[CRITIQUE] : La Femme de
Réalisateur : David Roux
Avec : Mélanie Thierry, Eric Caravaca, Arnaud Valois, Jérémie Renier,...
Distributeur : Jour2fête
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Français, Belge.
Durée : 1h55min
Synopsis :
Voilà Marianne aujourd’hui : femme d’un riche industriel, enviée et admirée, épouse modèle et mère de famille dévouée. Elle va avoir 40 ans et le confort de la vaste demeure familiale a lentement refermé sur elle son piège impitoyable. Prisonnière d’un inextricable réseau d’obligations sociales, familiales et conjugales, complice de son propre effacement, elle a, sans même s’en apercevoir, renoncé à elle-même. Alors, quand resurgit l’ombre de son passé, une brèche s’ouvre. Une autre vie serait-elle possible ? Et à quel prix ?
Discrètement mais sûrement, forte de choix qui l'a font explorer toutes les nuances de son jeu d'actrice, capable d'alterner les rôles complexes avec une facilité absolument déconcertante, Mélanie Thierry détonne, rayonne mais surtout impose sans effort sa marque au sein d'un septième art hexagonal qui, n'ayons pas peur des morts, n'aurait pas été le même sans sa présence lumineuse depuis plus de deux décennies désormais.
Un de ses talents rare, qui peut nous vendre un film et nous pousser à se rendre en salles sur sa seule et unique présence, autant que de ceux capables de relever les menus défauts d'une écriture et/où d'une mise en scène ne les mettant jamais assez en valeur - voire même les deux.
Passé une année 2025 mi-figue, mi-raisin (Connemara, le mélodrame pachydermique et décousu aux écarts sensuels particulièrement gênants, d'un Alex Lutz que l'on a connu plus inspiré; le magnifique La Chambre de Marianna d'Emmanuel Finkiel, rugueux et poignant récit d'une enfance qui se perd sur la voie difficile et violente de l'âge adulte, qui aurait dû lui valoir un César de la Meilleure Actrice il y a quelques semaines), elle nous revient en ce début d'année avec pas moins de trois péloches : Morlaix de Jaime Rosales, la comédie C'est quoi l'amour ? de Fabien Gorgeart mais tout d'abord La Femme de, en salles ce mercredi.
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| Copyright Eliane Antoinette / Reboot Film / Jour2fête |
Soit second long-métrage d'un David Roux que l'on avait laissé avec le résolument réussi L'ordre des médecins, porté par un touchant Jérémie Renier en médecin en service de pneumologie, bousculé par l'internement dans un service voisin, de sa mère malade.
Un poil moins remarquable se fait cette seconde monture, drame sauce Haute Bourgeoisie aux coutures Chabroliennes plus ou moins affirmées, inspiré du roman Son nom d'avant d’Hélène Lenoir et collé aux basques de l'existence monochrome de l'épouse d’un riche industriel lorrain, Marianne, femme modèle et dévouée qui se sent inéluctablement bouffée par le conservatisme comme le confort d'une vie bourgeoise et de ses obligations, derrière laquelle elle s'est consciemment effacée dans une forme de capitulation qui l'a pousse chaque jour plus près du bord du gouffre.
Du velours pour ce qui incarne in fine une peinture bourgeoise maladroite (la faute à une écriture gentiment caricaturale, jusque dans ses dialogues) et à la familiarité un peu trop exacerbée, mais qui a le bon ton d'être tout du long vissé sur l'immobilisme désespérée comme la résilience fragile d'une Mélanie Thierry sous emprise, à la partition joliment nuancée (à la différence de ses autres partenaires de jeu).
Pas désagréable donc, mais pas mémorable non plus.
Jonathan Chevrier


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