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[SƎANCES FANTASTIQUES] : #125. Constantine

Copyright Warner Bros. France


Parce que les (géniales) sections #TouchePasAMes80s et #TouchePasNonPlusAMes90s, sont un peu trop restreintes pour laisser exploser notre amour du cinéma de genre, la Fucking Team se lance dans une nouvelle aventure : #SectionsFantastiques, ou l'on pourra autant traiter des chefs-d'œuvres de la Hammer que des pépites du cinéma bis transalpin, en passant par les slashers des 70's/80's ; mais surtout montrer un brin la richesse d'un cinéma fantastique aussi abondant qu'il est passionnant à décortiquer. Bref, veillez à ce que les lumières soient éteintes, qu'un monstre soit bien caché sous vos fauteuils/lits et laissez-vous embarquer par la lecture nos billets !




#125. Constantine de Francis Lawrence (2005)


Sorti en 2005, Constantine de Francis Lawrence est un thriller fantastique et ésotérique qui transpose l’univers de la bande dessinée Hellblazer dans un cadre cinématographique sombre, urbain et contemporain. Le film suit John Constantine, un détective spécialisé dans les affaires occultes, capable de percevoir les forces surnaturelles que le commun des mortels ignore. Entre combats avec des démons, exorcismes et enquêtes sur des événements mystérieux, Constantine navigue dans un monde où les forces du bien et du mal s’affrontent, tout en portant le poids de son passé et de sa propre damnation. Le film mêle ainsi enquête policière, action et horreur, tout en explorant les questionnements spirituels et moraux liés à la lutte contre le surnaturel.

La genèse du projet remonte à l’intérêt pour l’univers sombre de la bande dessinée Hellblazer, dont le ton cynique et l’atmosphère urbaine ont inspiré le film. Francis Lawrence et le scénariste Kevin Brodbin ont cherché à transposer le mélange de fantastique, de mystère et de critique sociale propre à l’œuvre originale, en accentuant l’aspect visuel et spectaculaire. Le récit combine action, enquête et éléments religieux, utilisant le monde contemporain comme toile de fond pour des conflits métaphysiques, où l’ordinaire se confronte à l’extraordinaire.

Copyright Warner Bros. France

Le casting joue un rôle déterminant dans l’incarnation de ce monde sombre. Keanu Reeves incarne John Constantine, personnage tourmenté, cynique et charismatique, dont la lutte contre le surnaturel est autant une quête de rédemption personnelle qu’un devoir moral. Sa prestation équilibre le détachement sarcastique avec la gravité de son fardeau, donnant au personnage une complexité émotionnelle qui rend crédible l’univers occulte. Rachel Weisz incarne Angela Dodson, policière confrontée à des forces qu’elle ne comprend pas, servant de relais pour le spectateur et apportant une dimension empathique au récit. Les antagonistes surnaturels, dont le démon Mammon, et les alliés comme l’ange Gabriel, incarnent le conflit moral et cosmique, accentuant la tension dramatique et spirituelle.

Techniquement, le film se distingue par sa direction artistique sombre et stylisée. Les effets visuels rendent tangibles les manifestations démoniaques et les batailles surnaturelles, tandis que la photographie joue sur les contrastes de lumière et d’ombre, accentuant le côté oppressant et nocturne de Los Angeles. Le montage et la mise en scène alternent séquences d’action spectaculaires et moments de tension psychologique, maintenant un rythme soutenu tout en laissant respirer la dimension métaphysique. La bande sonore et les bruitages contribuent à l’atmosphère anxiogène, renforçant la crédibilité d’un univers où le réel et le surnaturel se superposent.

Copyright Warner Bros. France

Le film développe des sous-textes riches autour de la rédemption, de la culpabilité et de la confrontation aux forces invisibles. Constantine incarne l’humain confronté à la transcendance, obligé de composer avec sa propre mortalité et les conséquences de ses choix. La lutte entre anges et démons devient une métaphore de la bataille intérieure, où l’éthique et la responsabilité personnelle s’affrontent. Le film explore également la fragilité de la perception humaine : ce que la majorité des personnages ignorent ou refusent de voir, Constantine doit l’affronter seul, soulignant l’isolement et la solitude inhérents à ceux qui portent la connaissance de vérités supérieures.



Jess Slash'her