[CRITIQUE] : D'où vient le vent
Réalisatrice : Amel Guellaty
Acteurs : Eya Bellagha, Slim Baccar, Sondos Belhassen,...
Distribution : L'Atelier Distribution
Budget : -
Genre : Comédie dramatique.
Nationalité : Tunisien, Français, Qatari.
Durée : 1h40min
Synopsis :
À Tunis, Alyssa et Mehdi, deux amis d’une vingtaine d’année, rêvent d’opportunités dans un pays traversé par des tensions sociales et politiques . Quand Alyssa découvre un concours d’art dont le prix est une résidence artistique à l’étranger, elle décide d’y inscrire Mehdi. Seul obstacle : le concours se tient à Djerba, à plus de 500 kilomètres. L’audace d’Alyssa va les pousser à prendre la route et leur destin en main, à la poursuite d’une vie meilleure.
Il ne se passe pas une année cinéma sans que l'on se dise que, même si sa production apparaît résolument plus discrète que son voisin marocain (mais, là encore jouons au jeu des comparatifs stériles, définitivement plus active que son voisin algérien), le cinéma tunisien n'en reste pas moins particulièrement passionnant à suivre du moment.
Pour preuve les solides propositions que la « petite perle du Maghreb » nous a dégainé sur les douze derniers mois, que ce soit à travers de deux de ses plus belles ambassadrices, Erige Sehiri (Promis le ciel, beau et sensible drame dénué de tout sentimentalisme putassier, abordant le sujet, rarement exprimé a l'écran, de l'expérience migratoire en Afrique, et plus directement de l'Afrique subsaharienne vers l'Afrique du Nord) et Kaouther Ben Hania (La Voix de Hind Rajab, un incroyable et douloureux mémorial sur pellicule d'une tristesse insondable, sur une catastrophe humanitaire qui se conjugue au présent depuis bien, bien trop longtemps), des visages familiers (le radical et anxiogène Silentium de Nidhal Chatta; Le 13ème round de Mohamed Ali Nahdi) mais aussi des figures émergentes comme Lotfi Achour (Les enfants rouges, une tragédie authentique et philosophique aux émotions et à la poésie brutes), et Mehdi M. Barsaoui (Aïcha, un thriller sous-tension dans son portrait authentique et sans concession d'une nation oppressive et patriarcale).
Nouvel exemple avec ce qui est déjà, à n'en pas douter, l'une des nouvelles cinéastes à suivre : Amel Guellaty, qui envoie gentiment du pâté avec son premier effort, D'où vient le vent, road movie prenant les coutours cotonneuses d'un tendre récit mi-initiatique, mi-existentiel à hauteur d'âmes qui tend à dresser un portrait minutieux d'une jeunesse tunisienne désenchantée, rattrapée par la vérité d'une nation conservatrice et autocratique post-printemps arabe où le rêve de liberté s'est vite confronté à la dure réalité de l'intégrisme.
Le tout vissé sur deux jeunes adultes rêveurs et incroyablement attachants qui aspirent à une existence meilleure, les amis inséparables et fraternels - mais aussi gentiment rebelles - Alyssa et Mehdi, et leur périple semé d'embûches pour rejoindre Djerba, à plus de 500 kilomètres, et tenter de remporter un concours d’art dont le prix est une résidence artistique en Allemagne.
Le terreau fertile pour que la cinéaste dresse un exposé à la fois tout autant frappé d'ironie que de lucidité qui en dit long aussi bien sur les conditions de la femme dans le monde arabe, que sur une jeunesse confrontée à un avenir incertain, dans une Tunisie bouffée par des (belles) promesses figées et un chômage galopant.
Un constat juste et assuré, qui contrebalance avec une spontanéité et une fraîcheur qui se retrouve aussi bien dans sa mise en scène pleine d'entrain, que dans la partition enthousiasmée et enthousiasmante de son duo vedette Eya Bellagha/Slim Baccar.
Un sacré premier long-métrage donc.
Jonathan Chevrier
Acteurs : Eya Bellagha, Slim Baccar, Sondos Belhassen,...
Distribution : L'Atelier Distribution
Budget : -
Genre : Comédie dramatique.
Nationalité : Tunisien, Français, Qatari.
Durée : 1h40min
Synopsis :
À Tunis, Alyssa et Mehdi, deux amis d’une vingtaine d’année, rêvent d’opportunités dans un pays traversé par des tensions sociales et politiques . Quand Alyssa découvre un concours d’art dont le prix est une résidence artistique à l’étranger, elle décide d’y inscrire Mehdi. Seul obstacle : le concours se tient à Djerba, à plus de 500 kilomètres. L’audace d’Alyssa va les pousser à prendre la route et leur destin en main, à la poursuite d’une vie meilleure.
Il ne se passe pas une année cinéma sans que l'on se dise que, même si sa production apparaît résolument plus discrète que son voisin marocain (mais, là encore jouons au jeu des comparatifs stériles, définitivement plus active que son voisin algérien), le cinéma tunisien n'en reste pas moins particulièrement passionnant à suivre du moment.
Pour preuve les solides propositions que la « petite perle du Maghreb » nous a dégainé sur les douze derniers mois, que ce soit à travers de deux de ses plus belles ambassadrices, Erige Sehiri (Promis le ciel, beau et sensible drame dénué de tout sentimentalisme putassier, abordant le sujet, rarement exprimé a l'écran, de l'expérience migratoire en Afrique, et plus directement de l'Afrique subsaharienne vers l'Afrique du Nord) et Kaouther Ben Hania (La Voix de Hind Rajab, un incroyable et douloureux mémorial sur pellicule d'une tristesse insondable, sur une catastrophe humanitaire qui se conjugue au présent depuis bien, bien trop longtemps), des visages familiers (le radical et anxiogène Silentium de Nidhal Chatta; Le 13ème round de Mohamed Ali Nahdi) mais aussi des figures émergentes comme Lotfi Achour (Les enfants rouges, une tragédie authentique et philosophique aux émotions et à la poésie brutes), et Mehdi M. Barsaoui (Aïcha, un thriller sous-tension dans son portrait authentique et sans concession d'une nation oppressive et patriarcale).
![]() |
| Copyright L'Atelier Distribution |
Nouvel exemple avec ce qui est déjà, à n'en pas douter, l'une des nouvelles cinéastes à suivre : Amel Guellaty, qui envoie gentiment du pâté avec son premier effort, D'où vient le vent, road movie prenant les coutours cotonneuses d'un tendre récit mi-initiatique, mi-existentiel à hauteur d'âmes qui tend à dresser un portrait minutieux d'une jeunesse tunisienne désenchantée, rattrapée par la vérité d'une nation conservatrice et autocratique post-printemps arabe où le rêve de liberté s'est vite confronté à la dure réalité de l'intégrisme.
Le tout vissé sur deux jeunes adultes rêveurs et incroyablement attachants qui aspirent à une existence meilleure, les amis inséparables et fraternels - mais aussi gentiment rebelles - Alyssa et Mehdi, et leur périple semé d'embûches pour rejoindre Djerba, à plus de 500 kilomètres, et tenter de remporter un concours d’art dont le prix est une résidence artistique en Allemagne.
Le terreau fertile pour que la cinéaste dresse un exposé à la fois tout autant frappé d'ironie que de lucidité qui en dit long aussi bien sur les conditions de la femme dans le monde arabe, que sur une jeunesse confrontée à un avenir incertain, dans une Tunisie bouffée par des (belles) promesses figées et un chômage galopant.
Un constat juste et assuré, qui contrebalance avec une spontanéité et une fraîcheur qui se retrouve aussi bien dans sa mise en scène pleine d'entrain, que dans la partition enthousiasmée et enthousiasmante de son duo vedette Eya Bellagha/Slim Baccar.
Un sacré premier long-métrage donc.
Jonathan Chevrier









