[ENTRETIEN] : Entretien avec Julien Le Berre (Compostelle)
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| Copyright 2025 Marie-Camille Orlando - Eveya Productions - Page Films - Apollo Films Distribution - France 3 Cinéma - Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma- Artémis Productions |
Dans un rôle qui aurait pu virer au cliché de jeune délinquant, Julien Le Berre confère beaucoup de nuances à son personnage d’Adam dans Compostelle, participant aux bons points du film à nos yeux. Nous avons eu l’occasion d’échanger avec lui lors de sa venue au Love International Film Festival de Mons.
Si j'ai réussi à parler au public, j'ai gagné ma mission... - Julien Le Berre
Est-ce que tu peux raconter ton arrivée sur le projet Compostelle ?
Ça s'est fait de manière assez simple parce que j'ai passé un casting. Je suis en collaboration avec mon agente Alice Caron et elle m'avait mis sur ce casting de Compostelle. J'ai passé le premier tour, et dès le deuxième tour, j'ai rencontré Yann. La connexion s'est faite avec lui et il a décidé de me prendre.
Justement, comment tu décrirais Yann comme réalisateur ?
Très bienveillant et extrêmement talentueux ! Il est très bienveillant, dans le sens où il instaure une ambiance qui est saine, où personne ne crie, où tout se fait efficacement, mais sans avoir besoin de forcer le trait. Je l'ai vraiment senti me prendre sous son aile. C'est quelqu'un qui accompagne vraiment ses acteurs, il se soucie vraiment de leur bien-être et de ce qu'il veut tirer de chaque tournage.
Alors, comment est-ce que tu as approché le personnage d'Adam ?
Avec Alexandra (Lamy), on a beaucoup bossé ce qu'il pouvait y avoir dans le texte aussi, les idées qu'on pouvait en tirer, que ça soit dans son histoire, que ça soit tout ça. Alexandra m'a beaucoup aidé sur cette partie. De mon côté, j'ai essayé de me renseigner aussi. J'ai regardé, j'ai lu des livres de personnes qui sont passées par des foyers, j'ai regardé des témoignages notamment sur le site de Seuil où on suit petit à petit les quêtes, les chemins des jeunes, et je me suis aussi beaucoup beaucoup renseigné via un ami à moi qui est passé par plusieurs foyers pour savoir son ressenti, ce qu'il s'est passé aussi, des événements, des conneries qu'il a pu faire. Ça a été un boulot. Et puis après, j’ai regardé ce que je pouvais en tirer en plus sur sa personnalité, sur comment je pouvais surprendre Yann et le public.
Avec Alexandra (Lamy), on a beaucoup bossé ce qu'il pouvait y avoir dans le texte aussi, les idées qu'on pouvait en tirer, que ça soit dans son histoire, que ça soit tout ça. Alexandra m'a beaucoup aidé sur cette partie. De mon côté, j'ai essayé de me renseigner aussi. J'ai regardé, j'ai lu des livres de personnes qui sont passées par des foyers, j'ai regardé des témoignages notamment sur le site de Seuil où on suit petit à petit les quêtes, les chemins des jeunes, et je me suis aussi beaucoup beaucoup renseigné via un ami à moi qui est passé par plusieurs foyers pour savoir son ressenti, ce qu'il s'est passé aussi, des événements, des conneries qu'il a pu faire. Ça a été un boulot. Et puis après, j’ai regardé ce que je pouvais en tirer en plus sur sa personnalité, sur comment je pouvais surprendre Yann et le public.
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On parle de Marche de Compostelle donc j'imagine que ça a été un travail physique aussi pour la préparation. Tu as également des scènes où tu rappes. Est-ce que tu peux parler de cette préparation, que ce soit physique ou vocale ?
Je suis quand même assez sportif de base, donc ça va, donc je n’ai pas eu besoin non plus de beaucoup de préparation physique, mais pour la préparation musicale, moi je me suis beaucoup entraîné avec Roméo, celui qui s'occupe de la musique pour le film, qui avait aussi écrit les textes de rap. Ça m'a beaucoup aidé parce que j'ai appris énormément aussi sur comment poser sa voix sur le tempo, sur le rythme, mais après j'avais déjà fait aussi un peu de rap au lycée, et j'ai grandi aussi dans le rap, ma maman m'a éduqué avec ça, donc forcément ouais.
OK, donc une autre évolution de carrière éventuellement ? (rires)
Non, j'ai déjà fait au lycée, ça m'a suffi. (rires) J'ai rien à dire, j'ai peut-être rappé une fois dans ma vie, l'avis des critiques était le même, plus jamais !
Tu peux aller un peu plus loin sur comment vous avez travaillévotre duo avec Alexandra, notamment cette animosité/alchimie entre vos personnages ?
Ça s'est surtout fait parce qu'on a créé un lien très fort. Dès le début, on s'est très bien entendus.Je me souviens, quand Yann est arrivé au restaurant, il avait 15 minutes de retard, et du coup on avait eu le temps de faire un peu connaissance. Quand il est arrivé, il avait l'impression qu'on se connaissait déjà, donc le lien s'est fait très vite. En plus de ça, on a préparé ensemble, on a beaucoup bossé à son appart avec le scénar en main, à regarder, à décortiquer le texte, on l'a lu, relu, modifié, proposé des choses à Yann aussi ensemble. Après sur le tournage, on avait déjà créé un lien en prépa. Du coup, on était vachement bons ensemble, et sur le tournage ça n'a fait que grossir. Même entre les prises, que la caméra soit sur elle ou sur moi, on se donnait autant l'un que l'autre. C'est ça aussi je pense qui a fait que le lien se voit autant.
C'est ton premier rôle principal. Est-ce que ça t'a mis une pression, une autre énergie d'avoir vraiment ce rôle en haut de l'affiche ?
Je ne dirais pas une sorte de pression. Il y avait bien sûr énormément de doutes, mais il faut dire qu'à ce moment-là, j'avais enchaîné une série et un film avant de me lancer directement avec Compostelle, donc j'étais vachement dans ce jus-là de travail. C'est vrai que je ne pensais pas sur les autres projets à avoir cette pression, ça arrivait un peu plus sur « Compostelle » parce quele rôle est forcément un peu plus important. En plus de ça, ce sont des thématiques qui me touchent, qui me tiennent à cœur, et ça me parlait aussi à un moi du passé, à plein de choses comme ça. Donc forcément, il y a eu une petite pression, mais c'était plus des phases d'hésitation, des questionnements. « Est-ce que je vais réussir à le faire par exemple ? »« Est-ce que je vais réussir à aller jusqu'au bout ? »Ce qui est marrant, c’est que c’est un peu comme ce qu'Adam a comme doute dans le film. C'est pour ça que ça s'est bien relié aussi.
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On se rencontre ici dans le cadre du festival du film de Mons. Comment est-ce que tu attends cette rencontre du film avec le public ?
Si j'ai réussi à parler au public, j'ai gagné ma mission, c'est tout. Je n'ai pas d'autre attente à part, si j'ai réussi à leur parler, à leur transmettre des choses, à les toucher, à les faire vaciller et peut-être à leur faire changer d'avis aussi sur certains préjugés qu'ils peuvent avoir, notamment à travers le rôle d'Adam.
Est-ce qu'il y a une question que tu aurais bien voulu qu'on te pose ou un point du film sur lequel tu aurais bien voulu revenir ?
Alors, attends, je réfléchis. C'est complexe. Attends, non, « est-ce que ce rôle a déjà changé ta vie ? », on me l’a déjà posée et, en plus, ça n'a pas trop changé. Enfin, ça a changé mon métier, mais ça n'a pas changé ma vie. Moi, je continue à prendre mon café, voir mes potes. « C'est quoi ta scène qui te toucherait le plus ? », et je dirais la scène du couteau. Non, la scène du action-vérité !
Propos recueillis par Liam Debruel
Merci à Valérie Cornelis et Shahinèze Hasnaoui de La Com des Demoiselles ainsi qu’à l’organisation du Love International Film Festival de Mons pour cet entretien.









