[CRITIQUE] : Chantage
Réalisateur : Jonah Hill
Avec : Keanu Reeves, Cameron Diaz, Matt Bomer, Jonah Hill,...
Distributeur : Apple TV
Budget : -
Genre : Comédie, Drame.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h23min
Synopsis :
Reef, une ancienne gloire d'Hollywood, doit replonger dans son passé pour affronter ses démons et se racheter après qu'on lui ait extorqué un mystérieux clip vidéo.
Difficile de ne pas admettre que Keanu Reeves est, visiblement, un chouette gars au coeur d'or, de nombreux témoignages pullulent suffisamment sur la toile pour confirmer l'idée que l'éternel Neo n'est pas simplement un mec cool devant les diverses objectifs du star-système : il l'est réellement et sans la moindre réserve.
Si le débat reste ouvert quant à ses talents devant - voire derrière - une caméra (si son appréciation est à la subjectivité de chacun, ce serait de mauvaise foi d'affirmer qu'il n'a pas quelques chouettes performances au sein de sa filmographie, surtout dans la première moitié de sa carriere, certes), impossible de ne pas souligner néanmoins la faculté assez folle du bonhomme à s'auto-saborder avec une générosité qui, au-delà d'interroger, inquiète dans sa propension à enchaîner les mauvais films (hors saga John Wick et quelques - très rares - exceptions), comme la mauvaise habitude qu'il peut avoir de tourner pour des figures Hollywoodiennes ayant de méchantes casseroles aux fesses.
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Prenons pour exemple ses deux dernières péloches en date, le Good Fortune d'un Aziz Ansari un brin balayé par l'ouragan #MeToo, mais également Outcome d'un Jonah Hill qui, au-delà de ses dérapages incontrôlés et autres accusations diverses (libre à toi cher lecteur, d'aller titiller ton clavier sur Google pour en savoir plus), s'est dit que concocter, après s'être fait discret pendant quelques temps, une satire sur la cancel culture et les affres/dangers de la célébrité à l'époque de TMZ et des réseaux sociaux, était le meilleur moyen de revenir sur le devant de la scène - avec un film plaidoyer du plus mauvais goût.
Monumentale erreur, évidemment, tant le film, vissé sur la vrai/fausse quête rédemptrice d'une grande star hollywoodienne ex-addict à la coke et à l'égo démesuré que l'on cherche à faire chanter (mystère qui ne sera pas résolu, mais qui sert paradoxalement de fil rouge à l'intrigue), trouve le moyen d'être encore plus maladroit (mais surtout plus ringard) que le récent Jay Kelly de Noah Baumbach, sorte de mauvais sketch du SNL décousu et jamais véritablement mordant ni drôle et pertinent (et passé derrière l'excellente série The Studio, également sur Apple TV, ne lui rend absolument pas service), où l'accumulation de guests ne vient jamais contrebalancer la platitude d'une écriture sans ambition, aussi outrancière que tout en ressentiments dans sa banalisation de la réalité.
Reste un Martin Scorsese magistral en agent lessivé (une figure pas si éloignée du personnage d'Adam Sandler dans... Jay Kelly) mais ça fait maigre dans la balance, rachitique même.
Jonathan Chevrier


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