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[CRITIQUE] : All you need is kill


Réalisateurs : Kenichiro Akimoto et Yukinori Nakamura
Acteurs : Ai Mikami, Natsuki Hanae, Kana Hanazawa,...
Distributeur : Anime Limited
Budget : -
Genre : Action, Animation, Science-fiction.
Nationalité : Japonais.
Durée : 1h26min.

Synopsis :
Dans un futur proche, le Japon se reconstruit après l’invasion d’une gigantesque fleur extraterrestre. Quand elle entre en éruption et libère des créatures dévastatrices, Rita meurt dans le chaos... avant de se réveiller au début de la même journée. Prisonnière d’une boucle temporelle, elle revit sans cesse la bataille. Jusqu’à sa rencontre avec Keiji, lui aussi piégé dans le cycle. Ensemble, ils vont tenter de briser la boucle... ou mourir pour toujours





All you need is kill avait déjà eu le droit à une adaptation au cinéma avec Edge of Tomorrow en 2014. Le film américain de Doug Liman avec Tom Cruise et Emily Blunt suivait à peu près la même trame, mais avec une fin différente. Mais avec son titre différent et son ton plus léger, peu de spectateurs savaient que c’était une adaptation d’un light novel japonais sorti en 2004. Écrit par Hiroshi Sakurazaka et illustré par Yoshitoshi Abe, il raconte l’histoire de Keiji, nouvelle recrue dans l’armée de défense des Etats. Alors que la planète est envahie par des extra-terrestres, il meurt durant sa première bataille. Cependant, il se réveille le jour précédent, rentrant dans une boucle temporelle. Il rencontre par la suite Rita, jeune soldate particulièrement forte, qui vit la même chose que lui. 

Cette nouvelle adaptation en film va aussi prendre certaines libertés dans l’intrigue. L’invasion extraterrestre se limite dans un premier temps à un étrange arbre qui est apparu. L’histoire sera racontée du point de vue de Rita. Cette dernière n’est plus une soldate, mais une simple ouvrière chargée de découper des bouts de l’arbre. Et c’est une éruption soudaine qui va tout faire dérailler. Rita meurt, et rentre ainsi dans la boucle temporelle, en même temps que Keiji. Une autre différence avec le film de 2014 est le choix de l’animation.

Copyright Hiroshi Sakurazaka / Shueisha, ALL YOU NEED IS KILL Project

Co-réalisé par Kenichiro Akimoto, qui avait travaillé sur les films De l’autre côté du ciel et Les enfants de la mer, All you need is kill, à l’instar des films cités précédemment, est aussi produit par Studio 4°C qui est derrière l’excellent Memories, et a co-réalisé Mutafukaz avec Ankama (qui certes péchait dans son scénario, mais qui avait une très belle animation). Sur le papier, cette nouvelle adaptation a tout pour plaire. Et il faut reconnaître une chose, il n’y a aucun reproche à faire côté animation. 
Malgré le choix de la 3D, All you need is kill est magnifique. Que ce soient les couleurs, les scènes de combat, les chara-design, le film est une réussite technique indéniable. Akimoto s’amuse avec son univers et travaille magnifiquement bien sa mise en scène, mais aussi son montage. Il va utiliser un ressort assez simple mais terriblement efficace ; couper son action brutalement à chaque fin de boucle temporelle. Cela casse par instant le rythme de ses séquences sans pour autant déranger le spectateur.

Ainsi, toute la première partie de découverte de la boucle est passionnante mais aussi très drôle. Il va utiliser son concept pour implanter des ressorts de jeux vidéo. On a donc l’impression d’être dans un die-and-retry à l’instar de Céleste. Le personnage apprend par cœur et inlassablement les patterns des monstres afin d’aller le plus loin possible dans son aventure. 
Malheureusement, le film s’embourbe lorsqu’il doit faire avancer son histoire. Le problème étant qu’il n’a pas assez approfondi son concept et développé ses règles dans son début. Ce qui peut vite devenir dérangeant lorsque l’on s’attaque aux boucles temporelles. Par exemple, lors de la première boucle, on a l’impression que la mort de Rita survient en quelques heures assez tôt dans la journée. Cela induit donc que nos personnages ont assez peu de temps pour se préparer avant que la catastrophe arrive. Cependant, au fur et à mesure que les tentatives s'enchaînent, la temporalité ne semble plus du tout correspondre. 

Copyright Hiroshi Sakurazaka / Shueisha, ALL YOU NEED IS KILL Project

Le film est malheureusement truffé de petites scories de ce genre qui, individuellement ne devrait pas trop déranger, mais mis bout à bout nous sort totalement de l’intrigue. Une intrigue qui est d’ailleurs expédiée en seulement quelques minutes à la fin, offrant ainsi une conclusion plus que décevante. À cela s’ajoute un développement des personnages à coup de flashback qui porte bien leur nom vu la vitesse à laquelle ils sont introduits et présentés. 
La complexité des films à boucle temporelle, c’est qu’il faut installer des règles claires, les respecter et tout écart doit être un minimum expliqué. Si cela n’est pas fait, on se retrouve avec une œuvre confuse, inconsistante, et qui perd le spectateur.

C’est malheureusement le cas de All you need is kill. Malgré une très belle animation et un univers intéressant, le film est une petite déception. De plus, les bonnes idées de mise en scène et l'aspect vidéoludique très fun ne sauvent pas un scénario trop vite expédié. 


Livio Lonardi