[CRITIQUE] : Morlaix
Réalisateur : Jaime Rosales
Acteurs : Aminthe Audiard, Samuel Kircher, Mélanie Thierry, Alex Brendemühl,...
Budget : -
Distributeur : Condor Distribution
Genre : Drame.
Nationalité : Français, Espagnol.
Durée : 2h04min
Synopsis :
Fragilisée par le récent décès de sa mère, la jeune Gwen trouve du réconfort auprès de sa bande d'amis et de son amoureux, Thomas. Mais l'arrivée de Jean-Luc, étudiant au charme magnétique, la plonge dans une confusion des sentiments. Qui choisir? Un jour, comme pour éclairer son choix, Gwen tombe au cinéma sur un film qui semble inexplicablement lui dévoiler sa propre vie...
Quoique l'on puisse penser de son cinéma au coeur d'une production espagnole à la vitalité enthousiasmante, il est indeniable d'admettre que le cinéaste barcelonais Jaime Rosales est un faiseur de rêves qui ose, qui aime se mettre en danger en experimentant à chaque effort, que ce soit d'un point de vue du fond comme de la forme; un cinéaste qui porte son éclectisme et sa singularité en bandoulière et qui est, de facto, incroyablement fascinant à suivre comme à décortiquer.
Drame familial qui s'amuse du spleen screen, réalisme à la lisière du documentaire, docu-fiction à la crudité rare,... chaque œuvre est une aventure à part entière, et on avait laissé le bonhomme sur, sans aucun doute, l'une de ses plus belles - et exigeantes - en 2023 : Les Tournesols sauvages, odyssée douloureuse et chapitrée d'une mère de famille à l'épanouissement empêché, lentement mais sûrement bouffée par des hommes jamais réellement en adéquation avec ses aspirations et désirs.
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| Copyright 2026 Condor Distribution |
Morlaix, son nouvel effort (qui prend pour titre et cadre une ville bretonne pour laquelle il parvient sans peine à montrer tout son amour), suit ce même mantra même s'il est définitivement moins assuré autant d'un point de vue narratif qu'esthétique (une photographie délavée jonglant avec un noir et blanc définitivement plus léché, révérence assumée - jusque dans ses dialogues excessivement volubiles - à la Nouvelle Vague), lui qui joue ici les équilibristes entre le drame intime et le récit initiatique adolescent à travers l'opposition entre réalité et projection/représentation - sentimental comme existentiel - du réel, mais également des digressions philosophiques sur les notions d'amour (et sa noblesse), de mort et de religion.
Un sacré cocktail, pas toujours digeste mais enrobé dans une mélancolie cotonneuse, vissé sur les incertitudes d'une adolescente endeuillée dont le cœur confus vibre pour deux jeunes hommes incarnant deux visions distinctes d'appréhender sa vie (la sécurité des sentiments d'un côté, la folie séduisante de l'inconnu de l'autre), et que le destin va confronter à une sorte de mise en abyme cinématographique de son propre avenir, qui va bousculer toute ses croyances, ses attentes mais aussi exacerber ses angoisses et ses contradictions.
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Fable qui se revendique Rohmerienne (mais n'en a ni la légèreté volubile, ni la justesse de jeu) façon film dans le film, qui capture d'une manière purement romanesque l'adolescence comme la notion de premier amour plus qu'elle ne l'aborde frontalement, Morlaix laisse un reel goût d'inachevé tant sa balade existentialo-sentimentale, qui sait se montrer charmante, n'en reste pas moins beaucoup trop étirée pour son bien.
Un premier - léger - faux pas.
Jonathan Chevrier



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