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[CRITIQUE] : Comète


Réalisateur : Élie Wajeman
Acteurs : Vincent Macaigne, Sandor Funtek, Alexia Chardard, Lou Lampros,...
Distribution : Dulac Distribution
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Français.
Durée : 1h37min

Synopsis :
Alors qu’une comète traverse le ciel de Paris, des destins se croisent dans une ronde mystérieuse. Deux amis sillonnent la ville et font le point sur leur vie. Une jeune femme retrouve un père qu’elle n’attendait plus. Une autre vend de la drogue pour le compte de son frère. Ailleurs, deux êtres hantés par la mort se rencontrent. Pendant ce temps, des comédiens répètent une pièce qui fait étrangement écho à ces existences. Une fresque sur les rencontres inattendues et les hasards qui tissent nos vies.






S'il y a quelque chose que l'on ne pourra décemment pas reprocher au cinéaste Élie Wajeman, c'est sa propension à se montrer gentiment insaisissable, à ne jamais réellement jouer la carte de la facilité en faisant preuve d'un éclectisme qui, à défaut d'être toujours adroit dans le fond (surtout) comme dans la forme, à néanmoins le mérite de détonner au coeur d'un septième art hexagonal où les prises de risques ne sont pas, fondamentalement, les us et coutumes de la majorité des faiseurs et faiseuses de rêves.

Si on avait laissé son cinéma entre deux confinements et au détour de ce qui est, sans aucun doute, son plus bel effort, Médecin de nuit (tragédie âpre et oppressante dans un Paris nocturne loin d'être carte postale, une incursion franche et frontale dans le néo-noir par un cinéaste maîtrisant joliment la lente et tendue descente aux enfers d'un Vincent Macaigne imposant et tout de rage contenue), on le retrouve donc cinq ans plus tard, en cette mi-juillet affreusement écrasé par la chaleur, avec une œuvre diamétralement opposée - mais toujours avec Macaigne à sa distribution vedette - : Comète, fresque chorale où il entrechoque plusieurs destinées au détour du dit astre traversant le ciel parisien.

Copyright Dulac Distribution

Point de film catastrophe bien de chez nous dans la lignée du fauché et méchamment risible Deep Impact (ne demande pas, la panouille de Mimi Leder empire de vision en vision), comme des envolées patriotico-limitées signées par les maîtres du Kaboom Michael Bay et Roland Emmerich donc, mais bien un ambitieux enchevêtrement Lelouchien de morceaux de vies qui se percutent, se croisent dans un tout qui se revendique cohérent, cherchant intimement à brouiller la frontière entre fiction et réalité : une exacerbation primaire des angoisses et des doutes (et, plus largement, des questionnements existentiels humains) de chacun par cette dite comète, et les répétitions de la pièce Les Trois Sœurs de Tchekhov, qui fait étrangement écho à ces existences.

Mais les bonnes intentions ne font pas fondamentalement un bon film, et inversement, et il est difficile de pleinement s'impliquer dans ce canevas disparate et désenchanté de multiples personnages aux traits pas assez suffisamment diversifiés ni esquissés, qui ne donne jamais assez de corps et de coeur à cette prose un brin laborieuse façon accumulation de vignettes où les émotions apparaissent aussi artificielles que les coutures qui semblent les nouer - une mise en scène distancée et sans envie.
Reste quelques jolies partitions (Lou Lampros et Sandor Funtek en tête) mais c'est maigre, rachitique même.


Jonathan Chevrier