[CRITIQUE] : The Man i love
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| Copyright JacMartinez_TMIL-Inc. / Jac Martinez/ Courtesy of Cannes Film Festival |
Réalisateur : Ira Sachs
Acteurs : Rami Malek, Tom Sturridge, Ebon Moss-Bachrach, Rebecca Hall, Luther Ford,...
Distributeur : Memento
Budget : -
Genre : Comédie Musicale, Drame, Romance.
Nationalité : Américain, Français.
Durée : 1h35min.
Synopsis :
Ce film est présenté en Compétition au Festival de Cannes 2026.
New York, fin des années 1980, Jimmy George, figure iconique de la scène théâtrale, vit en couple avec le plus tendre et attentionné des amants. Mais devant la mort qui lui est promise, la soif de vivre et de créer, de désirer et d’aimer, une dernière fois, est plus forte que tout.
Figure silencieuse mais résolument importante d'un cinéma indépendant ricain qu'il a su sublimer avec des bandes aussi délicates et humaines qu'elles sont franchement ancrées dans une réalité sociale salvatrice (Keep the Lights On, Love is Strange ou encore Brooklyn Village), Ira Sachs continue gentiment mais sûrement son petit bonhomme de chemin, lui que l'on avait laissé en 2023 avec ce qui était, peut-être (jouons la carte de l'exagération deux minutes), son plus bel effort : Passages, sous forte influence Fassbinderienne et Piala-esque (comme Keep the Lights On, tant il est la figure tutélaire française majeure qui irrigue son cinéma, avec Éric Rohmer), exploration magnifiquement féroce et naturaliste des voies incompréhensibles du cœur et de la chair, de l'amour et de l'attirance sexuelle, où les réponses données ne sont pas toujours celles que l'on attend.
Un formidable drame intime et charnel, humain et doux-amer à la fois, sur un narcissisme profond qui dévore la beauté et ronge la passion - le tout avec un beau et malade triangle amoureux Adèle Exarchopoulos, Franz Rogowski et Ben Whishaw.
Difficile en revanche, d'être aussi dithyrambique à la vision de son nouveau long-métrage, The Man i love, invité dans une compétition officielle cannoise où il avait très peu de chance de repartir avec un prix, une ballade romantico-douloureuse qui lui ressemble jusqu'au bout de la pellicule sans pour autant tutoyer la vérité émotionnelle comme la maturité cinématographique de ses plus hauts faits.
Ce qui n'empêche pas pour autant sa sensibilité imparfaite de venir transpercer par quelques petites touches touchantes, l'harmonie opaque d'une narration mélodramatique furieusement programmatique et, de nouveau, vissée sur un triangle amoureux : celui qui (dés)unit dans le New York de la fin des années 80s, une figure gentiment narcissique de la scène théâtrale (un Rami Malek un peu - beaucoup - trop intense) atteinte du VIH, son compagnon dévoué qui le soutient dans la maladie, et son voisin dont il est l'objet de ses désirs.
Un sentiment doux-amer de « je t'aime, moi non plus » qui perdure sur toute sa longueur pour son auditoire, radiographie empathico-mélancolique des sentiments qui ne masque jamais ses coutures académiques (son plus gros défaut, clairement), mais sait se montrer particulièrement entraînante dans sa manière de nouer organiquement musique (le phare de lumière auquel s'attache férocement sa figure titre dans son combat contre le SIDA, mais également l'élément salvateur le moins usé par Sachs, à l'image d'une formidable mais trop rare Rebecca Hall), désir et tragédie/fatalisme, le tout au détour d'une maîtrise technique irréfutable.
Mais à trop polir son film pour émouvoir, Sachs oublie ce qui fait le sel de son cinéma lorsqu'il est à son meilleur : une authenticité à toute épreuve...
Jonathan Chevrier

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