Breaking News

[CRITIQUE] : Good Luck, Have Fun, Don't Die


Réalisateur : Gore Verbinski
Avec : Sam Rockwell, Juno Temple, Haley Lu Richardson, Michael Peña, Zazie Beetz,...
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Budget : -
Genre : Aventure, Comedie, Science-fiction.
Nationalité : Américain, Allemand.
Durée : 2h15min

Synopsis :
Un soir, dans un resto minable de Los Angeles, un homme étrange et débraillé débarque avec un détonateur à la main et affirme venir du futur. Ce serait la 117ème fois qu’il remonte le temps pour empêcher l’apocalypse déclenchée par une IA et sauver une humanité lobotomisée par les écrans. Son ultime stratégie : recruter les clients du restaurant pour former une équipe capable de sauver le Monde. Si ce groupe aussi improbable que mal préparé y parvient, alors l’Humanité a peut-être encore une chance… Ou peut-être pas. Qui sait ?





Dix ans après le très étrange mais passionnant A cure for life, Gore Verbinski revient avec un nouveau projet totalement différent de son précédent film, et plus proche de ses premières productions ; Good Luck, Have Fun, Don’t Die. Le réalisateur américain retourne sur une recette plus déjantée et bordéliquement fun qui rappelle son travail sur Pirates des Caraïbes. Cet homme étrange, extravagant et sans limite qui entre dans un restaurant, proclamant qu’il vient du futur ne peut que faire penser à Jack Sparrow dans sa caractérisation.
Mais, heureusement pour le spectateur, les liens s’arrêtent ici. Car Verbinski s’empare d’un style assez spécifique et un peu éculé ; les films à boucle temporelle. Cependant, pour se démarquer, au lieu de nous montrer plusieurs boucles, il se concentre sur une seule tentative, qui pourrait bien être celle qui sauve le monde. L’objectif de cette aventure ? Installer des gardes fous sur une IA qui va détruire le monde. 

Good Luck, Have Fun, Don’t Die s’ouvre donc sur une longue scène introduisant tous les enjeux. Scène très simple, tirant par instant en longueur, mais réussissant étrangement à choper le spectateur. Un exploit sûrement dû à la performance de Sam Rockwell s’amuse et se déchaîne dans la peau de ce personnage. Arrive ensuite le premier flashback servant à présenter les personnages qui serviront de compagnons de route à l’Homme du futur. Une séquence sur 2 professeurs de lycée confrontés à des classes d’adolescents scotché sur leur téléphone, complètement lobotomisé. Un passage qui inquiète pour la suite du film avec des relents de commentaire sur les jeunes et les téléphones transpirant le “c’était mieux avant”. 

Copyright Entertainment Film Distributors / Metropolitan FilmExport

Mais bien loin du simple message de boomer, Gore Verbinski s’attaque en réalité aux IA, et plus globalement à l’utilisation des nouvelles technologies par les gouvernements pour contrôler les populations. Il s’amuse à développer des idées de plus en plus dingue, notamment autour des fusillades de masse dans les lycées et du clonage. Jusqu’à sa fin, le film explore notre rapport avec la technologie et jusqu’où nous sommes prêts à abandonner nos libertés pour un confort personnel. De plus, Verbinski se sert de film pour critiquer l’utilisation des IA dans l’art. Un outil qui ne crée rien, et qui n’a comme seul utilité de produire des histoires/images pauvres et sans intérêts. La fin de Good Luck, Have Fun, Don’t Die, qui peut paraître frustrante, est d’ailleurs un excellent commentaire sur cet aspect. Les IA ne sont là que pour servir aux spectateurs ce qu’ils veulent voir. Ou plutôt, ce qu’ils pensent vouloir. 

Un autre aspect passionnant du film est ses liens avec le jeu vidéo. Il emprunte des codes du roguelike, ces jeux où l’on enchaîne les tentatives pour aller le plus loin possible à chaque fois. Chaque essai présente des obstacles différents, mais on s’améliore en comprenant des paternes particuliers, ou en essayant de nouvelle approche. La différence avec les autres films reprenant ces codes est que Verbinski nous montre seulement une tentative. Nous ne suivons donc pas cette aventure par le regard du héros de l’aventure, mais plus par l’équipe qui l’accompagne. Des personnages qui ne sont malheureusement pas tous traité de la même manière, avec certains qui n’ont qu’une seule fonction ou bien servent juste de chair à canon. On peut aussi regretter certaines longueurs ainsi que des idées ou par instant trop bordélique et ayant peu de sens vers la fin. 

Copyright Entertainment Film Distributors / Metropolitan FilmExport

En s’emparant des codes du jeu vidéo, Good Luck, Have Fun, Don’t Die offre un moment complètement bordélique mais terriblement fun. Gore Verbinski explore des réflexions et idées passionnantes (et très drôles) sur l’utilisation des nouvelles technologies par les gouvernements pour contrôler la population. Malgré quelques longueurs et des simplicités scénaristiques, difficile de passer un mauvais moment devant ce film (surtout avec un Sam Rockwell qui semble autant s’amuser dans son rôle).


Livio Lonardi