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[CRITIQUE] : Sauvons les meubles


Réalisatrice : Catherine Cosme
Avec : Vimala Pons, Yoann Zimmer, Guilaine Londez, Jean Luc Piraux,...
Distributeur : New Story
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Français, Belge, Suisse.
Durée : 1h24min

Synopsis :
Lucile est une photographe reconnue et indépendante. Lorsque sa mère tombe malade, elle accourt dans la maison de son enfance et y retrouve son frère Paul. Là, ils découvrent que leur mère, autrefois pétillante et entrepreneuse, leur cache des choses... Lucile et Paul comprennent alors qu'ils n'ont plus que quelques jours pour sauver bien plus que les meubles…





Le cinéma a depuis toujours servi d’outil de partage de drames, permettant de raconter des histoires intimes afin de les rendre universelles par l’art de la mise en scène. Ainsi, le nœud de ce Sauvons les meubles vient d’une histoire qui est réellement arrivée à Catherine Cosme, passant au format long-métrage pour la première fois après deux courts remarqués et un travail de chef décoratrice récompensé notamment d’un César. On sent dès lors la proximité du sujet mais également l’appel constant à une forme d’empathie et de réparation, conférant au film un gros cœur battant durant toute la durée de sa narration.

Ainsi, la réalisatrice parvient à poser rapidement Lucille (Vimala Pons, impeccable comme d’habitude) par une scène de shooting photo où le besoin de contrôle se ressent immédiatement. La façon d’approcher le sujet et de l’amener aux ambitions de la photographe installe immédiatement le personnage alors que son existence va partir dans la perte de cette maîtrise. Le retour aux sources impose alors une confrontation double, celle du drame de la perte à venir et de l’obligation à affronter une situation économique désastreuse. Le tout se fait sur un fil d’une extrême finesse mais qui parvient à charrier émotionnellement ses thématiques avec une dramaturgie loin d’être pesante.

Copyright New Story

En faisant exister ce petit village où la chaleur répond à la froideur du studio du début, Catherine Cosme invoque le retour à soi mais aussi une forme de microcosme enfermant, celui d’une famille dont les bases de non-dits vont amener à l’implosion face à la catastrophe à venir. La mise en scène réussit à faire ressentir cette exiguïté sentimentale tout en faisant respirer les énergies de son casting, notamment la physicalité en réponse entre Vimala Pons et Guilaine Londez, accordant beaucoup de corps au conflit mère-fille pour que l’histoire parvienne à exister de manière palpable. On sent les doutes des affrontements passés, le besoin de s’exprimer mais également la difficulté de communication alors que la galère financière prend de plus en plus de place dans la demeure, quitte à écraser tout le monde sur son passage.

Tendre et amer à la fois, Sauvons les meubles réussit dans son énergie de vie à parler de la peur de la perte (dans plusieurs sens) et à invoquer ses désarrois avec un humanisme transpirant à l’écran. Tantôt drôle, tantôt émouvant, c’est un joli premier long-métrage qui donne beaucoup d’espace à ses personnages pour les faire vivre dans leurs doutes respectifs, à l’orée d’une fin que l’on sait venir et dont le cataclysme se ressent déjà. Porté par une mise en scène subtile et deux comédiennes se répondant brillamment, le film trouve une lumière douce, douloureuse parfois mais hautement recommandable dans sa façon de se raconter.


Liam Debruel