[CRITIQUE] : La Poupée
Réalisatrice : Sophie Beaulieu
Avec : Vincent Macaigne, Cécile de France, Zoé Marchal, Gilbert Melki,...
Distributeur : Ad Vitam
Budget : -
Genre : Comédie, Romance.
Nationalité : Français.
Durée : 1h20min
Synopsis :
Rémi ne s’est jamais remis de sa dernière séparation. Depuis, il s’est mis en couple avec une poupée, c’est plus simple. Elle s’appelle Audrey. Le jour où Patricia, une nouvelle collègue, arrive dans l’entreprise de Rémi, Audrey va mystérieusement prendre vie.
Au rayon des comédiens capable de nous faire déplacer dans une salle obscure sur son propre nom, gageons que Vincent Macaigne se pose-là, figure à la fois gentiment discrète et pourtant omniprésente depuis plus d'une bonne décennie maintenant, capable de se fondre à la fois dans la distribution d'une bonne grosse comédie populaire bien de chez nous (quoiqu'il a une tendance à, intelligemment, privilégier les plus subtiles d'entre-elles), dans celle d'une romance - plus où moins - intimiste, d'un drame familial à forte tendance lacrymal voire même d'un polar noir et musclé qui sent bon le sang et le bitume (plus rare, évidemment).
Un véritable ami de la famille en somme (on exagère un peu le trait certes, mais t'as compris l'idée), dont on exagérerait à peine en affirmant qu'il est capable si ce n'est de tout jouer (cela dit, rien ne vient affirmer le contraire jusqu'à maintenant), au moins prompt à se fondre dans tout ce que le cinéma peut offrir comme diversité - ce qui n'est décemment pas le cas de tout le monde.
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Et c'est à nouveau dans le giron qui lui est le plus familier, la comédie - avec une jolie pointe de romantisme -, qu'on le retrouve en ce printemps résolument dense en sorties, avec La Poupée, estampillé premier long-métrage de la wannabe cinéaste Sophie Beaulieu, qui part d'un pitch pas si eloigné du génial Une fiancée pas comme les autres de Craig Gillepsie (un quarantenaire célibataire, qui ne s’est jamais remis de sa dernière séparation, se met en couple avec une poupée qui, mystérieusement, prendra vie à l'arrivée dans son entreprise d'une nouvelle collègue, dont il n'est pas insensible), pour moins voguer vers la fable mélancolico-fantaisiste façon parabole sur la tolérance et l'acceptation de la différence au plus près d'une solitude et d'une détresse intense, que vers la voie - pas si éloignée de la fable non plus, finalement - de la romcom (légèrement) fantastique et féministe tout en décalages comiques.
Une péloche qui assume pleinement ses - légères - absurdités/excentricités comme ses fragilités évidentes, pour mieux s'essayer à ausculter les notions de couple et d'isolement comme les injonctions faites aux femmes (en confrontant sa " poupée " qui n'en sera plus une, aux joies - subtiles - de la domination masculine mais également à une forme singulière d'émancipation, en menant son " mari " sur la route de l'amour) et le poids et les angoisses entourant le célibat (et la peur de l'engagement), dans une société contemporaine horriblement oppressive et normative (pression aussi bien au coeur de la cellule familiale, qu'au sein de la sphère professionnelle).
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Tout n'est pas parfait à l'arrivée, évidemment, dans cet exposé modeste et fantaisiste sensiblement condensé (à peine 1h20 au compteur), la faute à une écriture très (trop) légère abordant sans trop de profondeur ses thématiques (là où son humour aurait même mérité à pousser le bouchon de l'acidité un peu plus loin), allant de pair avec une mise en scène sans trop d'ambition (on reste sur un premier effort, et qui plus est sur une comédie, cela s'entend), mais l'enthousiasme générale couplée à une distribution au diapason (que ce soit les valeurs sûres Vincent Macaigne - joliment en mode Droopy -, Cécile de France et Gilbert Melki, sans oublier une pétillante Zoé Marchal), font que La Poupée est une comédie qui defend chèrement son pesant de pop-corn.
Pas le cas de toutes les productions du genre en salles, sur les dernières semaines d'exploitation...
Jonathan Chevrier



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