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[CRITIQUE] : Morte e Vida Madalena


Réalisateur : Guto Parente
Acteurs : Noá Bonoba, Tavinho Teixeira, Nataly Rocha,...
Distributeur : Blue Note Films
Budget : -
Genre : Comédie, Drame.
Nationalité : Brésilien, Portugais.
Durée : 1h23min.

Synopsis :
Madalena est une productrice de cinéma enceinte de huit mois qui s’apprête à reprendre le tournage d’un film de science-fiction à petit budget écrit par son père récemment décédé. Lorsque Davi, le cinéaste choisi pour la réalisation – et qui est accessoirement son ex-compagnon –, disparaît du jour au lendemain, Madalena n’a d’autre choix que de faire tout son possible pour terminer le film avant la naissance de son bébé.





Résolument l'un des cinéastes brésiliens les plus prolifiques (et multi-tâches, puisqu'il compte autant de crédits en tant que scénariste qu'en tant que réalisateur, voire même plus du double en tant que monteur) de sa génération, Guto Parente n'a pourtant jamais véritablement eu les honneurs d'une présence ne serait-ce que même infime, au sein de nos salles jamais trop obscures là où, pourtant, le cinéma du pays du bois y a toujours été plutôt bien représenté (on peut citer, de tête, rien que sur les derniers mois, L'Agent secret de Kleber Mendonça Filho, Les Voyages de Tereza de Gabriel Mascaro où encore Scènes de nuit du tandem de cinéastes Filipe Matzembacher et Marcio Reolon), proposition dense et passionnante qui a embrassé une forme de liberté créative sans contrainte, à mesure que le paysage politique et social du pays s'est sensiblement assombrit, avec l'arrivée au pouvoir de Bolsonaro - dont les ravages de son mandat restent toujours palpables.

Copyright BLUE NOTE FILMS

Pour son dixième long-métrage - son quatrième seul à la barre -, Morte e Vida Madalena, le mauvais sort s'avère enfin rompu et il est difficile de ne pas montrer un réel enthousiasme à ce qui a tout d'une belle découverte cinématographique - tardive certes, mais tout de même -, à travers une comédie dramatique existentialo-légère avec le septième art et ses petites complexités (mais pas que) en toile de fond, dont la narration s'attache aux aternoiements d'une productrice de cinéma aussi attachante qu'acculée (une excellente Noá Bonoba), qui doit négocier avec une grossesse en passe d'arriver à son terme, le tournage d'un petit bis SF à forte tendance Z écrit par son père récemment décédé (qui n'a de crsse de déraper), et dont le réalisateur - son ex-compagnon - lui a fait faux bond du jour au lendemain.

Une situation chaotique et riche en rebondissements, propice pour le cinéaste à nouer une narration aussi drôle que complexe sur des thématiques fascinantes (la complexité des liens père-fille et, par extension, d'héritage et d'union à travers l'art; le lien évident entre la mort - la disparition du père - et la vie - la naissance à venir -; l'expérience créative comme catalyseur de transformation intime; le cinéma et le processus de production suscitant un authentique sentiment d'appartenance à un groupe), et mieux croquer une comédie à l'humanité tendre et jamais feinte, où le parallèle entre donner la vie et aboutir à la création d'un film - deux naissances à part entière -, prend tout son sens à la fois symbolique et bouleversant.
Une belle surprise.


Jonathan Chevrier