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[FUCKING SERIES] : Les dinosaures : Amblin et les dinos



(Critique - avec spoilers - de la mini-série)


On l'a déjà dit et on le répétera sans doute encore et encore : le pouvoir de fascination exercé par les dinosaures ne diminue pas, et ce malgré ce que tentent de nous faire croire les films Jurassic World. Il suffit de voir la prolifération d'ouvrages, de fictions ou encore de documentaires revenant sur ces créatures exceptionnelles, à la grandeur imposante ou à l'imagerie réveillant invariablement l'enfant qui sommeille au fond de nous. Nous avions donc hâte de découvrir cette nouvelle mini-série documentaire disponible sur Netflix depuis ce matin, Les dinosaures. Et clairement, on aurait adoré avoir droit à plus de quatre épisodes tant ceux-ci sont solides et passionnants.

La scission dans la narration est clairement bien trouvée, allant de « L'ascension » à « La chute », en passant par « La conquête » et « L'empire ». Cette construction permet de brosser un regard rapide sur le développement et la fin des dinosaures, bien aidée par la voix off d'un Morgan Freeman toujours passionnant à suivre. On se laisse prendre par ce regard du tout début jusqu'à la conclusion attendue, avec un côté resserré qui pourra frustrer les personnes en désirant plus tout en permettant une bonne introduction à tout ce pan de l'histoire. On sent sans peine le côté ludique et l'envie de retracer avec clarté le chemin des dinosaures, ce qui n'empêche pas un pincement au cœur dans son traitement de la fin, captant toute la dévastation apocalyptique vécue par ceux-ci.

Visuellement, on est sur quelque chose de très solide par son animation numérique. Le rendu 3D permet de donner correctement corps aux créatures et de recréer cette période tout en se réglant sur les découvertes les plus récentes dans le domaine. On sent l'ampleur des images, l'ambition de la revisite et surtout le besoin de coller au plus près de l'histoire. Dans une période où l'on aime à diminuer la science et la panique d'un chaos final dont on semble invariablement se rapprocher, cette mini-série parvient à conserver son cœur et son intelligence tout en allant dans la mise en garde du cycle éternel de l'histoire. Serions-nous des dinosaures à venir, allant dans la propre chute de notre empire? On pourrait aisément développer un lien, bien que l'approche de la série serve surtout dans le partage de savoirs.

Les dinosaures nous a donc particulièrement plu, trouvant une force d'imagerie au service d'un besoin de savoir avec une construction narrative prenante. Nous permettant de mieux suivre le trajet de ces créatures de légende, on est là face à du documentaire ample, prenant et se savourant vite, trop vite sans doute si l'on veut être franc. Si Sur la terre des dinosaures aura perpétué l'amour de toute une génération pour cette période historique, Les dinosaures devrait convaincre une nouvelle tranche d'âge sans être aliénant, toujours sur une justesse d'apprentissage et de découverte assez grisante.


Liam Debruel