[CRITIQUE] : La Gifle
Réalisateur : Frédéric Hambalek
Acteur : Laeni Geiseler, Julia Jentsch, Felix Kramer,...
Distributeur : Paname Distribution
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Allemand.
Durée : 1h26min
Synopsis :
Julia et Tobias semblent être le couple parfait. Mais derrière les apparences, un trouble gronde. L’équilibre fragile entre les deux est brisé lorsque leur fille Marielle développe soudainement des capacités télépathiques, lui accordant le pouvoir de voir et d’entendre tout ce que ses parents font, jour et nuit.
C'est une vérité irréfutable (c'est faux mais fait comme si c'était le cas, ne ruines pas tout de suite l'argumentaire de cette introduction définitivement beaucoup trop étirée pour son bien) pour quiconque s'intéresse un minimum à la proposition, proprement astronomique, de films qui nous sont offert chaque semaine : il y a toujours une petite poignée de séances dont on n'attend pas forcément grand chose (ce qui est assez vulgaire annoncé comme cela certes, mais tu sais cher lecteur, l'honnêteté l'est aussi parfois), voire dont on a pas forcément connaissance de leur exploitation mais qui pourtant, presque contre une adversité imaginaire conçue par notre hypothétique prévision de ce qu'il a à nous offrir, arrivent à nous cueillir de la plus belle des manières.
![]() |
| Copyright Alexander Griesser |
Elles sont rares ses expériences, sporadiques même tant on s'échine à garder nos radars cinématographiques les plus alertes possibles (même du côté des différentes plateformes de la VOD/SVOD qui crachent, littéralement, leurs propositions au cœur de son catalogue dans l'indifférence générale et sans le moindre effort de promotion), mais merveilleusement essentielles.
La Gifle de Frédéric Hambalek fait décemment parti de celle-là, déclinaison subversive du concept cocasse et surnaturel de Ce que veulent les femmes, où ce n'est plus un Mad Mel gentiment macho qui lirait dans les pensées de toutes les femmes qu'il croise, mais bien une gamine douée d'un don de télépathie improbable (fruit d'une bonne torgnole - tout est dans le titre) par une camarade de classe) qui lui permettrait de tout connaître des pensées de ses parents, entre petits mensonges et secrets qu'ils pensaient bien gardés, bouleversant méchamment l'équilibre déjà sensiblement précaire du cocon familial.
Du velours pour potentiellement concocter une comédie noire façon observation particulièrement crue et pessimiste de la dynamique et des liens familiaux comme des illusions du sacro-saint mariage, qui viendrait fustiger les affres du moralisme contemporain tout en confrontant les figures parentales à leur propre - et évidente - duplicité/hypocrisie.
Ce que réussit partiellement Hambalek, à travers une narration linéaire qui se rêve - comme son humour - plus percutante et irrésistible qu'elle ne l'est (là où ses ambitions techniques et esthétiques sont effroyablement rudimentaires), mais qui laisse un peu trop planer son artificialité quand bien même elle réserve quelques séquences savoureusement malaisantes dans leur propension à créer le chaos au coeur d'une vie domestique à la torpeur illusoire et consentie, poussant à la réflexion sur la notion de liberté individuelle au sein d'une sphère intime où le moindre geste/mot est épié, observé.
![]() |
| Copyright Alexander Griesser |
Pas fondamentalement désagréable en bouche donc mais un brin doux-amer, la faute à un manque cruel de profondeur (l'écriture cherche moins à solidement charpenter psychologiquement comme sentimentalement ses personnages, qu'à les déconstruire dans un cocktail vachard à la subtilité relative) qui vient un brin saper les bonnes idées/intentions d'un bout de cinéma néanmoins brut et concis, rythmé et joliment sarcastique, au dénouement intelligemment ouvert.
Jonathan Chevrier



%20(1)%20(1)%20(1).jpg)




