[ENTRETIEN] : Entretien avec Kirk Jones (Plus fort que moi (I Swear))
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Parlant de la réalité du syndrome de la Tourette, Plus fort que moi (I Swear) se trouve toujours sur un fil d’équilibriste entre l’humour et le drame tout en parvenant à se maintenir sans problème tout du long. C’était donc un honneur de pouvoir en discuter avec son réalisateur Kirk Jones à l’occasion de sa venue au Love International Film Festival de Mons.
J’ai toujours été fasciné par sa condition et le fait qu’il dise des choses qu’il ne pensait pas mais qui sortent de lui. Il avait l’air d’une personne très douce et respectueuse, ce qui rendait le contraste encore plus extraordinaire car ce qu’il disait pouvait être dangereux. - Kirk Jones
Peut-on revenir sur votre première rencontre avec John Davidson, dont vous adaptez la vie avec ce film ?
Je l’ai rencontré pour la première fois il y a quatre ans en le contactant sur Facebook avant de discuter par Zoom. Je me souviens de lui en 1989 avec ce documentaire intitulé « John’s Not Mad », où je l’avais vu. Il avait alors 15 ans. Puis je l’ai vu dans un autre documentaire alors qu’il était dans sa vingtaine avant un autre encore dans sa trentaine. Donc je l’ai suivi à travers ma vie. J’ai toujours été fasciné par sa condition et le fait qu’il dise des choses qu’il ne pensait pas mais qui sortent de lui. Il avait l’air d’une personne très douce et respectueuse, ce qui rendait le contraste encore plus extraordinaire car ce qu’il disait pouvait être dangereux. Donc je l’ai rencontré, je me suis rendu en Écosse et je me souviens que dans sa rue, alors que je cherchais le numéro de sa maison, je l’ai entendu crier « Wanker, wanker », ce qui m’a fait penser que j’étais au bon endroit. Je suis arrivé devant sa porte, il m’a invité à entrer et quand je lui ai demandé si je devais enlever mes chaussures, il m’a répondu « Faisons l’amour ! ». Je lui ai demandé s’il voulait quand même que j’enlève mes chaussures avant car c’est dans mon instinct d’alléger la situation. Mais très rapidement, il m’a dit de ne pas essayer de blaguer sur ses tics, juste de les ignorer. J’ai vu des gens qui, en rencontrant John, ne savaient pas comment réagir. Quand il disait à une personne qu’elle était grosse, celle-ci répondait qu’elle avait repris du poids récemment et il se sentait obligé de dire que ce qu’il disait n’avait pas de sens. Ce n’est même pas ce qui est dans sa tête, c’est ce que Tourette balance et à chaque fois, c’est la chose la plus choquante ou triste qui puisse arriver. Bien sûr que rencontrer une personne pour la première fois et lui proposer immédiatement de faire l’amour est l’une des choses les plus choquantes à prononcer. S’il m’avait dit d’aller me faire foutre, je n’aurais pas été surpris car je savais qu’il avait Tourette mais c’est comme si sa condition savait que ce n’était pas suffisant, qu’il fallait aller plus loin. C’est donc ainsi que j’ai rencontré John. En quelques minutes, il m’a expliqué plusieurs choses. Tout d’abord, il m’a raconté que la communauté qui a Tourette a toujours été maltraitée par les médias, à la radio, à la télévision. Ils étaient souvent invités dans des émissions avec la promesse de pouvoir aborder leur condition avant de se rendre compte que ces invitations n’avaient que pour but de les filmer en train de dire quelque chose de surprenant, inattendu et drôle. Donc ils se sont souvent sentis utilisés. Quand je l’ai rencontré pour parler d’un film, il était un peu suspicieux, à se demander qui j’étais, ce que j’allais faire, si ça allait juste être une comédie assez bête avec des gens qui lâchent des injures. Mais très rapidement, il s’est senti en confiance avec moi. Il m’a vite expliqué que la chose la plus importante quand on rencontre quelqu’un avec Tourette, c’est d’ignorer les tics mais pas la personne, ce qui est souvent le cas chez les personnes avec un handicap, bien que les personnes ayant Tourette ne s’y référent pas comme cela. Mais si par exemple on rencontre une personne malvoyante ou sur le spectre autistique, on se croit plus confortable à les ignorer et se dire qu’on ne sait pas comment gérer la situation ou comment s’adapter. Donc John m’a dit de ne pas ignorer la personne, juste la condition. Quand j’étais avec John dans sa région, il se trouvait à crier des choses offensantes et les personnes qui le croisaient lui répondaient « Bonjour John, comment vas-tu ? » ou « Quel plaisir de te voir ! » parce qu’elles savent qu’il ne veut pas dire cela, qu’il ne contrôle pas ce qu’il dit. Ils le voient comme une personne, comme John, leur voisin qu’ils apprécient. L’autre chose qu’il m’a expliquée et que j’ai trouvée intéressante, est de ne pas assumer que sa normalité est la même que celle de n’importe qui. Quand je marche dans la rue, cela me paraît normal mais ce n’est pas le cas pour d’autres car elles sont très anxieuses ou elles ont peur de crier quelque chose suite à Tourette. Mais je pense qu’on tombe tous dans le même piège de croire que c’est la même chose pour chacun, penser qu’on a tous le même vécu alors même qu’on est tous très différents. C’est une autre chose que John m’a apprise pendant le temps qu’on a passé ensemble. J’étais avec lui pendant plusieurs jours et je lui ai demandé de me parler de sa vie, de tout ce dont il se souvenait, même si c’était dans le désordre. Il me parlait d’un souvenir à l’école, puis d’une autre chose, etc. Quand je suis reparti, j’ai retranscrit tout ce qu’il m’a raconté mais le script faisait plus de 190 pages donc je savais que j’allais devoir l’élaguer. Au moins, j’avais un document avec tout ce qu’il avait pu me raconter et, à force de recouper, je me suis retrouvé avec le scénario final.
Vous commencez le film par la rencontre avec la Reine. Pourquoi ce choix plutôt qu’une narration plus linéaire ?
Au départ, cette scène devait se dérouler plus tard dans le film vu qu’il était plus vieux et je devais démarrer avec John jeune à vélo, à suivre le récit normalement. Mais j’avais peur que les gens se demandent s’ils avaient la permission de rire. John lui-même, en introduction de chaque séance qu’il a pu mener, disait qu’il ne fallait pas se retenir de rire, de pleurer, de ressentir quoi que ce soit car c’est la réalité quotidienne de la Tourette. Il y a des choses drôles qui se passent, d’autres tragiques. Quand je l’ai rencontré pour la première fois, il m’a dit que sa vie était la plus hilarante mais aussi la plus tragique, que ça s’entrechoquait chaque jour. En tant que réalisateur et scénariste, c’est ce que je voulais partager, ce sentiment proche du rollercoaster. Cela me paraissait normal de démarrer par cette scène car elle raconte l’histoire de John en une séquence. Je l’ai donc déplacée là et cela m’a permis de faire deux choses. Tout d’abord, cela permet de dire au public qu’il a le droit de rire et ça le réchauffe un peu. Ensuite, cela le mettait en condition pour l’histoire de John quand il est plus jeune, qui est plus sombre de bien des manières. Mais surtout, la seconde chose que ça a permis en tant que réalisateur, c’est régler quelque chose qui est compliqué quand on passe d’un jeune personnage à un autre acteur reprenant le rôle adulte. Je savais qu’en introduisant John plus tôt dans la peau de Robert Aramayo avant de revenir sur lui à 14 ans incarnés par Scott Ellis Watson puis de repartir sur notre acteur adulte, le public ferait plus facilement la transition.
Comment, avec pareille histoire, conserver justement cet équilibre entre comédie et tragédie ?
Je sais que c’était mon plus grand défi. En tant que réalisateur et scénariste, vous vous devez de suivre votre instinct car c’est tout ce que vous avez. Vous ne savez pas si ce que vous faites est la meilleure chose mais vous devez faire avec et espérer que, lorsque le public regardera le film, qu’il se sentira à l’aise avec le ton du film. C’est ce que j’ai voulu faire en suivant la façon dont John m’a raconté son histoire et de filmer au mieux. Parfois, il me racontait des histoires quand il était tabassé et laissé pour mort et là, je savais qu’il fallait exprimer au mieux la tristesse et la tragédie. Et puis, il me racontait sa rencontre avec la reine et je trouvais ça drôle car personne n’avait été blessé à ce moment-là. John recevait un prix d’une personne qui connaissait sa condition et savait qu’il allait sans aucun doute lâcher une injure. Donc c’était une scène d’ouverture qui n’allait blesser personne et se présentait au mieux au public. En écoutant John, on se rappelle de la nature imprévisible de Tourette, quand il me racontait une blague avant d’être à deux doigts de me donner un coup. Je me rappelle être au volant avec lui pour aller au supermarché quand il m’a donné un coup dans l’entrejambe (rires). Vous ne savez pas ce qui va arriver donc j’espérais qu’en lançant un peu tout ça, cela me permettrait de trouver le bon ton et permettre au public de se trouver à cette intersection entre tragédie et comédie tout en donnant un bon film. Quand je revois mes films passés, la plupart font rire les gens avant de les réorienter vers quelque chose de plus émotionnel puis de les ramener par le biais d’une blague. C’est la vie au final : ce n’est pas toujours drôle, on a des bons jours comme des mauvais et c’est ce que j’ai essayé de transmettre ici.
Pourriez-vous revenir sur votre approche visuelle ? On sent toujours l’empathie et la proximité dans votre mise en scène.
Il y a plusieurs choses. La première est qu’il y a un aspect physique que je ne voulais pas que le public puisse prévoir. Par exemple, quand il frappe Dottie au visage, je ne voulais pas d’un plan moyen qui puisse faire dire ce qui allait arriver. On a donc fait un plan large pour avoir son bras dans le cadre. Ce que j’ai fait à travers le film, c’est rester dans cette largesse, ce qui signifie que dès que Robert faisait quelque chose, on pouvait tout voir. Je voulais laisser à Tourette tout cet espace physique mais je voulais aussi qu’on ait cette sensation d’observer John comme dans un documentaire très soigné. Cela nous permettait de rester connecté au plus proche de lui. Je ne voulais pas monter le film par des cuts répétitifs afin qu’au montage, on autorise Tourette et John à respirer dans le cadre. C’était ma volonté principale. Ensuite, il y avait des idées plus précises, comme quand il vivait avec sa vraie mère. La caméra est très statique parce que je voulais donner la sensation que vivre avec ses vrais parents avait quelque chose de très confiné et rigide, cette obligation de toujours s’excuser, de devoir mesurer ses gestes qu’il ne contrôle pas. Et quand il va chez Dottie, on a des mouvements de caméras plus vivants, comme dans cette scène où il repeint le mur et fait n’importe quoi avec son ami. On a donc ici une caméra plus portée. Il y a bien plus de mouvements de caméra quand il est chez Dottie. Je ne m’attends pas à ce que le public le remarque directement. Mais je pense que, de manière subconsciente, on se sent plus détendu. Le sentiment exprimé par la caméra est plus apaisé et s’affranchit de cette rigidité de départ.
Je sais que c’était mon plus grand défi. En tant que réalisateur et scénariste, vous vous devez de suivre votre instinct car c’est tout ce que vous avez. Vous ne savez pas si ce que vous faites est la meilleure chose mais vous devez faire avec et espérer que, lorsque le public regardera le film, qu’il se sentira à l’aise avec le ton du film. C’est ce que j’ai voulu faire en suivant la façon dont John m’a raconté son histoire et de filmer au mieux. Parfois, il me racontait des histoires quand il était tabassé et laissé pour mort et là, je savais qu’il fallait exprimer au mieux la tristesse et la tragédie. Et puis, il me racontait sa rencontre avec la reine et je trouvais ça drôle car personne n’avait été blessé à ce moment-là. John recevait un prix d’une personne qui connaissait sa condition et savait qu’il allait sans aucun doute lâcher une injure. Donc c’était une scène d’ouverture qui n’allait blesser personne et se présentait au mieux au public. En écoutant John, on se rappelle de la nature imprévisible de Tourette, quand il me racontait une blague avant d’être à deux doigts de me donner un coup. Je me rappelle être au volant avec lui pour aller au supermarché quand il m’a donné un coup dans l’entrejambe (rires). Vous ne savez pas ce qui va arriver donc j’espérais qu’en lançant un peu tout ça, cela me permettrait de trouver le bon ton et permettre au public de se trouver à cette intersection entre tragédie et comédie tout en donnant un bon film. Quand je revois mes films passés, la plupart font rire les gens avant de les réorienter vers quelque chose de plus émotionnel puis de les ramener par le biais d’une blague. C’est la vie au final : ce n’est pas toujours drôle, on a des bons jours comme des mauvais et c’est ce que j’ai essayé de transmettre ici.
Pourriez-vous revenir sur votre approche visuelle ? On sent toujours l’empathie et la proximité dans votre mise en scène.
Il y a plusieurs choses. La première est qu’il y a un aspect physique que je ne voulais pas que le public puisse prévoir. Par exemple, quand il frappe Dottie au visage, je ne voulais pas d’un plan moyen qui puisse faire dire ce qui allait arriver. On a donc fait un plan large pour avoir son bras dans le cadre. Ce que j’ai fait à travers le film, c’est rester dans cette largesse, ce qui signifie que dès que Robert faisait quelque chose, on pouvait tout voir. Je voulais laisser à Tourette tout cet espace physique mais je voulais aussi qu’on ait cette sensation d’observer John comme dans un documentaire très soigné. Cela nous permettait de rester connecté au plus proche de lui. Je ne voulais pas monter le film par des cuts répétitifs afin qu’au montage, on autorise Tourette et John à respirer dans le cadre. C’était ma volonté principale. Ensuite, il y avait des idées plus précises, comme quand il vivait avec sa vraie mère. La caméra est très statique parce que je voulais donner la sensation que vivre avec ses vrais parents avait quelque chose de très confiné et rigide, cette obligation de toujours s’excuser, de devoir mesurer ses gestes qu’il ne contrôle pas. Et quand il va chez Dottie, on a des mouvements de caméras plus vivants, comme dans cette scène où il repeint le mur et fait n’importe quoi avec son ami. On a donc ici une caméra plus portée. Il y a bien plus de mouvements de caméra quand il est chez Dottie. Je ne m’attends pas à ce que le public le remarque directement. Mais je pense que, de manière subconsciente, on se sent plus détendu. Le sentiment exprimé par la caméra est plus apaisé et s’affranchit de cette rigidité de départ.
Comment vivez-vous cette façon dont le film aide certaines personnes à mieux connaître la réalité de Tourette ?
C’est vraiment gratifiant. Je n’ai jamais travaillé sur un film comme ça auparavant. Avant, si j’avais de la chance, je tournais un film et quelqu’un me contactait pour me dire qu’il l’avait vraiment aimé, qu’il a ri et c’est la meilleure sensation qui soit. Mais avec ce film, je reçois énormément de retours de personnes ayant Tourette. Je savais qu’en faisant ce film, les gens comprendraient mieux ce qu’était cette réalité. Mais ce que je ne savais pas, c’est que le film n’allait pas seulement toucher avec le syndrome de Tourette mais également d’autres communautés neurodivergentes, les personnes sur le spectre autistique, etc. De nombreuses personnes dans cette situation m’écrivent et me remercient d’avoir fait un film sur cette condition parce qu’elles se sentent rarement appréhendées normalement dans une œuvre de fiction donc c’est très spécial comme sentiment. La chose la plus importante pour moi est que John est heureux de ce film. Je voulais vraiment l’honorer, lui et tout le travail qu’il a accompli. Il aime le film donc je suis heureux. Ensuite, j’ai des retours de personnes avec Tourette qui m’ont exprimé leur joie devant ce film, ce qui est une sensation chaleureuse également. J’ai reçu une lettre d’un gardien de prison qui, en voyant le film, a découvert qu’un de ses prisonniers les plus difficiles était atteint de Tourette. Il en a donc discuté avec l’institution pour lui offrir de l’aide et du soutien, ce qui a rendu ses conditions de détention bien meilleures. J’ai aussi eu une maman qui m’a écrit car son fils, qui a Tourette, trouvait sa joie dans ses entraînements de football du mardi soir tout en étant anxieux parce que les gens l’ennuyaient avec ses tics. Et un soir, il est revenu content de son entraînement car plusieurs garçons de son équipe ont vu le film et le comprennent mieux. C’est exactement pour ce genre d’histoire qu’on fait des films : pour leur permettre de se connecter et de les éduquer tout en les divertissant.
C’est vraiment gratifiant. Je n’ai jamais travaillé sur un film comme ça auparavant. Avant, si j’avais de la chance, je tournais un film et quelqu’un me contactait pour me dire qu’il l’avait vraiment aimé, qu’il a ri et c’est la meilleure sensation qui soit. Mais avec ce film, je reçois énormément de retours de personnes ayant Tourette. Je savais qu’en faisant ce film, les gens comprendraient mieux ce qu’était cette réalité. Mais ce que je ne savais pas, c’est que le film n’allait pas seulement toucher avec le syndrome de Tourette mais également d’autres communautés neurodivergentes, les personnes sur le spectre autistique, etc. De nombreuses personnes dans cette situation m’écrivent et me remercient d’avoir fait un film sur cette condition parce qu’elles se sentent rarement appréhendées normalement dans une œuvre de fiction donc c’est très spécial comme sentiment. La chose la plus importante pour moi est que John est heureux de ce film. Je voulais vraiment l’honorer, lui et tout le travail qu’il a accompli. Il aime le film donc je suis heureux. Ensuite, j’ai des retours de personnes avec Tourette qui m’ont exprimé leur joie devant ce film, ce qui est une sensation chaleureuse également. J’ai reçu une lettre d’un gardien de prison qui, en voyant le film, a découvert qu’un de ses prisonniers les plus difficiles était atteint de Tourette. Il en a donc discuté avec l’institution pour lui offrir de l’aide et du soutien, ce qui a rendu ses conditions de détention bien meilleures. J’ai aussi eu une maman qui m’a écrit car son fils, qui a Tourette, trouvait sa joie dans ses entraînements de football du mardi soir tout en étant anxieux parce que les gens l’ennuyaient avec ses tics. Et un soir, il est revenu content de son entraînement car plusieurs garçons de son équipe ont vu le film et le comprennent mieux. C’est exactement pour ce genre d’histoire qu’on fait des films : pour leur permettre de se connecter et de les éduquer tout en les divertissant.
Propos recueillis par Liam Debruel.
Merci à Valérie Cornelis et Shahinèze Hasnaoui de La Com des Demoiselles ainsi qu’à l’organisation du Love International Film Festival de Mons et Gudrun Burie d’Imagine pour cet entretien.









