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[CRITIQUE] : Police Flash 80


Réalisateur : Jean-Baptiste Saurel
Avec : François Damiens, Audrey Lamy, Xavier Lacaille, Brahim Bouhlel, Thomas Ngijol,...
Distributeur : Pathé Films
Budget : -
Genre : Comédie, Policier.
Nationalité : Français.
Durée : 1h26min

Synopsis :
1984. Yvon Kastendeuch, flic à l’ancienne et fan de Michel Sardou est propulsé malgré lui à la tête d’une « unité d’élite » : la Police Flash 80. Il doit désormais faire équipe avec Guilaine, maman surmenée et cerveau du groupe, Marfoud, geek du Minitel et Roberto, l’infiltré à la coupe mulet. Ensemble, ils vont tenter de démanteler un trafic de drogue en devenant une brigade si improbable, que même les années 80 n’étaient pas prêtes.





Trublion à la folie totalement assumée ayant fait le bonheur de l'humour belge, avant de traverser la frontière du rire pour foutre gentiment le bordel par chez nous au sein de caméras cachés franchement géniales, François Damiens est l'une des meilleures (si ce n'est LA, n'ayons pas peur des mots) choses qui ait pu arriver à l'humour, sous toutes ses formes d'expression - télévisuelle et cinématographique surtout -, depuis une bonne quinzaine d'années maintenant.

Si le comédien n'a pas son pareil pour dérider son prochain, que ce soit en tant que premier rôle comme en second couteau de luxe, il a aussi su prouver avec le temps son aisance à voguer sur les terres plus sinueuses du drame (Les Cowboys en tête), de la comédie policière (Les Complices), du film d'aventure gentiment potache (Jack Mimoun et les secrets de Val Verde) voire même de la romance (les délicats Ôtez-moi d'un doute et La Fille d'un grand amour).

Copyright 2026 PATHÉ FILMS – NOLITA CINÉMA – TF1 FILMS PRODUCTION – BESIDE PRODUCTIONS – CHRONIC - JULIEN PANIÉ

Mais c'est bien du côté de la comédie régressive qu'on le retrouve au détour de la farce potacho-complice et référencée Police Flash 80, sorte de déclinaison spirituelle et cinématographique des sketchs des Nuls Dirty Harri et Deux Flics Amis-Amis, par un Jean-Baptiste Saurel dont on avait plutôt apprécié son premier effort, Zénithal, trip turbo-incelo-absurde qui se faisait une extension de son court-métrage " culteLa Bifle.
Le cinéaste y reprend la même gymnastique précaire (mais sans les ruptures de tons abrupte) : l'enlacement généreux du politique (un portrait sociétal d'époque un poil tendre, certes) et du politiquement incorrect dans une fantaisie rétro-nostalgique à l'intrigue prétexte, qui fait de Damiens un mix entre Daniel Pratt et OSS 117, à la tête d'une escouade expérimentale sauce Brooklyn Nine-Nine, et déterminé à venger la mort de son collègue et mentor.

Reprenant à son compte les kitscheries du polar d'époque (passion Bebel et Delon superflics), solide dans sa reconstitution comme dans sa B.O. à la lisière du jukebox ambulant (moins dans un humour qui ne fait pas toujours mouche), le film convoque le plaisir - plus où moins - régressif d'une époque folle ou les bandes certes fragiles mais honnêtes squattaient abondamment dans les vidéo-clubs, dans toute leur simplicité accrocheuse et charmante.
L'œuvre d'un vrai copain de la famille donc.


Jonathan Chevrier