[CRITIQUE] : Cinque secondi
Réalisateur : Paolo Virzì
Acteurs : Valerio Mastandrea, Galatea Bellugi, Valeria Bruni Tedeschi,...
Distributeur : Pan Distribution
Budget : -
Genre : Comédie dramatique.
Nationalité : Italien.
Durée : 1h45min.
Synopsis :
Adriano, un homme solitaire, vit dans les anciennes écuries de la Villa Guelfi, une demeure abandonnée.
Lorsqu’une communauté de jeunes s’installe sur la propriété pour restaurer les terres et les vignes, il tente d’abord de les chasser. Parmi eux, Matilde, profondément liée à la villa où elle a grandi auprès de son grand-père, ravive la mémoire des lieux. Ils vont devoir apprendre à vivre ensemble…
Dix-huit longs-métrages en une trentaine d'années et l'impression, pugnace pourtant, que le cinéaste italien Paolo Virzì n'a jamais totalement su marqué au fer rouge son importance au sein d'un cinéma transalpin qui, passé le tumulte des années 80/90 où seuls quelques cinéastes de renom ont sensiblement tenus la barque, semble enfin retrouver un rythme de croisière avec une jeune garde aux dents sensiblement longues.
Alors certes, si sa filmographie n'a décemment plus la même verve qu'à ses débuts (on pense, évidemment, aux excellents Ovosodo, Baci e abbracci, Caterina Va in Città et, un peu plus tard, au virage des années 2010, La Prima Cosa Bella), il est un poil injuste de ne pas prêter, même après un décevant Un altro ferragosto, plus qu'un regard attentif à son retour dans nos salles obscures, d'autant que Cinque Secondi a tout du retour aux sources salutaire, de son cadre réconfortant - la douce Toscane - à sa volonté de s'entourer de quelques-uns de ses collaborateurs de toujours - Francesco Bruni et son frère, Carlo Virzì.
Comédie dramatique narrativement et émotionnellement dense, l'intrigue est principalement nouée autour du malaise existentiel d'une figure énigmatique et bourrue, bouffée par la solitude et la culpabilité, un avocat jadis renommé dont l'existence a littéralement basculé en une poignée de secondes - tout est dans le titre -, par la faute de sa propre négligence (il a causé la mort de sa fille lors d'une sortie en canoë, et est poursuivi en justice par son ex-femme), mais qui va, peu à peu après s'être littéralement retiré du monde, reprendre goût à la vie au détour d'une relation un temps houleuse, mais par la suite presque paternelle, avec une jeune femme enceinte et au caractère bien trempé, qui a investi avec ses amis, le vignoble/villa en ruine en face d'où il a élu domicile...
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Décemment pas l'œuvre la plus aboutie de sa carrière (mais, clairement, l'un de ses meilleurs films depuis un petit moment), il y a néanmoins une émotion vibrante qui se dégage de cette comico-dramatico-chaotique chronique humaine tentant de percer la vérité derrière la complexité de la culpabilité comme de l'affection et de l'amour que l'on porte et donne, source d'une force incroyable comme d'une souffrance amère, au détour des aternoiements d'un homme (campé avec justesse par un Valerio Mastandrea tout en mélancolie) cherchant un pardon qu'il ne peut lui-même s'offrir, effroyablement nostalgique qu'il est d'un temps, d'une vie à jamais révolue, coincé dans un présent où chaque journée se ressemble.
Un purgatoire qui donne du corps à un film qui se revendique à la fois grave et profond mais pas pour autant dénué de légèreté dans son itinéraire d'un fantôme hanté revenant parmi les vivants, infiniment perfectible (notamment son final aussi heureux que problématique) dans sa simplicité assumée comme dans son déséquilibre mais qui, paradoxalement, ne manque pas de charme même dans son manque criant de subtilité, en grande partie pour la sympathie folle qu'exerce une distribution totalement vouée à sa cause (dont une Galatea Bellugi qui n'a de cesse d'impressionner de prestation en prestation).


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