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[CRITIQUE] : Le dernier pour la route


Réalisateur : Francesco Sossai
Avec : Filippo Scotti, Sergio Romano, Pierpaolo Capovilla,...
Distributeur : New Story
Budget : -
Genre : Comédie Dramatique.
Nationalité : Italien, Allemand.
Durée : 1h40min

Synopsis :
Carlobianchi et Doriano, deux cinquantenaires fauchés, errent la nuit en voiture de bar en bar, obsédés par l’idée d’un dernier verre, lorsqu’ils croisent la route de Giulio, un étudiant en architecture aussi timide que naïf. Entre confidences et gueule de bois, cette rencontre inattendue avec ces deux mentors improbables va bouleverser la vision que Giulio porte sur le monde, l’amour… et son avenir.





Passé plusieurs décennies (depuis le début des années 80, en gros) ou seules quelques figures populaires venaient, à l'occasion, gentiment replacer son cinéma au centre des débats, le cinéma italien semble s'être offert une véritable cure de Jouvence depuis une bonne dizaine d'années désormais, composant une sorte de nouvelle vague portée par une pluie de jeunes visages/cinéastes talentueux, certes résolument moins audacieux que leurs incroyables figures tutélaires (pas la même époque, évidemment, et c'est un reproche facile que l'on pourrait - en partie - se faire nous-même avec notre propre production hexagonale), mais avec de vraies jolies choses à dire caméra au poing.

Tant mieux pour lui et, surtout, tant mieux pour les cinéphiles que nous sommes puisque la proposition en salles - où ailleurs - n'est jamais plus forte que lorsqu'une industrie est en pleine possession de ses moyens, comme de sa créativité.

Copyright New Story

Alors certes, s'il n'est pas réellement frappé du sceau de l'originalité (ce qui sappe un peu toute cette introduction pompeuse, fais chier...), Le dernier pour la route, estampillé second long-métrage de Francesco Sossai, comédie dramatique imbibée d'alcool et de mélancolie semblant tout droit sortie de la filmographie de Risi, qui cherche autant à célébrer une Italie « provincial » (ici la Vénétie) bouffée par la logique d'un néo-libéralisme qui dénature/détruit tout comme par la lassitude désespérée d'un manque cruel d'alternative, qu'à coller aux basques d'un pèlerinage de la bibine prenant les contours d'un récit de transmission aussi léger que mature, où deux quinquas dont l'oisiveté est moins une forme de paresse consentie que de résistance marginale à une société oppressante et normative à l'humanité vascillante, prennent sous leurs ailes dans leur errance, un étudiant en architecture aussi timide que naïf.

Jamais totalement plombé par un didactisme pourtant affirmé, ni par l'impression persistante d'une narration qui navigue gentiment à vue et enchaîne les facilités, le film, porté par un solide tandem Filippo Scotti et Sergio Romano, se fait une fable triste et pittoresque, drôle et lucide qui vaut gentiment son pesant de pop-corn.


Jonathan Chevrier