t-il apparaitre au grand jour ? Marouane se demande par ailleurs s’il n’est pas en train de tomber amoureux de la charmante Giulia.
Il peut paraître peu à propos de voir un film intitulé La chaleur sur grand écran quand on constate l'actualité météorologique qui transforme nos demeures en fours. Néanmoins, on ne peut pas passer à côté d'un film de Stéphane Demoustier, notamment au vu de la qualité de son dernier long, le passionnant L'Inconnu de la Grande Arche. Ici, il délaisse les contours froids de l'architecture et étouffe dans son cadre par son biais estival, propre à l'affranchissement de la jeunesse mais qui se tournera ici vers un malaise palpable. En suivant en effet Marouane, jeune homme qui vient d'enterrer un corps suite à un accident, le film nous inscrit durablement dans un rapport de passivité et d'incompréhension fonctionnant sur la durée.
Démarrant par des images appelant à une énergie commune de vie adolescente, le long-métrage se permet de se placer à la hauteur d'un personnage en décalage permanent avec les événements. Très vite, Marouane est inscrit par sa nonchalance, tel un protagoniste un peu étriqué qui ne sait pas trouver sa place avec d'autres garçons voulant absolument séduire pour conclure. C'est ce qui rend l'accident si brut, inattendu et jouant sur l'implication du protagoniste. Dès lors, le récit va faire traîner sa durée à bon escient, renvoyant ce temps vécu à l'insoutenable difficulté du jeune homme à approcher les faits en voulant amorcer une fuite en avant. Hadrien Hussein prend le rôle à la perfection, véhiculant pleinement les failles du protagoniste et son éloignement apparent alors même que l'on ressent un tiraillement intérieur. Cela devient un enjeu émotionnel fort et thématiquement bien nourri par le déroulé narratif.
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Car alors que Giulia apparaît dans le cadre, le questionnement sentimental renvoie à l'inaction du personnage et détourne les attentes estivales. Ici, on sent le malaise de l'appel constant au bien-être et à l'amusement, l'injonction à coucher absolument pour se sentir plus épanoui et la quête perpétuelle de vacances réjouissantes et bien vécues. Le fait même que l'accident se fasse dans un décor enfantin renforce cette distance, tout comme ce bunker perdu sur la plage, seule relique architecturale marquée au milieu d'un sable si jaune. La photographie accentue ce rapport sensoriel, cette chaleur de plus en plus inconfortable qui suinte jusque dans ses derniers instants où le décorum idéal laisse place à des ravages de tempête, un vernis craquelé qui renvoie à la réalité de son monde.
S'appropriant les codes des récits de vacances jusque dans son rapport amoureux, La chaleur s'immisce dans des abords peu confortables mais le fait avec une grande maîtrise visuelle bien à propos thématiquement. L'étouffement progressif fonctionne à plein régime, prenant corps dans un Hadrien Hussein dont la physicalité habite totalement les contradictions morales en son sein. Stéphane Demoustier sait approcher son mal-être thématique avec un à propos brillant, chargé jusque dans sa dernière séquence.
Liam Debruel


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