[CRITIQUE] : Hélène Trésore Transnationale

Réalisatrice : Judith Abitbol
Acteurs : Hélène Hazera, Claude Chuzel, Lola Miesseroff,...
Distributeur : Singularis Films
Budget : -
Genre : Documentaire.
Nationalité : Français.
Durée : 1h34min.
Synopsis :
C’est dans un geste d’amitié et d’admiration que Judith Abitbol réalise ce portrait d’Hélène Hazera, figure flamboyante des contre-cultures des années 70-90, en France. Il fallait cette proximité de cœur pour approcher cette personnalité singulière et son histoire. Membre des Gazolines, courant situationniste du F.H.A.R. (Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire), activiste LGBTQ, journaliste à Libération, Hélène Hazera a créé la commission Trans et SIDA au sein d’Act Up, une de ses grandes fiertés. C’est un peu de l’esprit joyeusement subversif de cette époque qui nous éclabousse là.
Le septième art, et plus particulièrement son pendant documentaire, est souvent fait pour ça (pas uniquement, évidemment, mais t'as compris l'idée hein) : mettre en lumière des personnalités plus où moins singulières et/ou importantes que le grand public n'a pas forcément la chance de connaitre - ne serait-ce que de nom -, les célébrer comme mettre en avant leur parcours, leur art, leurs combats, leurs voix.
Des efforts tels que ceux composés notamment par la talentueuse Marie Losier, dans sa propension à s'attacher à des figures passionnées et passionnantes, pour mieux composer des oeuvres denses, merveilleusement nourries et hypnotisées par leur sujet (au militantisme parfois fougueux pour la première); des documentaires tout en empathie et en exaltation, qui dépassent le simple carcan des portraits intimes, empathiques et nuancés.
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En ce sens, Hélène Trésore Transnationale de Judith Abitbol, pourrait presque correspondre à ce mantra créatif, tentative infiniment louable de dresser le portrait d'une existence qui semble en condenser mille en une seule : celle incroyable mais vraie d’Hélène Hazera, figure flamboyante des contre-cultures des années 70-90, pionnière du militantisme LGBTQ+, candidate à l’IDHEC (recalée pour sa transidentité, joies de l'époque), journaliste chez Libération où encore membre des Gazolines et du courant situationniste du F.H.A.R. (Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire), actrice et réalisatrice.
Un sacré parcours que la cinéaste aborde comme un vrai travail de mémoire intime et à fleur de souvenirs, avec admiration et dévotion (mais pas sans une auto-mise en avant maladroite), riche en extraits d'archive sans pour autant jouer la carte de l'hagiographie pompeuse et artificielle : tout y est naturel, vivant et vibrant dans son témoignage d'une époque pas si lointaine où les engagements face à une intolérance violente ont, dans la douleur comme dans la solidarité, amenés les - fragiles mais réelles - évolutions sociales, médiatiques et politiques du présent.
Une histoire fantastique qui aurait mérité un écrin moins étriqué, autant dans sa forme que dans sa durée (à peine 90min au compteur) car oui, tout est dans le titre : Hélène Hazera est bien un Trésore Transnationale.
Jonathan Chevrier

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